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Jeune et jolie
Prune,
c’est en quelque sorte l’histoire de toutes ces jeunes
filles qui rêvent de rencontrer la célébrité
et courent de casting en casting dans l’espoir d’être
sélectionnées pour les émissions de M6 ou de
TF1 ; à 16 ans, notre donzelle souhaite, elle, devenir ‘Taupe-model’.
Très précoce également, Laëtitia Aynié,
à 23 ans à peine, a entièrement conçu
les textes et les dessins de cet album au ton résolument
moderne, qui retrace une journée dans la vie de Prune, à
mi-chemin entre journal intime et agenda illustré.
Jeudi 22 août, Prune se présente dans son nouveau journal
: « J’adore la mode, les défilés,
les garçons kiffants…et aussi Raoul, mon chien, parce
qu’il est trop cooool ! ». Il est 7 heures, heure
du réveil pour notre héroïne qui va mettre un
long moment pour se préparer sous l’œil réprobateur
de sa ‘moumoune’. Ensuite direction Radio Branchouille
où Prune effectue un stage qui consiste à s’occuper
de la machine à café. Après une pose de faux-ongles
le temps de midi, la ‘fashion-victim’ donne rendez-vous
à Charlotte sa ‘super pote’ devant la boutique
de fringues « Comme des Pétasses » pour
faire un peu de shopping. Puis, les deux copines filent à
un casting où elles sont sélectionnées pour
participer à un défilé de mode d’un genre
nouveau…
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C’est
avec un humour grinçant qui ne sombre cependant jamais
dans le vulgaire que Laëtitia Aynié dresse cet amusant
portrait d’une certaine jeunesse. Ses adolescentes ont
les mêmes jambes que les jeunes filles anorexiques de
Jacques Faizant, elles passent leur temps scotchées à
leur portable, quant à leurs vêtements, le nom
de la boutique où elles s’approvisionnent en dit
plus long qu’une quelconque description. |
Pourtant, l’avenir
de Prune s’annonce bien incertain lorsqu’on constate,
dès la première page de l’album, que celle-ci
a rendez-vous chez le coiffeur ou le toiletteur pour chien pendant
les moments scolaires. Tout dans cet album est quelque peu exagéré,
des couleurs acidulées des dessins à la permissivité
des parents ; mais cela ne semble malheureusement pas si éloigné
de la réalité. Le journal de Prune
est à offrir à des adolescentes suffisamment mûres
pour comprendre qu’elles ont entre les mains une caricature
de ce qu’elles voient tous les jours à la télévision.
Anne
Weber
(juin 2003)

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