| Nacim
Brahimi : Saxophone Alto
Eric Prost : Saxophone Tenor
Bruno Ruder : Rhodes - Piano
Greg Theveniau : Basse
Hervé Humbert : Batterie |
En
concert
le 8 juillet à Jazz dans le Parc
(Ambérieu-en-Bugey, 01)
Album soutenu par la SACEM
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Poulpe
errant
Bassiste
polyvalent, très généreusement funky, Greg
Théveniau met fin à des siècles
de cogitation : qu’est-ce que la vie ? La vie est un poulpe…
mais pas forcément visqueux et avachi, comme sur la pochette
du disque : non, voilà un poulpe en mouvement, souple
et séducteur, un poulpe qui groove... Ce n’était
sans doute au début qu’une poulpe fiction informe,
tant Greg Théveniau roule sa bosse musicale sans calculs
froids ni plan de carrière, que pour le plaisir, au fil
des rencontres ; mais les rencontres ont eu lieu : le batteur
Hervé Humbert, bien sûr, compagnon de route de
longue date (Morilla 5tet notamment),
Nacim Brahimi (sax alto) et Bruno
Ruder (piano), et au sax ténor le génial Eric
Prost (Collectif Mu, Loops, Meï Teï Shô…).
Cinq tentacules de marque pour un disque instrumental jazz-funk
tout bonnement impressionnant…
Tout commence
avec le groove musclé d’une basse funk : saut dans
le temps, jusqu’au Head Hunters de Herbie Hancock
(autre étrange couverture, d’ailleurs). Greg Théveniau
annonce la multi-couleur : les amples improvisations jazz tranquilles
des sax et du piano Rhodes subtil de Bruno Ruder seront en permanence
harcelées par sa basse omniprésente, infatiguable,
souple et invincible comme le poulpe. La connivence parfaite
de cette basse énergique avec la batterie lumineuse d’Hervé
Humbert (exceptionnel sur Le grand « i »)
offre un terrain de jeu riche et mouvementé aux saxs
lunaires (qui s’emparent de Bushry all over the world
pour un dialogue retentissant sur les cimes veloutées
du jazz funk) et au Rhodes limpide (le final marginal de H
H is watching you).
Enregistré
en une journée, pour une spontanéité et
une intensité intactes, La vie est un poulpe
s’élève progressivement vers un hard-funk
toujours plus puissant : poussé par les déferlantes
sombres de la basse, le Rhodes encadre un sax sauvage (excellent
Lan Minw Sere) avant de s’emporter à son tour sur
Chien errant, qui clôt l’album avec force
étincelles.
| Greg
Théveniau emmène son poulpe toujours plus
loin, et si ce hard-funk de haute volée fait ici
et là place à des decrescendos vagabonds
bien inspirés (Au café), c’est
que la musique puise toute sa vitalité de ces balbutiements
hasardeux, de ces errances conjuguées… le
calme avant la tempête, le poulpe affûtant
ses ventouses… |
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Nicolas
Cavaillès
(juin 2005)

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