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Philippe
Faure nous présente son one-man-show et accepte ici de se
mettre en scène car il lui semble "salutaire qu'un
directeur de théâtre sache tout miser sur la table
de jeu". Il évolue sur scène avec plusieurs
histoires caustiques, dans lesquelles il a su saisir au vol l'infiniment
drôle et l'infiniment triste. Les scènes du quotidien
côtoient les grands drames de la vie ; comme cette fée
qui permet à un homme de faire un voeu unique : ce dernier
finira par exiger, par inadvertance, de faire taire sa femme, ce
qui sera exaucé, à sa grande surprise. Ou encore ce
sketch où Shakespeare vient sonner à sa porte, un
soir, en lui confiant le "to be or not to be" sous forme
de rôti de boeuf sanguinolent. Il se livre ainsi au spectateur
avec une pétulante auto-dérision, car le rire permet
de dire les tragédies les plus lourdes sans s'apitoyer, comme
lorsqu'il parle du décès de sa mère ou de la
"maladie" de son frère.
Dans ce spectacle, Philippe Faure est un personnage à multiples
facettes, son visage change à chaque expression, à
chaque jeu de lumière et sa personnalité est toujours
en mouvement. Ce grand directeur de la vie est passé maître
dans la définition des sentiments humains. Car se mettre
en scène c'est finalement accepter de donner à l'autre
le pouvoir de rire de lui-même pour entrer dans une autre
dimension. Comme il le dit, "se moquer de soi, c'est se
débarrasser des vanités excusables des êtres
humains." lui dont le seul "désir est de
faire rire de ce qu'il est ".
Après le spectacle, le public est convié à
rencontrer l'auteur. Rare moment d'émotion où il se
confie avec sincérité et fraîcheur, pour parler
de la vie, de l'ordinaire, de ses rencontres, du théâtre...
Il expliquait ainsi la présence de quelques accessoires dans
sa mise en scène : un costume noir car cela lui rappelle
Brel ; une guitare posée sur le sol avec son étui,
pour penser à Coluche ; et un grand rideau rouge à
l'arrière-plan en hommage aux sketchs de Fernand Reynaud
; autant d'hommes qu'il vénère. Après ces confessions
face à un public qui s'est senti privilégié,
on sait qu'il puise son inspiration dans sa vie et son spectacle
est d'autant plus émouvant quand on connaît la part
de totale improvisation qu'il y introduit.
C.
Genin
"Aujourdhui, jai écrit, mis en scène
cinquante spectacles, jai joué partout, dans des petites
salles, dans de grands théâtres, jen dirige un.
Jai connu de grandes réussites et de grands échecs,
mes spectacles ont suscité mille réactions, créé
des fidélités, des inimitiés, mais jai
limpression dêtre resté exactement le même.
Un furieux petit homme de théâtre livré
aux autres à travers son travail, qui défie malgré
lui lorthodoxie, sans prudence, sur un fil fragile dans un
monde où lon fabrique beaucoup de produits théâtraux.
À un moment jai eu envie de revenir sur le devant de
la scène, de transformer ma vie en théâtre comme
si jéprouvais le besoin de ne plus avoir de barrière,
de faire un saut dans le vide. Cest presque suicidaire, totalement
enivrant
" (Philippe
Faure)
Théâtre
de la Croix Rousse, Lyon 4°
renseignements
et location : 04 72 07 49 49
du
même auteur
Les papillons blancs
Il voulait voir naître une étoile
filante
Les liaisons dangereuses
Les Etreintes
Le
théâtre de la Croix-Rousse
http://www.croix-rousse.com/
Interview
http://www.croix-rousse.com/2001-02/moiseul.php
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