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Depuis quelque
temps, le monde rural est à l'honneur au cinéma :
Les Terriens d'Ariane Doublet, Les Glaneurs
et la Glaneuse d'Agnès Varda et aujourd'hui Profils
Paysans de Raymond Depardon. Le premier prenait le parti
de la fiction et le second la forme du récit subjectif et
poétique.
Raymond Depardon, quant à lui, fidèle à son
métier de photographe reporter et à son premier film
1974, une partie de campagne (sorti récemment),
demeure attaché à l'objectivité documentaire
: pas ou peu d'interventions de sa part, une caméra presque
toujours fixe, des plans inscrits sur une durée longue
| Profils
Paysans est une trilogie dont nous pouvons découvrir
en ce moment le premier chapitre : L'Approche.
Car l'approche est bien le premier problème que rencontre
le documentariste désirant se confronter au monde paysan
(en tout cas celui des petits exploitants vieillissants) : les
vieux exploitants sont méfiants, fuyants, mutiques
Et lorsqu'ils acceptent de parler devant la caméra c'est
parfois en occitan ou en murmurant de manière inaudible.
Drôle d'univers et drôles de personnages. Raymond
Depardon explique en voix off tous les efforts qu'il a dû
fournir pour gagner peu à peu la confiance, voire l'amitié,
de ces paysans. |
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Ce premier film
est donc une présentation, l'approche, d'hommes et de femmes
vivant dans des fermes isolées et peu importantes. Depardon
filme un peuple en voie de disparition sociologique; d'ailleurs,
la plupart de ses "personnages" ont plus de soixante ans.
Dans ce premier chapitre, nous les voyons peu à la tâche
mais plutôt à l'intérieur des fermes, dans la
cuisine surtout : discussions d'affaires avec des acheteurs de bétail,
soupe prise en famille, lever et le petit déjeuner, visite
d'un ami ou d'une infirmière
Le film est monté
de manière chronologique et parallèle. Chaque séquence
est un petit morceau de réalité "brute"
: on y passe de la banalité du quotidien un peu ennuyeuse
à la drôlerie d'une discussion ou d'une mimique adressée
à la caméra, pour terminer sur une dernière
partie très émouvante narrant la mort de René.
Il est un peu regrettable de ne pouvoir découvrir d'emblée
la trilogie dans sa totalité. Une fois que le spectateur
a réussi lui aussi à approcher cet univers rural,
le film se termine et l'on a hâte de découvrir les
deux prochains volets.
Jean-Emmanuel
Denave
(avril 2002)

http://www.france.diplomatie.fr/culture/france/cinema/dossiers/galerie/
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