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| Lumières
Franck Thévenon ; scénographie Géraldine
Allier ; costumes Florence Sadaune ; son Daniel Girard ; maquillages
et costumes Isabelle Lemeilleur ; assistante à la mise
en scène Dagmar Wähmer ; collaboration au jeu
Olivier Augrond.
Avec
Olivier Augrond, Philippe Bianco, Marie-Josée Croze,
Scali Delpeyrat, Jacques Lassalle, François Macherey,
Martine Maximin.
Coproduction
: Athénée
Théâtre Louis-Jouvet ; Compagnie Pour Mémoire
; Atelier Théâtre Actuel.
Jacques
Lassalle : Lien
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Théâtre
National Populaire
8 place Lazare-Goujon
69627 Villeurbanne Cedex
tél. location et billetterie
04 78 03 30 00
http://www.tnp-villeurbanne.com
Requiem
pour une nonne est, à l'origine, moins une pièce
qu'un roman dialogué publié aux États-Unis
en 1951. Les deux personnages principaux apparaissent, dès
1931, dans deux récits de Faulkner : Temple Drake,
épouse de Gowan Stevens, une jeune femme fortunée
du Sud des Etats-Unis, était l'héroïne
de Sanctuaire ; Nancy Mannigol,
une négresse au service du couple Stevens, celle de
Soleil couchant.
L'histoire, d'une grande intensité, se tisse autour
de la relation troublante des deux femmes. Elles se connurent
dans un bordel, où Temple, après un enlèvement,
était séquestrée. Le secret qui les oppose,
autour d'anciennes liaisons amorales, du meurtre du propre
fils de Temple, est progressivement révélé
et le suspense constamment entretenu. |
Blues
des bons sentiments
Adaptation
par Albert Camus d’une ébauche de pièce de William
Faulkner, Requiem pour une nonne est tissu
des grosses ficelles engagées de l’existentialisme,
avec pour trame une Amérique noire et blanche, caricaturalement
grise, que le metteur en scène Jacques Lassalle a le bon
goût de cantonner à quelques airs de blues et de fondre
dans des décors épurés – de vieux et
hauts miroirs ternes, sources d’excellents effets lumineux.
Le personnage central ne manque pourtant pas d’intérêt,
Temple Stevens, cette noble femme tourmentée qui a versé
dans la dépravation, et dont la confession fait tout l’enjeu
de la pièce ; mais sa narration, mal dosée, le rythme
alternatif (confession / accusation), bancal, rendent l’ensemble
peu crédible, fort caricatural là encore. Par-delà
les puits sans fond de l’injustice ou de la peine de mort,
les thèmes du salut, du pardon, ou de l’aveu (que le
maître Dostoïevski a trop bien traité pour que
son écolier Camus fasse illusion), s’avèrent
sans relief, aussi plat que cette sacro-sainte vérité
dont la belle actrice Marie-Josée Croze (qui joue Temple)
est en possession, et qu’elle ne parvient pas plus que Scali
Delpeyrat (le mari) à sauver de l’écrasement
sous la lourdeur ambiante. À l’instar de Jacques Lassalle,
qui rend hommage à aux écrivains de son adolescence
en campant un avocat sans complexité, un remontreur de torts
humaniste dépourvu de finesse, la terrible lenteur de la
pièce ne pallie pas l’absence de profondeur du texte
de Camus ; le ton grave, par trop sentencieux, prive définitivement
le tout d’intensité et de vie, et les grandes phrases
plaquées ici et là dans un récit sans surprise
ne tirent le spectateur de l’ennui que pour lui évoquer
une autre vérité universelle : l’enfer est pavé
de bonnes intentions.
Nicolas
Cavaillès
(janvier 2006)
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