LES VACANCES
couronné par le grand prix du jury court métrage, Cannes 97.
France, 1997, 18mn.
Scénario
: Emmanuelle Bercot, Marcia Romano
Avec :
Catherine Vinatier, Isild Le Besco.
Les Vacances
analyse avant tout les réactions d'une femme surendettée,
Anne, et de sa fille Mélodie, qui cherchent désespérement
un peu d'argent pour partir en vacances. Ce petit film est ainsi
une critique sociale réaliste, dénonçant aussi
l'attitude méprisante de ceux qui détiennent l'argent
(le banquier, le régisseur, le patron) envers ceux qui n'ont
rien, même lorsqu'ils travaillent honnêtement, comme
Anne dans une cafétéria de supermarché.
Elles ne partiront sûrement pas en vacances, mais le lien
qui unit cette mère et sa fille est un signe salvateur, en
particulier lorsque c'est Mélodie qui tente d'amuser sa mère
et qu'elles dansent sur une chanson de Souchon qui,( ironie ou espoir
?) parle de "la vie en rose" et dénonce la société
de consommation. Malgré les querelles et les reproches, on
a le sentiment que rien n'est perdu pour elles.
Une tranche
de vie émouvante, la caméra collant aux personnages,
interprétés de façon remarquable par Catherine
Vinatier et Isild Le Besco.
LA
PUCE
France,
1999, 1 h 18. Cannes 99 (Ciné Fondation)
Scénario
et dialogues : Emmanuelle Bercot avec la collaboration de Michel
Meyer
avec
Isild Le Besco et Olivier Marchal
Les émois
physiques d'une puce(lle).
Une plage de Normandie. Des vacances qui trainent pour Marion (on
retrouve la Mélodie des Vacances), quatorze ans, un
désoeuvrement traduit par la caméra qui se pose longuement
sur des gestes ou des scènes précis (une main jouant
dans le sable, des cheveux emmêlés ...). Marion s'intéresse
peu aux garçons de son âge, ne supporte plus sa mère
ou son petit-frère, bref, est en conflit avec le monde, comme
peut l'être une adolescente qui se découvre un corps
nouveau, le désir de s'en servir, mais sans savoir comment.
Elle rencontre un homme d'environ 40 ans, qui est subjugué
par sa jeunesse et son innocence. Ils décident de se revoir
à Paris après les vacances, dans son appartement,
où se déroule alors le reste de l'action. Dans ce
lieu masculin, minimaliste (un lit, une salle de bains et des murs
blancs) cet homme, après de mains tentatives (souvent douces,
parfois impatientes) initie Marion à l'amour physique et
ses préludes.
Le parti pris
de se concentrer sur un seul aspect de la vie de cette jeune fille
est artistiquement justifié. Les divers contrastes sont amenés
subtilement et le thème (peu original il est vrai) de la
lolita, petite fille dans un corps de femme, est bien exploité.
Marion ne veut pas montrer ce corps nu et sa pudeur est en constante
opposition avec la nudité de l'homme, dont le corps, pour
une fois, (et on loue ici la délicatesse de la réalisatrice),
est davantage dévoilé que celui de la "femme".
Bien entendu, l'érotisme de la situation est créé
par ce corps dissimulé, mais paradoxalement , la caméra
s'appesantit sur des gestes répétitifs (une main caressant
une épaule, un pied, par exemple), dans un jeu du chat et
de la souris; on aimerait alors qu'ils en finissent !
Il est vrai
que le propos est parfois réducteur (l'amour physique) que
ces deux là n'ont pas grand chose à se dire, et tout
semble rester en surface. Seule la naïveté de Marion
peut émouvoir. Néanmoins, le choix de faire défiler
au tout début du film ce que l'on nomme habituellement "générique
de fin" est un procédé original, permettant au
spectateur de terminer la projection sur une image, plus ou moins
marquante selon qu'il se sera senti concerné ou non par les
thèmes abordés.
B.L.
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