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Tel
est pris qui croyait prendre
Le déjeuner de la petite ogresse est l'histoire
d'une rencontre, une véritable histoire d'amour qui ne
débute cependant pas sous de très bons auspices.
Une petite ogresse orpheline, aux cheveux en bataille, les pieds
nus, vit seule dans un château gris, où tout est
trop haut ou trop grand pour elle. Mais pour survivre, il lui
faut cependant un enfant par semaine, qu'elle déguste
le dimanche. Chaque mercredi, munie d'une corde et d'une cage,
elle part en chasse, tendant son piège aux enfants trop
bêtes. |
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Mais ce mercredi-là,
elle tombe sur un petit garçon bien différent, qui
se laisse emprisonner sans résistance, sans cris ni pleurs
: au contraire, la situation semble plutôt l'intriguer. Le
comportement du futur repas se fait de plus en plus incompréhensible,
car au lieu de se lamenter sur son sort, il coopère, se montrant
gentil et prévenant, un bon compagnon de jeux... La petite
ogresse, d'abord en colère, ne peut pourtant se décider
à manger ce garçon-là, un garçon étrange
qui parvient à la sortir de sa solitude.
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Cet
ouvrage contient de bons sentiments, mais pas seulement :
car l'instinct n'est jamais bien loin et même si la
petite fille aux dents pointues parvient à contrer
sa nature, elle n'en demeure pas moins une ogresse... De belles
illustrations malicieuses accompagnent le texte (simple à
comprendre, dès quatre ou cinq ans) ; les visages expressifs
des personnages (tout particulièrement la colère
de la petite fille) amuseront beaucoup les enfants, de même
que le dénouement espiègle, où l'auteur,
habilement, s'approprie l'adage bien connu des fins de contes
("ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants...")
tout en le retournant à sa façon, laissant le
doute s'insinuer, un peu comme à la fin de l'album
de Joyeux Noël
les monstres de Jo Hoestlandt.
B.Longre
(février 2003)
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