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Comédiens Hélène Arnault, Aurélia Arnou,
Simon Bigorgne, Sarah Capony Renaud Dehesdin, Anne Girouard, Jean-Baptiste
Puech, Rafaèle Huou, Bertrand Suarez Pasos, Roman Suarez
Pasos, Erika von Rosen, Cédric Weber.
Assistante à la mise en scène Marjorie Evesque
Scénographe Ludivine Defranoux
Ce spectacle est réalisé avec la collaboration de
l'ensemble des élèves de l'ENSATT.
Les
jeunes comédiens de la 60ème promotion de l'ENSATT
prouvent ici qu'ils maîtrisent parfaitement le sens de la
cruauté, une cruauté en série qui fait que
le spectateur non-averti bascule d'entrée de jeu dans un
univers instable, malsain et cynique, un théâtre qui
ose déranger et s'engager. Le théâtre de la
Cruauté d'Antonin Artaud, sensé libérer l'homme
des contraintes de la morale et de la raison, est librement exploité
par Fassbinder. Ce dernier appartenait à une génération
qui, n'ayant pas été directement confrontée
aux méfaits hitlériens, fut pourtant marquée
par leurs répercussions sur la société allemande.
Créée en 1969, cette pièce entend dénoncer,
entre autres, comment la cruauté quotidienne et individuelle
peut se métamorphoser, se répandre, et engendrer,
comme dans l'Allemagne des années trente et quarante, un
régime monstrueux, fondé sur la catégorisation
des êtres en "inférieurs" et "supérieurs".
Inspiré par un fait divers, Fassbinder construit sa démonstration
autour du récit de la sauvagerie d'un couple d'anglais, Ian
et Myra Brady, dont les crimes odieux ébranlèrent
l'Angleterre des années soixante. Ian Brady, fasciné
par Hitler et les thèses nazies, et sa femme Myra eurent
le temps de torturer et d'achever une dizaine d'enfants avant d'être
arrêtés en 1965, quatre semaine après l'abolition
de la peine capitale au Royaume-Uni. Ainsi, sur le thème
du fascisme au quotidien, le récit de l'existence des deux
criminels (véritable "exemplum") est ponctué
de saynètes qui s'imbriquent les unes dans les autres, jouées
par trois comédiens chaque fois différents (deux bourreaux,
une victime). Tout le répertoire de la loi du plus fort est
égrené dans ces courtes tranches de vie qui choquent
et bousculent: brimades diverses, châtiments corporels, viols,
insultes ... ; les barrières morales, les tabous et les règles
sociales sont abolis et la violence, fascinante, demeure le seul
repère tangible auquel le spectateur, mi-amusé, mi-répugné
par tant d'excès, parfois à la limite du grotesque,
semble pouvoir se raccrocher.
Pourtant, ces déchaînements humains n'ont rien de gratuit
et la fonction de cette cruauté est particulièrement
évidente dans les chorégraphies de groupe rigoureusement
montées, qui font office de choeurs : on y dénonce
en vrac le racisme social, la société consumériste,
l'hypocrisie de la publicité et du marketing, la communication-religion,
le pouvoir de l'argent ... toutes choses qui amènent l'individu
à se comporter en automate, disparaissant dans le totalitarisme
de la pensée unique.
S'il est vrai que la troisième et dernière partie
de la pièce, constituée de variations dramatiques
des saynètes de l'acte I (développant l'idée
maintenant conventionnelle de la circularité de toute chose)
mériterait d'être écourtée (on se lasse
un peu du caractère répétitif des "numéros"
), le deuxième acte sort du schéma général
et mérite bien d'être applaudi : les scènes
courtes sont abandonnées afin que soit approfondie la "carrière"
des deux "assassins de la lande", ainsi nommés
par les tabloïds anglais. Ian et Myra apparaissent au coeur
d'une petite boîte représentant leur intérieur
étriqué, à l'image de leur étroitesse
d'esprit : un véritable tableau vivant, une horrifiante maison
de poupée secouée par les machinations et les orgasmes
des deux meurtriers. C'est cette vision glaçante qui restera
dans l'esprit des spectateurs, et non la "techno parade"
finale qui paraît plutôt quelconque et vide de sens
en comparaison.
Blandine
Longre
"Christian
von Treskow
a choisi de confronter les jeunes comédiens de l'ENSATT
à un texte de l'auteur et cinéaste allemand Rainer
Werner Fassbinder. Dans Preparadise sorry now, de brèves
scènes, toujours construites autour d'un rapport de forces
entre trois personnages, s'enchaînent pour décrire
un fascisme banal, conforme, normal. A partir d'un fait divers,
l'histoire du couple de criminels « les assassins de Birmingham »,
Fassbinder nous parle d'une société où la violence
des gestes et des mots, si terrible aux yeux du spectateur, est
presque imperceptible pour les personnages tant elle est inscrite
dans leur quotidien. Parfois crue, toujours cruelle, l'écriture
de Fassbinder mêle dialogues, narration et incantations, créant
une tension dramatique parfois à la limite du supportable."

Fassbinder
http://web.uvic.ca/german/439/fassbinder.html
Page complète sur Arte
http://www.arte-tv.com/cinema/fassbinder/ftext/debat.htm
Les
pièces de Fassbinder
http://www.arche-editeur.com/Catalogue/F/fassbinder2.htm
Une
page complète sur les époux Brady (en anglais)
http://www.crimelibrary.com/serial4/moors/moorsindex.htm
Hommage
à Fassbinder
http://www.anjou.com/premiersplans/fassbinder.html
L'ENSATT
http://www.artotal.com/form/ensatt.htm
Autres
pièces
L'éveil
du printemps
Répétition Publique
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