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De
Marc Lescarbot à Louis-Jean Thibault, quatre siècles
de poésie
Laurent Mailhot
et Pierre Nepveu, historien de la littérature pour le premier,
respectivement poète pour le second, et tous deux essayistes,
critiques, professeurs, publiaient en 1981 une importante anthologie
de la poésie québécoise, « des origines
à nos jours », qui répondait à un besoin
de repères nécessaires au sein d’une abondante
production. Or depuis 1980, la poésie québécoise
s’est en grande partie transformée dans sa structure
(retour appuyé au vers libre), sa thématique (le monde
et les villes plutôt que le pays et le terroir), les moyens
de publication et de diffusion. S’est transformée,
et s’est considérablement enrichie, portée par
un certain nombre de revues et de manifestations (Festival international
de poésie de Trois-Rivières, Marché de la poésie
de Montréal, récitals et lectures publiques…)
qui « ont contribué à accroître la
prise de parole poétique sur la place publique »,
selon les auteurs. Il fallait donc une nouvelle anthologie, et celle-ci,
tout en reprenant et en mettant à jour la première,
y ajoute la présence d’une cinquantaine de nouveaux
poètes.
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De
Marc Lescarbot (1570-1642) à Louis-Jean Thibault (né
en 1979), des pionniers de la Nouvelle-France aux jeunes auteurs
d’aujourd’hui, le patrimoine est d’une richesse
et d’une variété telles qu’on n’aurait
jamais fini de citer les poètes qui jalonnent le chemin.
Si les plus connus sont évidemment là (Emile Nelligan,
Hector de Saint-Denys Garneau, Rita Lasnier, Anne Hébert,
Claude Gauvreau, Gaston Miron, Gilles Vigneault, Roland Giguère,
Jacques Brault, Paul Chamberland, Nicole Brossard, Claude Beausoleil
(tiens, ni Félix Leclerc ni Michèle Lalonde –
apparemment, celle-ci n’a pas voulu… mais son fameux
Speak White se trouve à tous les coins de la
toile mondiale), beaucoup de noms et beaucoup de textes, vus
de France en tout cas, sont d’heureuses surprises ; Québécois
pure souche, quelques voisins canadiens, quelques poètes
amérindiens (souche encore plus pure…) et quelques
autres issus de l’immigration se laissent découvrir
avec beaucoup de plaisir et d’intérêt. |
Inconvénients
inhérents au genre : on peut se sentir frustré, se
dire qu’il en manque (voir plus haut), que 700 pages ce n’est
pas assez (ou que c’est trop)… Avantages : l’essentiel
y est : quelques lignes biographiques puis quelques textes représentatifs
des principales caractéristiques de chaque auteur. Le choix
est toujours judicieux ; en tout cas, faisons confiance aux connaisseurs.
Surtout, promenons-nous dans ce volume spacieux, choisissons nos
parcours, nos haltes, laissons aller notre sensibilité et,
si cela nous intéresse, allons voir ailleurs pour en lire
davantage. Les anthologies sont faites pour cela.
Jean-Pierre
Longre
(décembre 2007)
Jean-Pierre
Longre enseigne la littérature contemporaine
à l’Université Jean Moulin Lyon 3. Auteur d’études
sur divers écrivains du XXe siècle, collaborateur
de revues, il a participé à la publication des romans
de Queneau dans la Bibliothèque
de la Pléiade, s’intéresse à la comparaison
des arts (littérature, musique,
peinture) et effectue des recherches sur les littératures
francophones (Roumanie et Belgique
en particulier). Derniers ouvrages parus : Raymond Queneau
en scènes (Presses Universitaires de Limoges,
2005) et Jean
Prévost aux avant-postes (Collectif,
avec William Marx, Les Impressions Nouvelles).

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Poésie
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