|
Le
théâtre, c’est la vie (et vice-versa)
« L’auteur
a besoin du théâtre et le théâtre a
besoin de l’auteur. C’est ainsi. N’en déplaise
à ceux qui pensent que le théâtre peut se
priver de la voix des poètes. » (Postface)
Une salle, une
scène, un régisseur, des machinistes, un auteur metteur
en scène et son assistant, deux comédiennes et un
comédien. La pièce peut être jouée…
enfin, presque. La scène est encore nue – les spectateurs
n’arriveront que le lendemain soir, pour la première,
et le spectacle a encore besoin de quelques ajustements techniques
: tous s’affairent aux derniers préparatifs, se chamaillent
un peu, et chacun y va de sa petite remarque, perturbant le bon
déroulement des opérations, quand d’un coup
de téléphone surgit le "drame" : le "patron",
Richard, mentor de Sébastien, metteur en scène, est
sur un lit d’hôpital (des « complications»,
nous dit-on). Le temps semble alors s’arrêter dans cet
espace clos, tandis que le passé de chacun remonte à
la surface. Celui de Richard (le parcours étonnant d’un
homme qui a appris à aimer les livres en prison, puis à
écrire quand il fut privé de lecture…), celui
de Sébastien, intimement mêlé à celui
du précédent (presque un père pour lui), celui
de Nathalie, entre deux hommes, et de son compagnon Jean-Claude,
comédien, mais aussi les amours, les regrets et les remords,
les lâchetés et les abandons, les télescopages
entre vie rêvée et vie sur scène… comme
si l’auteur, à sa façon, réglait quelques
comptes avec le théâtre et nous faisait quelques confidences
sur son travail.
 |
Le
texte révèle les coulisses d’un théâtre
- tout est montré, on sait que l’on est au
théâtre, même si on a aussi conscience
que l’on assiste à une mise en scène
fictive… belle mise en abîme, donc, pour cette
pièce qui dévoile aussi ce que recèlent
les âmes des personnages réunis dans un lieu
entre réalité et imaginaire, avec en commun
leur passion pour le théâtre – joué
et écrit : car s’il est question de mise en
scène, Philippe Touzet n’en oublie pas moins
de nous offrir quelques pistes de réflexion sur la
fonction du texte et le travail du dramaturge (en tant qu’écrivain),
à travers deux personnages qui ont certainement quelques
similitudes avec l’auteur lui-même – celui
de Richard («J’utilise mes souvenirs à
des fins littéraires. (…) La feuille blanche
avale tout, je passe à table, elle se nourrit de
mon cri…») puis de Sébastien («
Quand j’avais vingt ans, quand les autres passaient
leurs nuits à baiser, moi, je passais mes nuits à
écrire. (…) Tripes, boyaux, pensées
confondus. »).
|
Aussi, la pièce,
qui navigue entre les époques, composée de réminiscences
qui s’incorporent au temps présent, se lit avec grand
plaisir : hommage au texte dramatique (réaffirmation du statut
des auteurs de théâtre, pourtant si mal ou si peu lus…),
mais aussi à la lecture, source de toute créativité
: « J’ai tout lu. Tout. Ça m’a remis
le cerveau à l’endroit, ça l’a nettoyé
de toute cette crasse, autour et dedans… », raconte
Richard à propos de son séjour en prison où,
paradoxalement, il a appris la liberté…
Blandine
Longre
(décembre 2007)
Blandine
Longre, agrégée d’anglais, est
l’une des fondatrices de Sitartmag ; traductrice et critique
littéraire, elle s’intéresse tout particulièrement
aux écritures contemporaines (francophone, anglophone, asiatique,
orientale etc.), à la littérature pour la jeunesse,
au théâtre (texte et représentation) et aux
relations qu’entretiennent fiction et réel.
http://blongre.hautetfort.com

Publications
théâtrales - articles en ligne
La
pièce a vu le jour grâce à une commande
d’écriture de la Communauté de Communes
Charenton-Saint-Maurice, Val-de-Marne. Dans
le cadre de la saison 06/07 du Théâtre des
Deux Rives, Charenton-le-Pont, « Bis repetita »
a fait l’objet de trois représentations, mise
en scène : Philippe Touzet, en mai 2007.
L'auteur
du
même auteur
Entre
Chienne et loup
Ed. Espaces 34, 2004
C’est
ma terre et c’est les miens
Les impressions nouvelles, 2005
|