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La
poésie, riche d'une jeunesse toujours renouvelée,
se porte bien.
C'est en tout
cas le credo de Marcel Jullian et Jean Orizet,
les directeurs et éditorialistes de cette revue qui, depuis
plusieurs années, tente d'assurer le plus largement possible
la diffusion d'un genre que d'aucuns voudraient faire passer pour
mort.
Chaque numéro, avec un dynamisme dont la perspective littéraire
n'échappe pas toujours à un certain didactisme (de
bon aloi ; on est toujours content d'apprendre quelque chose), possède
ses rubriques annoncées : un dossier (" Les poètes
et la folie ", " Les poètes et le mythe ", " Les poètes
et le cinéma ", " La nouvelle poésie française "
etc.), qui ne se contente pas de faire un point théorique
sur une question, mais qui surtout donne à lire les poètes
d'autrefois et d'aujourd'hui, permet au lecteur de revoir des textes
souvent oubliés, d'en découvrir de nouveaux. Et le
dossier est souvent ponctué par la (re)découverte
d'une grande voix de la poésie ; parmi les dernières,
par exemple, Benjamin Péret et Andrée Chedid.
Suivent dans chaque numéro des rubriques bien utiles regroupées
dans le chapitre " L'information poétique " : notes et propositions
de lecture, recension des principales revues poétiques, " nouvelles
de la poésie " (prix, colloques, rencontres…). Bref, tout
ce qu'il faut savoir si l'on s'intéresse à l'actualité
du genre.
Une actualité bien vivante, si l'on en croit le numéro
21 (mars 2000), consacré à " La nouvelle poésie
française " (de langue française, plutôt, tant
les origines et nationalités des auteurs sont diverses).
Jeunes poètes âgés de 19 à 45 ans, qui
" mêlent lyrisme et regard froid, humour et cynisme, tendresse
et cruauté ", selon les éditorialistes. Évidemment,
ils ne sont pas tous là, les " jeunes " poètes, loin
s'en faut ; en cette matière, le choix est forcément
incomplet et partiellement hasardeux : aucun des noms recensés
ici ne se retrouve, notamment, dans la récente Anthologie
de la poésie française d'aujourd'hui
de J.-M. Espitallier (voir la
note sur Pièces détachées dans
Sitartmag). Voilà qui ouvre
des perspectives larges et variées ; la diversité
des points de vue est un gage d'espoir : l'espoir que, grâce
à une revue comme Poésie 1,
la poésie redevienne non seulement lieu de création
(ce qu'elle n'a jamais cessé d'être), mais aussi et
surtout un objet de lecture (et d'audition) populaire.
JP
Longre
(mars 2000)
Jean-Pierre
Longre enseigne la littérature contemporaine
à l’Université Jean Moulin Lyon 3. Auteur d’études
sur divers écrivains du XXe siècle, collaborateur
de revues, il a participé à la publication des romans
de Queneau dans la Bibliothèque
de la Pléiade, s’intéresse à la comparaison
des arts (littérature, musique,
peinture) et effectue des recherches sur les littératures
francophones (Roumanie et Belgique
en particulier). Derniers ouvrages parus : Raymond Queneau
en scènes (Presses Universitaires de Limoges,
2005) et Jean
Prévost aux avant-postes (Collectif,
avec William Marx, Les Impressions Nouvelles).

Poésie
: articles en ligne
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