Demain le monde
Philippe Godard / illustrations Elisabeth Ferté et Vincent Odin

De La Martinière jeunesse, 2007

 

 

 

Pas de la science-fiction...

 

Comment vivre dans notre monde ? Comment le développer, le préserver, le faire durer aussi, le partager, le comprendre, le transmettre, et dans quel état ? Que va devenir notre planète — qui ne va pas très bien, tout le monde le sait — à court et à moyen terme, si les citoyens, les politiques, les industriels, les économistes ne se bougent pas davantage ?
Telles sont les questions de fond auxquelles tente de répondre l'écrivain Philippe Godard dans cet ouvrage abondamment illustré et très documenté, qui s'adresse aux adolescents à partir de 12 ans, et que des lecteurs plus âgés, voire adultes, prendront plaisir et intérêt à lire aussi tant le propos est clair et argumenté.

Demain le monde n'est pas un livre de science-fiction, mais bel et bien un ouvrage qui analyse, dresse l'état des lieux aujourd'hui et qui montre ce que pourra ou pourrait devenir ce monde si on ne pense pas différemment et collectivement, sans pour autant tomber dans le catastrophisme ou l'apocalypse !
Il est organisé en quatre grandes parties comportant chacune plusieurs entrées. La première , consacrée à l'écologie, aborde les questions de la biodiversité, de la déforestation, de l'eau, des énergies, des pollutions, des catastrophes naturelles et ce que l'on appelle, peut-être à tort, le développement durable. L'humanité est au coeur de la deuxième partie, avec les problèmes de la démographie qui s'emballe, de l'urbanisation conduisant aux mégalopoles et aux bidonvilles, de l'égalité entre les humains et entre les hommes et les femmes, du rôle de l'aide humanitaire, des migrations de populations et des guerres qui déchirent la planète.
Dans la troisième partie, il est question de géopolitique et Philippe Godard y aborde des questions comme celle du rôle des Etats, de l'Afrique, de la toute puissance de l'Amérique, de l'essor de l'Asie, de la construction de l'Europe, de la place de l'Océanie et de l'existence des Nations unies.

Enfin, dans la dernière partie, l'auteur aborde ce que l'on appelle communément des sujets de société, qui provoquent débat et questions, parce qu'ils peuvent entraîner le monde dans des directions que l'on n'est pas sûr de maîtriser, avec des conséquences incertaines, voire dangereuses, qu'il s'agisse de la cybernétique, des biotechnologies, du clonage, du travail ou de la course au toujours plus vite.
Chaque entrée, traitée en plusieurs double-pages, comporte une introduction détaillée, suivie de plusieurs entrées secondaires. Ainsi par exemple, au chapitre Comment évolue le rôle des Etats, on trouvera abordés les sujets sur la citoyenneté, la peine de mort, les Droits de l'homme, le terrorisme, la prison et le travail des enfants dans le monde.

On peut lire l'ouvrage très méthodiquement, du début jusqu'à la fin. On peut aussi choisir un ou plusieurs parcours de lecture et s'intéresser plus particulièrement à un sujet grâce à l'index alphabétique général. On peut enfin y glaner une information au coeur d'une double page.
Il présente un double intérêt : une présentation attrayante et soignée ; un contenu qui permet de faire le point sur une quantité impressionnate d'informations, bien souvent hors des clichés et des poncifs. Les doubles pages sont conçues de manière très dynamique, illustrées de photos pertinentes ou de dessins humoristiques. Elles contiennent quantité d'informations, clairement identifiées par des codes de couleurs et des encarts : pavés informatifs, définitions, données chiffrées, citations. Pour aller plus loin, des sites internet, toujours en français, sont indiqués, sites officiels, sites scientifiques ou sites engagés.
Les réponses aux questions posées en tête de chapitre, volontairement provocatrices parfois, font avancer la réflexion et permettent de lier entre eux quantité de faits, d'établir clairement les relations de cause à effet. Par exemple, quelles sont les conséquences indirectes de la crise de la vache folle sur la déforestation en Amazonie ; ou bien le rôle des médias dans la propagande des actions terroristes ; ou encore le déséquilibre qui s'accroit sur terre entre le nombre d'hommes et de femmes... On pourra aussi méditer quelques citations, comme "Ce n'est plus le monde que les scientifiques enferment dans leurs laboratoire, mais le monde lui-même qui devient laboratoire." (Jean-Pierre Berlan, 2001).
Un livre à lire, à faire lire, à offrir sans modération, qui se révèlera aussi comme un excellent outil pour les enseignants de collèges, parce qu'il est accessible et très intelligemment fait.

Catherine Gentile
(octobre 2007)

Catherine Gentile est documentaliste, formatrice en littérature jeunesse, présidente de l'Association du Festival du Livre de jeunesse et de bande dessinée de la ville de Cherbourg-Octeville et auteur de Bulles en stock (Bibliographie sélective et commentée de bandes dessinées, ed. Cedis, 1999) ; elle a aussi chroniqué littérature de jeunesse et bande dessinée dans la revue Inter CDI pendant plus de quinze ans.

 

du même auteur
Marre des politiques - Editions de La Martinière, 2007

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