La population du monde
L'alimentation dans le monde
Le petit atlas des plantes cultivées
Le petit atlas des risques écologiques

Larousse, 2004

 

Dans la même collection
Les origines de l'homme et Les peuples premiers
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Apprendre, comprendre et anticiper : passé, présent et devenir de la planète, l’affaire de tous.

Dans la collection Les Petites Encyclopédies Larousse, viennent de paraître quatre nouveaux titres particulièrement instructifs, qui devraient éveiller la curiosité qui sommeille en chaque citoyen du monde. Le terme "petite" ne s'applique ici qu'au format poche (une couverture souple bien pratique) et certainement pas au contenu de chacun de ces ouvrages : approfondi, fouillé, d'une richesse telle que le lecteur, même néophyte, ne peut qu'en apprécier la teneur.

Le petit atlas des plantes cultivées et celui des risques écologiques sont respectivement signés Lisa Garnier et Loïc Chauveau, spécialistes de l'écologie, qui collaborent à de nombreux magazines scientifiques ou à des encyclopédies. Le premier de ces atlas est un ouvrage fascinant, qui remonte d'abord aux sources des espèces végétales domestiquées (phénomène qui débute il y a environ 10 000 ans) : les débuts de l'agriculture, la naissance des jardins, la maîtrise des forêts.

Les chapitres qui suivent sont consacrés à quatre grandes variétés végétales (céréales, plantes féculentes, légumes et fruits) et une dernière partie traite des différentes fonctions et usages d'autres plantes (sucrières, textiles, médicinales etc.). En annexe, nous sont proposés (comme dans les trois autres ouvrages) un lexique, des adresses utiles et une bibliographie. On tire, tout au long de la lecture, de multiples enseignements, essentiels ou anecdotiques ; ainsi, le maïs fut baptisé par un botaniste suédois en 1753 (après avoir d'abord été appelé "blé turc" ou "millet d'Inde") ; on découvre des plantes peu consommées dans nos contrées (le quinoa, l'amarante, le taro ou le sorgho), l'histoire mouvementée de la pomme de terre (un légume qui appartient à la même famille que la tomate!), on apprend aussi que "les haricots auraient servi de support à une écriture à base d'idéogrammes, au Pérou, entre le IIe et le VIIe siècle après J.-C.", ou encore que le légume et le fruit les plus cultivés dans le monde sont aujourd'hui la tomate (longtemps considérée comme vénéneuse en Europe !) et la pomme, et que les fruits ont aussi leur poésie et leurs légendes.

Cette encyclopédie regorge de cartes, de photographies, d'illustrations et d'encarts, de données chiffrées et d'informations que l'on pourra recouper avec celles que l'on trouve dans un autre ouvrage, intitulé L'alimentation dans le monde, mieux nourrir la planète ; l'auteur, Jean-Paul Charvet, professeur de géographie agricole et rurale à Paris X-Nanterre, s'attache à retracer les liens qu'entretiennent les humains avec la nourriture et les aliments, à une échelle mondiale : ce sont les mutations démographiques, consommatrices et de production, à travers l'histoire et tout particulièrement au XXe siècle, et les enjeux actuels sur lesquels se concentre l'auteur. Les constats sont sérieux et alarmants, s'appuyant sur des chiffres récents : 842 millions d'êtres humains ne mangent pas à leur faim tous les jours et "la faim regagne du terrain", particulièrement en Inde, en Indonésie, au Nigeria ou au Pakistan. Reste à trouver des solutions sur le long terme pour pallier ces contrastes et ces inégalités qui ne devraient laisser personne indifférent. Mais la problématique qui préoccupe aujourd'hui les spécialistes est l'accélération démographique sans précédent que nous connaissons : on prévoit 9 milliards d'habitants sur terre en 2050... Pour davantage d'informations on pourra consulter un autre de ces guides, La population du monde, 6 milliards, et demain ? écrit par Catherine Rollet, professeur d'université qui enseigne la démographie et l'histoire des populations. Tout comme les ouvrages précédemment décrits, cette encyclopédie pose de vraies questions et propose des analyses concises et abordables (inégalités devant la mort, un panorama de la fécondité, l'urbanisation et les exodes...)
Le dernier de ces ouvrages, Le petit atlas des risques écologiques, est lui aussi particulièrement alarmant mais a le mérite de confronter le lecteur à des données que, dans notre vie quotidienne, l'on préfère occulter ; les menaces sont recensées et expliquées (le réchauffement climatique, la pollution des eaux, la surexploitation des sols, le prix du progrès etc.) mais des solutions apparaissent, dans un chapitre intitulé "la société écologique", qui retrace l'émergence puis l'expansion d'une démarche "écologiste" ; ainsi, même si l'auteur nous met en garde, il nous encourage aussi : "Si les perspectives sont sombres, des solutions existent, qu'il s'agit de mettre en oeuvre rapidement. L'enjeu est nouveau et de taille : la Terre n'est plus un espace à conquérir, c'est un lieu de vie à protéger et à transmettre en bon état aux générations futures." A bon entendeur...

B. Longre
(juillet 2004)

http://www.larousse.fr