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Soeur contre frère
Poéma
ne supporte plus Téiki, le bébé « roi
» qui, depuis sa naissance, « mange le temps
» de ses parents et empiète sur l’espace vital
de la petite ; celle-ci se sent délaissée, mise à
l’écart, regrettant l’époque où
elle était la « préférée
», la seule et l’unique. Peu à peu, une solution
s’impose à elle : il lui faut se débarrasser
de son frère l’usurpateur. Comment ? En l’abandonnant
sur un atoll désert, de l’autre côté du
lagon – une intention sans réelle malveillance, plutôt
un geste de survie, afin de reprendre sa place et de réaffirmer
son existence auprès de ses géniteurs. Elle s’organise
méticuleusement et, au petit matin, embarque discrètement
sur la pirogue familiale en compagnie de Téiki, sans se douter
que diverses épreuves l’attendent, au cours desquelles
il lui faudra… protéger son frère ; se succèdent
des aventures et des rencontres improbables (avec un grand requin
argenté, une raie manta, une tornade, des petits poissons
multicolores) qui donnent à l’ensemble des allures
de fable et feront comprendre à Poéma que finalement,
elle tient au petit intrus, qu’il est possible de partager
des choses avec lui. Elle revient alors sur sa décision et
ne cède pas à la tentation – tous les habitants
des fonds marins (poisson clown, grand dauphin, etc.), par leurs
incitations ou leurs questions, l’encourageant à réfléchir
à sa situation d’aînée.
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Ce
parcours initiatique, tendre mais dépourvu de mièvrerie,
met en scène une petite fille débrouillarde, courageuse,
tout aussi tenace que la petite Noura de L’Ecole
du désert, qui ose faire marche arrière
et se remettre en question – ce que certains adultes ne
sauraient faire dans des circonstances similaires. Le genre
est ici habilement renouvelé, en déplaçant
les thématiques croisées du nouvel arrivant dans
une fratrie et de la rivalité qui s’ensuit dans
un contexte inhabituel (la Polynésie), presque hors du
temps, s’enrichissant des aventures fantaisistes et des
péripéties oniriques que vivent les deux enfants,
tandis que les illustrations de Claire Delvaux montrent surtout
des personnages aux visages expressifs, souvent joyeux, accompagnant
le texte avec vivacité. |
B.
Longre
(décembre 2007)
Blandine
Longre, agrégée d’anglais,
est l’une des fondatrices de Sitartmag ; traductrice et
critique littéraire, elle s’intéresse tout
particulièrement aux écritures contemporaines (francophone,
anglophone, asiatique, orientale etc.), à la littérature
pour la jeunesse, au théâtre (texte et représentation)
et aux relations qu’entretiennent fiction et réel.
http://blongre.hautetfort.com

http://www.cecileroumiguiere.com/
http://c.delvaux.free.fr
Lire
aussi
L’école
du désert
illustrations de Claire Delvaux - Tipik Cadet, Magnard jeunesse
2004
http://www.magnard.fr/jeunesse/
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