Le magazine de la poésie
trimestriel
Le cherche-midi éditeur, 28 F

 

 

La poésie, riche d'une jeunesse toujours renouvelée, se porte bien.

C'est en tout cas le credo de Marcel Jullian et Jean Orizet, les directeurs et éditorialistes de cette revue qui, depuis plusieurs années, tente d'assurer le plus largement possible la diffusion d'un genre que d'aucuns voudraient faire passer pour mort.

Chaque numéro, avec un dynamisme dont la perspective littéraire n'échappe pas toujours à un certain didactisme (de bon aloi ; on est toujours content d'apprendre quelque chose), possède ses rubriques annoncées : un dossier (" Les poètes et la folie ", " Les poètes et le mythe ", " Les poètes et le cinéma ", " La nouvelle poésie française " etc.), qui ne se contente pas de faire un point théorique sur une question, mais qui surtout donne à lire les poètes d'autrefois et d'aujourd'hui, permet au lecteur de revoir des textes souvent oubliés, d'en découvrir de nouveaux. Et le dossier est souvent ponctué par la (re)découverte d'une grande voix de la poésie ; parmi les dernières, par exemple, Benjamin Péret et Andrée Chedid.

Suivent dans chaque numéro des rubriques bien utiles regroupées dans le chapitre " L'information poétique " : notes et propositions de lecture, recension des principales revues poétiques, " nouvelles de la poésie " (prix, colloques, rencontres…). Bref, tout ce qu'il faut savoir si l'on s'intéresse à l'actualité du genre.
Une actualité bien vivante, si l'on en croit le numéro 21 (mars 2000), consacré à " La nouvelle poésie française " (de langue française, plutôt, tant les origines et nationalités des auteurs sont diverses). Jeunes poètes âgés de 19 à 45 ans, qui " mêlent lyrisme et regard froid, humour et cynisme, tendresse et cruauté ", selon les éditorialistes. Évidemment, ils ne sont pas tous là, les " jeunes " poètes, loin s'en faut ; en cette matière, le choix est forcément incomplet et partiellement hasardeux : aucun des noms recensés ici ne se retrouve, notamment, dans la récente Anthologie de la poésie française d'aujourd'hui  de J.-M. Espitallier (voir la note sur Pièces détachées dans Sitartmag). Voilà qui ouvre des perspectives larges et variées ; la diversité des points de vue est un gage d'espoir : l'espoir que, grâce à une revue comme Poésie 1, la poésie redevienne non seulement lieu de création (ce qu'elle n'a jamais cessé d'être), mais aussi et surtout un objet de lecture (et d'audition) populaire.

JP Longre
(mars 2000)

Jean-Pierre Longre enseigne la littérature contemporaine à l’Université Jean Moulin Lyon 3. Auteur d’études sur divers écrivains du XXe siècle, collaborateur de revues, il a participé à la publication des romans de Queneau dans la Bibliothèque de la Pléiade, s’intéresse à la comparaison des arts (littérature, musique, peinture) et effectue des recherches sur les littératures francophones (Roumanie et Belgique en particulier). Derniers ouvrages parus : Raymond Queneau en scènes (Presses Universitaires de Limoges, 2005) et Jean Prévost aux avant-postes (Collectif, avec William Marx, Les Impressions Nouvelles).

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