au Théâtre de la Croix-Rousse, Lyon
du 6 au 23 novembre 2001

représentations supplémentaires
du 27 novembre au 1er décembre

texte, mise en scène, et jeu
Philippe Faure

lumière Frédéric de Rougemont

 

Philippe Faure nous présente son one-man-show et accepte ici de se mettre en scène car il lui semble "salutaire qu'un directeur de théâtre sache tout miser sur la table de jeu". Il évolue sur scène avec plusieurs histoires caustiques, dans lesquelles il a su saisir au vol l'infiniment drôle et l'infiniment triste. Les scènes du quotidien côtoient les grands drames de la vie ; comme cette fée qui permet à un homme de faire un voeu unique : ce dernier finira par exiger, par inadvertance, de faire taire sa femme, ce qui sera exaucé, à sa grande surprise. Ou encore ce sketch où Shakespeare vient sonner à sa porte, un soir, en lui confiant le "to be or not to be" sous forme de rôti de boeuf sanguinolent. Il se livre ainsi au spectateur avec une pétulante auto-dérision, car le rire permet de dire les tragédies les plus lourdes sans s'apitoyer, comme lorsqu'il parle du décès de sa mère ou de la "maladie" de son frère.
Dans ce spectacle, Philippe Faure est un personnage à multiples facettes, son visage change à chaque expression, à chaque jeu de lumière et sa personnalité est toujours en mouvement. Ce grand directeur de la vie est passé maître dans la définition des sentiments humains. Car se mettre en scène c'est finalement accepter de donner à l'autre le pouvoir de rire de lui-même pour entrer dans une autre dimension. Comme il le dit, "se moquer de soi, c'est se débarrasser des vanités excusables des êtres humains." lui dont le seul "désir est de faire rire de ce qu'il est ".
Après le spectacle, le public est convié à rencontrer l'auteur. Rare moment d'émotion où il se confie avec sincérité et fraîcheur, pour parler de la vie, de l'ordinaire, de ses rencontres, du théâtre... Il expliquait ainsi la présence de quelques accessoires dans sa mise en scène : un costume noir car cela lui rappelle Brel ; une guitare posée sur le sol avec son étui, pour penser à Coluche ; et un grand rideau rouge à l'arrière-plan en hommage aux sketchs de Fernand Reynaud ; autant d'hommes qu'il vénère. Après ces confessions face à un public qui s'est senti privilégié, on sait qu'il puise son inspiration dans sa vie et son spectacle est d'autant plus émouvant quand on connaît la part de totale improvisation qu'il y introduit.

C. Genin



"Aujourd’hui, j’ai écrit, mis en scène cinquante spectacles, j’ai joué partout, dans des petites salles, dans de grands théâtres, j’en dirige un. J’ai connu de grandes réussites et de grands échecs, mes spectacles ont suscité mille réactions, créé des fidélités, des inimitiés, mais j’ai l’impression d’être resté exactement le même. Un “furieux petit homme” de théâtre livré aux autres à travers son travail, qui défie malgré lui l’orthodoxie, sans prudence, sur un fil fragile dans un monde où l’on fabrique beaucoup de produits théâtraux. À un moment j’ai eu envie de revenir sur le devant de la scène, de transformer ma vie en théâtre comme si j’éprouvais le besoin de ne plus avoir de barrière, de faire un saut dans le vide. C’est presque suicidaire, totalement enivrant…"
(Philippe Faure)

Théâtre de la Croix Rousse, Lyon 4°
renseignements et location : 04 72 07 49 49

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Le théâtre de la Croix-Rousse
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Interview
http://www.croix-rousse.com/2001-02/moiseul.php