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Les histoires d’amour finissent mal … »
Valérie
s'ennuyait / Dans les bras de Nicolas / Mais Nicolas, celui-là
/ Ne le savait pas / Les histoires d’amour finissent mal
en général…
Prélude
à un amour brisé est un album pour le
moins original et audacieux. Contrairement aux contes de fées
traditionnels, pas de « happy end » ni de "
Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants".
Mais plutôt un regard lucide porté sur la relation
amoureuse à l’épreuve de la différence
des sexes. A travers l’histoire d’un homme et d’une
femme, se dévoilent les aléas de l’amour. Cet
amour qui n’est pas forcément envisagé de la
même façon selon les deux partenaires. Et les mots
échangés, parfois semblables, qui peuvent ne pas revêtir
le même sens pour l’un et pour l’autre.
Prélude à un amour brisé
est inspiré du tableau du peintre belge, Edgar Tytgat, Prologue
d’un amour brisé, reproduit sur la quatrième
de couverture. Réalisée en 1928, cette œuvre
naïve inspirée du fauvisme est assez mystérieuse
malgré son titre évocateur. On y voit une femme allongée
sur une table, des infirmières et médecins s’affairant
autour de sa jambe amputée. Assis sur un banc à l’extérieur
de la maison, un homme soutient amoureusement sa tête par
la fenêtre ouverte. Ce personnage semble identique à
celui qui se tient auprès d’elle dans la pièce,
choqué par ce qu’il voit. L’amoureux qui la console,
ne serait-il pas la cause de son malheur ?
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La
narration de l’album est construite autour de ce tableau
tragique. Servie par les illustrations « fauvistes »
d’Isabelle Vandenabeele, cette ode à la liberté
joue avec la symétrie et la symbolique de l’enfermement.
Fort audacieusement Geert De Kockere, l’auteur, tente
de décrypter l’histoire de cet amour brisé,
amputé par le manque de liberté. Comme si donner
complètement revenait à perdre une jambe ! Il
montre l’extraordinaire élan qui pousse toute
femme à vouloir voler de ses propres ailes et à
se soustraire de l’emprise masculine, même dégoulinante
de bienveillance.
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La
femme vit les murs
Et le carrelage fondre sur elle.
Elle vit un enfant. Puis un deuxième.
Elle trébucha. Dans sa tête. […]
Elle vit un homme qui la priait de,
Lui demandait de, promettait de,
Qui l’amputait d’une jambe.
Une seule jambe, ça ne suffit pas, se dit la femme.
Pour aller là où l’on veut.
Elle frissonna, elle ne voulait pas d’un homme pour béquille.
[…]
Lui étouffe
d’amour, elle suffoque… L’homme et la femme s’aiment
mais ils pensent à l’amour chacun de leur côté.
Ils en rêvent différemment. L’homme veut être
encore plus ensemble, la femme souhaite l’être d’une
autre façon. Il la serre, elle essaie de prendre de la distance.
L’homme pense aux baisers, la femme est envahie par des images
d’intérieur, de murs, de carrelages… Face à
l’amour transi et envahissant de l’homme, la femme prend
conscience qu’elle ne veut pas de la vie à deux, pas
de promesses de fidélité intenables. Leur vision de
l’amour diffère trop, la rupture approche, inexorable,
nécessaire, vitale…
Edité
dans la collection Varia + des éditions du Rouergue, cet
album illustré est destiné aux adolescents dès
11 ans. Cependant, au regard de l’universalité de la
thématique, je ne saurais trop le conseiller (aussi et surtout…)
aux adultes.
Caroline
Scandale
(mai 2008)
Caroline
Scandale,
professeure documentaliste, poursuit en parallèle des recherches
en littérature, spécialité Masculin/féminin,
en particulier dans le domaine de la littérature jeunesse.
http://sorcieres-jeunesse.hautetfort.com/

du
même auteur : Amourons-nous
(le Rouergue)
http://www.lerouergue.com/
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