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Drôle
de coïncidence : quelques jours après la vision des
photographies de Larry Sultan sur les coulisses du monde
porno californien (Exposition
La Vallée, Rencontres Photographiques d'Arles), nous
assistons à la projection de Polissons et Galipettes,
ensemble de douze films porno (dont un dessin animé) du début
du XXe Siècle.
Si l'univers porno d'aujourd'hui apparaît comme une machinerie
efficace et désabusée à travers le travail
de Larry Sultan, les courts métrages des années 20,
réalisés par des anonymes, sont animés d'un
souffle léger et spontané. Rien de nouveau sous le
soleil pourtant: mêmes fantasmes (l'infirmière, la
maîtresse d'école, les religieuses
), mêmes
positions (des classiques aux enchevêtrements acrobatiques,
en passant par un zeste de zoophilie) et mêmes types de plan
(alternance de plans larges et de gros plans). Mais "un je
ne sais quoi" donne à ces films une sorte d'innocence
vivifiante : la vitesse saccadée de projection des images,
le vieillissement de la pellicule, l'aspect désuet des personnages,
l'humour délibérément grossier des cartons,
le regard d'un "acteur" vers l'équipe technique
afin de réajuster sa position
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Ces films
étaient tournés très rapidement, en une
journée souvent, par des anonymes ou en marge de films
"normaux". Ils étaient souvent projetés
dans les salons d'attente des bordels huppés, afin
de faire patienter ces messieurs tout en émoustillant
quelque peu leurs sens. C'était là aussi, pour
les plus jeunes, l'occasion de parfaire leur éducation.
Dès sa naissance, le cinéma a emprunté
les chemins de traverse de la pornographie. Polissons
et Galipettes est à la fois un document historique
et un pur moment d'érotisme joyeux.
Jean-Emmanuel
Denave
(juillet 2002)
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