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lien dans ce parcours ne se fait donc pas autour d'un sens
préétabli, mais autour de sensations : isolement,
violence des vies lorsqu'elles sont coupées de toute
représentation sociale, normée, expression de
fantasmes et de peurs nocturnes.
C'est
en cela que ce parcours s'apparente à un cauchemar,
car chaque cellule est travaillée selon la logique
improbable des songes : associer des éléments
concrets, quotidiens à des usages décalés,
étrangers ou inquiétants. Nous voulons essayer
cette rencontre entre le normal et l'impossible.
Un
groom guide – ou non – oriente – ou non
– des spectateurs perçus comme visiteurs : Ils
sont libres de s'approcher, d'accélérer le rythme
du parcours, de revenir observer ce qui les a intrigués.
Coproduction
: Compagnie du Bonhomme, Compagnie Preview et Les
Subsistances
d’après
des textes de Sarah Fourage, et des apports d'Anaïs Nin,
Thomas Poulard…
Les
subsistances
Quai Saint-Vincent, Lyon
04 78 39 10 02
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Conçu
et interprété par Sarah Capony, Marie-Sophie
Ferdane, Rudy Galiffi, Denys Laboutière, Carl Miclet,
Marianne Pommier, Thomas Poulard
Scénographie
– accessoires – costumes : Ludivine Defranoux
et Laure Pichat
Vidéo : Serge Meyer
Création Lumières et Direction Technique : Johannes
Production : Aline Présumey

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ça
plaît que si…
Welcome
to hotel California (interprété par les Eagles)…
Tel est l’air qui nous accueille dans une salle d’attente
où l’on profite quelques instants de cette mélodie
jusqu’à ce qu’une voix forte, autoritaire et
désagréable vous appelle par votre nom. Le concierge
vous remet une clef puis invite le groupe composé de six
ou sept personnes à le suivre jusqu’à un ascenseur
aux portes duquel il nous abandonne. On monte au premier puis le
grand noir. Un groom vous ouvre les portes de chambres qui présentent
une scène reposant sur l’incongruité.
Incongruité entre l’image d’un univers familier
(une chambre, une laverie, une salle de bains, une cuisine) et la
déformation de ce même univers : une femme se lave
avec une éponge grattoir et boit du liquide vaisselle. Dans
une autre chambre, un homme regarde une série de diapositives
accompagnée par un texte pilonnant l’anaphore : «
le journal d’un fou, le journal d’un serial killer,
le journal d’un connard… »
Cette performance déambulatoire nous convie à visiter
chaque chambre d’un hôtel, le spectateur étant
séparé de la scène qui se déroule par
une vitre de plexiglas. Cet écran en plastique symbolise
toute la distance existant entre la scène jouée et
le spectateur-voyeur, qui n’est pas autorisé à
pénétrer cette intimité.
Est-ce vraiment un spectacle ? Le spectateur est acteur, il découvre
ce parcours ludique : dans un couloir noir, un gardien montrant
le chemin, ouvre successivement des pièces. A l’intérieur
se déroulent de courtes scènes mêlant textes
et jeu de comédiens, à la frontière de l’installation
d’art moderne et du spectacle vivant. La vision est étrange,
le spectateur touche du doigt un monde parallèle, de l’étrange.
Il agit en voyeur, volant une bribe d’intimité de la
solitude humaine. Il est dommage que les textes ne fassent pas forcément
toujours corps avec le jeu des comédiens, le sens intrinsèque
de la scène nous échappe. L’image surgit brusquement,
c’est un spectacle avant tout visuel et d’un grand esthétisme,
avec une réalisation parfaitement maîtrisée.
Etonnant sans être détonnant, ce spectacle a l’immense
mérite d’ouvrir l’esprit sur des modes d’expression
peu ordinaires, quelque peu dérangeants sans être choquants,
dont la grille interprétative est plus que jamais propre
à chacun. On retient des images, des atmosphères mais
tout paraît bien dérisoire, bien éphémère
et aporétique.
Emilie
Jullin et Miel Ludovic
(juin 2003)

Les
subsistances
http://www.les-subsistances.com/
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