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De toute évidence,
le deuxième film de Darren
Aronofsky peut et doit déranger ; il ne
fera pas l'unanimité, contrairement à Traffic
(sorti le 14 février) qui aborde aussi le thème de
la drogue, mais de façon édulcorée, le film
se terminant sur un optimisme bien loin des réalités
de Requiem for a dream.
La drogue est l'épine dorsale de ce film, un sujet maintes
fois traité mais rarement de façon aussi approfondie.
L'excellent scénario est tiré du roman de Hubert
Selby Jr (on se souviendra de son oppressant Last Exit
to Brooklyn, le roman et le film) qui connaît bien
l'engrenage de la dépendance, pour l'avoir testé.
L'adaptation de Darren
Aronofsky est fidèle à l'univers
de l'oeuvre du romancier, qui non seulement a contribué au
scénario mais a aussi fait de la figuration dans le film,
gages de son attachement au projet.
Le film est un imbroglio pas forcément vraisemblable de quatre
histoires en simultané, jouées par quatre acteurs
investis d'une mission et qui se donnent sans concession, tout particulièrement
dans le dernier quart d'heure, époustouflant.
Sara Goldfarb veuve et téléphage en pension de retraite
à New-York est persécutée par son fils Harry,
drogué, qui passe son temps avec Tyrone, son ami et par la
suite associé à voler le poste de télévision
de sa mère pour s'acheter de quoi se faire un fix. Le quotidien
de chacun est bouleversé par un événement :
Sélectionnée pour une émission de télé,
Sara s'obstine à rentrer dans la robe rouge des belles années.
Il lui faut alors absorber quelques pilules pour perdre ces 25 kilos
de trop... Son fils, lui, bâtit des projets (une boutique
de mode avec son amie Marion, couturière). Seul moyen de
ressource, la revente de drogue.
Darren
Aronofsky a su brillamment exploiter et mixer les techniques de
montage, mais avec beaucoup de parcimonie (bi-écran, caméra
grand angle, micro-image sur la dilation d'une pupille...); et la
présence obsessionnelle de la composition contemporaine de
Kronos Quartet happe le spectateur dans cet univers lugubre.
D'autant diront que ce montage esthétisant est un procédé
rebattu, je maintiens qu'il est ici justifié, car il révèle
aussi l'insupportable.
Reynald

Site
officiel français
http://www.sagittairefilms.com/requiem/
http://www.sagittairefilms.com/requiemfad/index.htm
Toutes
les critiques en anglais sur Rotten Tomatoes
http://www.rottentomatoes.com/movie-1100652/
Hubert
Selby jr
http://aubry.free.fr/selby1.htm
http://authologies.free.fr/selby.htm
http://www.spikemagazine.com/1199hubertselby.htm
http://www.regards.fr/archives/2000/200006/200006lec04.html
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