Le journal de Prune
(Editions Sarbacane, 2003)
A partir de 13 ans

 

Jeune et jolie

Prune, c’est en quelque sorte l’histoire de toutes ces jeunes filles qui rêvent de rencontrer la célébrité et courent de casting en casting dans l’espoir d’être sélectionnées pour les émissions de M6 ou de TF1 ; à 16 ans, notre donzelle souhaite, elle, devenir ‘Taupe-model’. Très précoce également, Laëtitia Aynié, à 23 ans à peine, a entièrement conçu les textes et les dessins de cet album au ton résolument moderne, qui retrace une journée dans la vie de Prune, à mi-chemin entre journal intime et agenda illustré.
Jeudi 22 août, Prune se présente dans son nouveau journal : « J’adore la mode, les défilés, les garçons kiffants…et aussi Raoul, mon chien, parce qu’il est trop cooool ! ». Il est 7 heures, heure du réveil pour notre héroïne qui va mettre un long moment pour se préparer sous l’œil réprobateur de sa ‘moumoune’. Ensuite direction Radio Branchouille où Prune effectue un stage qui consiste à s’occuper de la machine à café. Après une pose de faux-ongles le temps de midi, la ‘fashion-victim’ donne rendez-vous à Charlotte sa ‘super pote’ devant la boutique de fringues « Comme des Pétasses » pour faire un peu de shopping. Puis, les deux copines filent à un casting où elles sont sélectionnées pour participer à un défilé de mode d’un genre nouveau…

C’est avec un humour grinçant qui ne sombre cependant jamais dans le vulgaire que Laëtitia Aynié dresse cet amusant portrait d’une certaine jeunesse. Ses adolescentes ont les mêmes jambes que les jeunes filles anorexiques de Jacques Faizant, elles passent leur temps scotchées à leur portable, quant à leurs vêtements, le nom de la boutique où elles s’approvisionnent en dit plus long qu’une quelconque description.

Pourtant, l’avenir de Prune s’annonce bien incertain lorsqu’on constate, dès la première page de l’album, que celle-ci a rendez-vous chez le coiffeur ou le toiletteur pour chien pendant les moments scolaires. Tout dans cet album est quelque peu exagéré, des couleurs acidulées des dessins à la permissivité des parents ; mais cela ne semble malheureusement pas si éloigné de la réalité. Le journal de Prune est à offrir à des adolescentes suffisamment mûres pour comprendre qu’elles ont entre les mains une caricature de ce qu’elles voient tous les jours à la télévision.

Anne Weber
(juin 2003)

http://www.editions-sarbacane.com