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Des
origines de l'humain à son avenir, des savoirs et des questionnements
incontournables.
Véritables
guides anthropologiques, les deux dernières publications
Larousse dans la collection des Petites Encyclopédies,
sont des ouvrages de vulgarisation destinés au néophyte
et à tous ceux qui s'interrogent sur leurs origines et leur
passé, une manière de mieux se connaître : un
éclairage essentiel si l'on veut apprendre à établir
un lien entre mémoire, histoire et temps présents,
à réconcilier similitude (de l'origine) et diversité
(actuelle).
Les
origines de l'homme, avant et après Lucy est
signé Erick Seinandre (journaliste scientifique
et auteur du Petit Atlas des Phénomènes
Naturels, Larousse, 2003, avec Anne Debroise) qui
a l'habitude d'adapter des données scientifiques complexes
afin de les rendre accessibles au plus grand nombre - quand l'on
part du généreux principe que la science en général
se doit d'appartenir à tous et pas uniquement à quelques
privilégiés à qui il aurait été
donné les capacités à étudier l'humain
(un matériau qui concerne bien chacun d'entre nous!).Un ouvrage
qui, bien que tourné vers le passé, ouvre certainement
de larges perspectives d'évolutions et d'ouvertures... loin
du renouveau créationniste
rétrograde qui frappe l'Amérique du Nord.
L'auteur s'appuie sur la découverte récente (1974),
en Ethiopie actuelle, d'un squelette presque entier de bipède
femelle, par Yves
Coppens et Donald Johanson : surnommé
Lucy en hommage à la chanson Lucy in the Sky with Diamonds
des Beatles (un air que les membres de l'expédition appréciaient
tout particulièrement !), cet Australopithecus afarensis
"avait probablement une démarche chaloupée
et trottinante, bien différente de la nôtre. Et il
conservait une grande aptitude au grimper. Sa capacité crânienne
est comparable à celle des grands singes." De nombreux
traits (génétiques, physiologiques...) qui le rangent
donc indiscutablement dans la catégorie des pré-humains.
L'humanité s'est cependant emparée de l'image de cette
nouvelle Eve primitive : on l'a souvent surnommée "notre
grand-mère à tous", en commettant une erreur
scientifique de taille que l'on est aujourd'hui en mesure d'expliquer
: , "l'espèce à laquelle elle appartient
n'est pas l'ancêtre de la nôtre", des données
auxquelles Yves Coppens lui-même souscrit, pensant qu'il faut
"chercher en amont de Lucy, vers 6 à 7 millions
d'années, un pré-australopithèque qui aurait
donné naissance à la fois aux australopithèques
et au genre Homo." Et les dernières découvertes
lui donnent raison ; par conséquent, Lucy est une cousine,
éloignée de surcroît !
| Cette
inlassable quête des origines (dont Lucy n'est ainsi
qu'un symbole), est parfaitement reconstruite au fil de ces
pages fascinantes : un chapitre intitulé "L'origine
des primates" (des premières formes de vie
jusqu'au primates actuels, en passant par la "lente
sortie des eaux", et les métamorphoses successives.)
précède une exploration historique de l'évolution
des grands singes (dont le gorille est l'un des derniers représentants),
catégorie dont nous faisons partie ; l'occasion de
constater un fait écologique inquiétant : "En
dehors de l'homme, toutes les espèces de grands singes
sont en voie de disparition. (...) A ce rythme, les grands
singes non-humains peuvent avoir disparu de la planète
d'ici à un siècle, nous privant non seulement
de la présence d'animaux attachants et passionnants,
mais également de sujets d'étude irremplaçables
pour connaître les origines de l'homme." |

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Parallèlement,
les analyses des codes génétiques nous renseignent
aujourd'hui sur notre étonnante parenté avec les grands
singes (gorille, chimpanzé et orang-outan) : "une
similitude de 97.6 % entre l'ADN de l'orang-outan et celui de l'homme
(...) 99% entre l'homme et le chimpanzé. (...) A titre de
comparaison, le taux de similitude entre tous les humains actuels
est de 99.9 %". Conclusion : nous avons bien un ancêtre
commun (14 à 15 millions d'années), s'il était
encore besoin de le prouver.
L'auteur nous entraîne ensuite dans l'univers australopithèque
(des cousins), puis dans celui de l'Homo habilis (originaire
d'Afrique), ancêtre de l'Homo erectus (en Asie) et
de l'Homo heidelbergensis (en Europe). Des questions surviennent,
tout aussi passionnantes, qui restent encore en suspens : quand
est apparu le langage articulé ? Quand et comment la maîtrise
du feu a-t-elle été vraiment acquise ? etc.
Un dernier chapitre décrit "L'aventure des hommes
modernes", de Néandertal (qui n'était pas
un Homo sapiens) à Cro-Magnon (une tout autre espèce),
des migrations à la sédentarisation, de la naissance
des arts au néolithique, véritable "révolution",
tournant essentiel de notre histoire. L'excellent ouvrage d'Erick
Seinandre s'achève sur une double page qui devrait mettre
un terme à toute contestation (celle des héritiers,
conscients ou non, des pseudo-sciences nées au XVIIIe et
XIXe siècle, comme la phrénologie, qui ont propagé
et propagent encore parfois la dangereuse notion de pluralité
et de hiérarchisation raciales pour justifier main-mises
impérialistes, économiques ou missionnaires...) :
"Aux yeux du profane, les races humaines semblent une évidence.
Pourtant, au regard de la science, le concept de race est totalement
illusoire. Génétiquement parlant, l'homme actuel est
l'espèce de primates la plus homogène. Toutes les
populations humaines sont interfécondes (...) Et la pigmentation
de la peau, la texture des cheveux, la forme du nez ou la taille
corporelle ? Ce ne sont que des adaptations superficielles au milieu."
A bon entendeur...
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Même
discours dans Les peuples premiers, des mémoires
en danger de Jérôme Bimbenet,
docteur en histoire, spécialiste en histoire des peuples.
Un ouvrage tout aussi pédagogique qui propose une découverte
éclairée des populations en voie de disparition
(les Yanomamis du Brésil) ou déjà disparus
(entre autres les Caraïbes, les Arawaks ou les Fuégiens,
victimes des contacts plus ou moins violents avec le colonialisme)
et qui énumère les dangers qui menacent certaines
populations à plus ou moins court terme (épidémies,
malnutrition, catastrophes écologiques, conflits ethniques,
etc.) tout en proposant quelques solutions de résistance,
de survie et d'évolution. |
L'auteur
parle de ceux peuples "premiers" (que l'on nommait auparavant
des "primitifs") avec respect et humanisme, portant sur
eux un regard dégagé de tout ethnocentrisme : ils
sont "la mémoire de l'humanité"
et nous offrent "un lien privilégié avec
notre passé".
Il s'interroge plus particulièrement sur la notion de "regard"
et rappelle : "La science a démontré qu'il
n'existe pas de races humaines, c'est-à-dire de subdivisions
génétiques au sein de l'espèce humaine. (...)
Les minimes différences observées concernent des éléments
secondaires qui témoignent de processus d'adaptation à
un milieu : couleur de la peau selon l'insolation, importance des
globules rouges dans le sang selon l'altitude, immunisation par
rapport à certains virus. Les métissages, les brassages
des populations au cours des siècles ont conduit à
une extrême diversité au sein de l'espèce humaine,
au point que la seule chose que l'on puisse assurer est qu'il n'y
a pas deux êtres humains semblables. Mais le regard porté
sur soi et sur l'autre se résume souvent à accepter
qui est proche et à rejeter qui est lointain."
CQFD : Ce qu'il fallait dire et démontrer !
B.
Longre
(novembre 2004)
Blandine
Longre, agrégée d’anglais, est
l’une des fondatrices de Sitartmag ; rédactrice en
chef depuis mai 1999, elle s’intéresse tout particulièrement
aux écritures contemporaines (francophone, anglophone, asiatique,
orientale etc.), à la littérature pour la jeunesse,
au théâtre (texte et représentation) et aux
relations qu’entretiennent fiction et réel.

dans
la même collection (Larousse,
2004)
La
population du monde
L'alimentation dans le monde
Le petit atlas des plantes cultivées
Le petit atlas des risques écologiques
http://www.larousse.fr
http://www.hominides.com/html/dossiers/yves_coppens.html
http://www.hominides.com/index.html
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