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Du
même auteur :
Les oiseaux dans la maison (La
Main Multiple, 2003)
Marie, à
bord d'un taxi, quitte sa banlieue marseillaise pour quelques semaines
inhabituelles ; destination Le Grau du Roi, chez une tante qu'elle
connaît à peine : ses premières vacances depuis
longtemps, depuis que son père est parti et que sa mère
s'épuise au travail, en s'apercevant bien que sa fille qui
va sur ses treize ans grandit, pousse et change, mais qu'elle, la
mère qui ne lit pas, n'est pas capable d'apporter tout ce
qu'elle souhaiterait à cette adolescente en devenir. Marie
est envahie de sentiments contradictoires ; elle repense à
son amie Djamila, repartie vers l'Algérie quelques mois plus
tôt, parce que son père pensait que là était
la place de la famille en des temps difficiles. Plus qu'une simple
séparation, le départ de Djamila et de sa famille
a déchiré le coeur de Marie, qui trouvait dans ce
foyer la chaleur qui manquait au sien, un foyer éclairé
par la clairvoyance et l'érudition du père et la poésie
de Sami, le frère de Djamila. Dans le même temps, elle
redoute les vacances tant rêvées ; elle sait qu'elle
va y retrouver son père, l'absent, qui semblait jusque-là
l'avoir totalement oubliée.
De son voyage en train à l'accueil chaleureux de sa tante,
des retrouvailles houleuses avec son père à l'ouverture
de Marie aux autres, le lecteur suit avec plaisir les pensées
mouvantes de cette petite fille qui hésite encore au bord
du chemin vers l'âge adulte. Roman intimiste, Les Andalouses
est un récit d'éducation, celui d'une entrée
dans un monde nouveau, où l'enfant comprend peu à
peu l'imperfection de l'univers des adultes, un moment crucial où
les repères et les certitudes de l'enfance tanguent un peu,
voire s'écroulent. Ce roman est destiné à un
jeune public (disons à partir de onze ans), mais la poésie
qu'il contient est susceptible d'en élargir le lectorat ;
de courts poèmes, insérés au récit,
rythment la narration et ont une fonction évocatrice forte
; ils permettent aussi aux personnages de s'élever, de se
construire des bribes d'espoir et d'aller au-delà d'une réalité
sociale souvent morose et difficile, parfaitement montrée
ici à travers la description de la mère de Marie,
une femme seule comme il en existe tant, repliée sur elle-même,
ou encore par le biais de la détresse des cousins de Djamila,
abandonnés par leur père.
B.
Longre
(mai 2002)

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