une composition de
Michel Reilhac

. France 2002. Muet
durée 69 minutes
Quinzaine des réalisateurs Cannes 2002
en salles le 24 juillet 2002
(à Lyon, au CNP)
Interdit aux moins de 18 ans

 

Drôle de coïncidence : quelques jours après la vision des photographies de Larry Sultan sur les coulisses du monde porno californien (Exposition La Vallée, Rencontres Photographiques d'Arles), nous assistons à la projection de Polissons et Galipettes, ensemble de douze films porno (dont un dessin animé) du début du XXe Siècle.
Si l'univers porno d'aujourd'hui apparaît comme une machinerie efficace et désabusée à travers le travail de Larry Sultan, les courts métrages des années 20, réalisés par des anonymes, sont animés d'un souffle léger et spontané. Rien de nouveau sous le soleil pourtant: mêmes fantasmes (l'infirmière, la maîtresse d'école, les religieuses…), mêmes positions (des classiques aux enchevêtrements acrobatiques, en passant par un zeste de zoophilie) et mêmes types de plan (alternance de plans larges et de gros plans). Mais "un je ne sais quoi" donne à ces films une sorte d'innocence vivifiante : la vitesse saccadée de projection des images, le vieillissement de la pellicule, l'aspect désuet des personnages, l'humour délibérément grossier des cartons, le regard d'un "acteur" vers l'équipe technique afin de réajuster sa position…

Ces films étaient tournés très rapidement, en une journée souvent, par des anonymes ou en marge de films "normaux". Ils étaient souvent projetés dans les salons d'attente des bordels huppés, afin de faire patienter ces messieurs tout en émoustillant quelque peu leurs sens. C'était là aussi, pour les plus jeunes, l'occasion de parfaire leur éducation.
Dès sa naissance, le cinéma a emprunté les chemins de traverse de la pornographie. Polissons et Galipettes est à la fois un document historique et un pur moment d'érotisme joyeux.

Jean-Emmanuel Denave
(juillet 2002)

 

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