du 5 au 20 décembre 2002
au Théâtre des Jeunes Années

création Compagnie Créature
d'après Hans Christian Andersen
Adaptation Michel Broquin
mise en scène Odile Brisset

 

Scénographie et marionnettes Michel Broquin
assisté d'Amandine Meneau
Avec
Claude Sanchez
Roland Gigoi

Structure scénique et lumière Michel Anton
Costumes comédiens Marie-Lou Mayeur
Costumes marionnettes Odile Brisset
Régie Pierre Gille

pour tout public à partir de 5/6 ans
durée 50 minutes

Théâtre des Jeunes Années, Lyon 9°
renseignements et location
04 72 53 15 15


© Emmanuel Thomas

Un merveilleux voyage au pays du conte

La mise en théâtre de Poucette par la Compagnie Créature nous fait entrer dans un monde de merveilles. Nous connaissons tous plus ou moins le récit d'Andersen, qui raconte les mésaventures d'une minuscule petite fille, pas plus grande qu'un pouce, confrontée aux dangers de la forêt. Née d'une graine plantée avec amour par une femme en mal d'enfant, elle est d'abord enlevée par un horrible crapaud femelle qui cherche une épouse pour son fils, puis emportée par un énorme hanneton qui veut en faire sa femme, pour enfin se retrouver chez Madame souris, pas si gentille que ça, qui lui vole sa liberté en la forçant à épouser Monsieur taupe, une créature hideuse qui vit sous terre, qui déteste les oiseaux, le soleil et les fleurs, tout ce que Poucette vénère...

Gaspard et Hermeline (Roland Gigoi et Claude Sanchez), joliment vêtus à l'ancienne, guident les jeunes spectateurs, dont les yeux ne cessent de briller, à l'intérieur de ce conte miniaturiste, un peu cruel et triste, mais qui se terminera bien ; Hermeline raconte l'histoire tandis que Gaspard la montre, à l'aide de ses "boîtes à rêves", de grandes caisses sombres qui renferment de multiples marionnettes et des décors tous aussi beaux les uns que les autres : une extraordianaire forêt qui pivote selon la saison évoquée, la minuscule maison de Mme souris, ou encore le glacial château de Monsieur Taupe ; les marionnettes, finement ciselées, frappent surtout par la blancheur et la délicatesse de leurs traits. Ainsi, tout évoque l'univers du rêve et du merveilleux : l'énorme hirondelle qui sauve Poucette au dernier moment, la mélancolique petite fille, ou encore la marionnette qui représente Hermeline elle-même (une amusante mise en abîme...).
Le jeu des deux acteurs-comédiens est exemplaire : l'on rit des maladresses de Gaspard un peu étourdi et farceur et l'on s'émeut de la douceur d'Hermeline. Car tous deux ne sont pas des marionnettistes conventionnels, ils interrompent leur récit, n'hésitent pas à commenter l'intrigue, Hermeline aimerait bien que certaines épreuves soient épargnées à Poucette et elle tente de changer le cours de l'histoire... La convivialité des deux montreurs met le jeune public en confiance, et la plupart des enfants assistent au spectacle installés sur des coussins, à hauteur des boîtes magiques de Gaspard ; il faut dire que l'intimité de la petite scène du Théâtre des Jeunes Années est un véritable atout et se prête à la perfection à des spectacles de ce type (on se souvient de La poupée dans la poche, en particulier) car les artistes peuvent jouer (et c'est ici le cas) de cette proximité avec le public.

Ce spectacle, visible dès cinq ans, est une suite d'enchantements, et les enfants, avant de définitivement quitter cet univers poétique, sont très heureux de pouvoir s'attarder devant l'étalage chamarré que forment les marionnettes et les décors, exposés sur la scène par les deux comédiens, dont il faut saluer la gentillesse, la simplicité, et le grand talent.

B. Longre
(décembre 2002)

http://www.chez.com/feeclochette/andersen.htm