Peter Pan
de James Matthew Barrie

L’Habit rouge de Peter Pan
de Geraldine McCaughrean
trad. de l’anglais
Pocket jeunesse, 2006

 

 

Le Centenaire de Peter Pan
ou Peter Pan le retour…


Au début du XXe siècle, Peter Pan fait de James Matthew Barrie l’un des auteurs les plus célèbres d’Angleterre. En 1929, Barrie décide de céder les droits de Peter Pan à un hôpital pour enfants de Londres, le Great Ormond Street Hospital Children’s Charity.
En 2004, le même hôpital organise une compétition mondiale pour écrire la suite du livre de Barrie. Geraldine McCaughrean a relevé ce défi et convaincu le jury. Elle a été secrétaire, enseignante, journaliste, a travaillé pour une maison d’édition anglaise. Aujourd’hui elle se consacre uniquement à l’écriture et elle a signé une bonne centaine de livres, traduits dans 26 langues. L’Habit rouge de Peter Pan sort ce mois en France et dans vingt-deux autres pays, à l’occasion du centenaire de Peter Pan. Précisons que les droits du livre seront directement reversés à l’hôpital pour enfants Great Ormond Street à Londres.


L’Habit rouge de Peter Pan.

Vingt ans auparavant, Wendy, John, Michaël sont revenus du Pays Imaginaire avec les Garçons Perdus que leurs parents ont accepté d’adopter. Sur l’île où ils ont vécu mille aventures et affronté le terrible Crochet, ils ont laissé Peter Pan, leur ami, qui ne veut pas grandir et intégrer le monde des adultes…
1926. Depuis, Wendy et ses frères ont grandi, eux, parfois malgré eux. Ils sont devenus des adultes et ont –presque, oublié leur voyage et leur ami.
Madame Wendy s’est mariée et a une petite fille, Jane. Ses frères sont devenus des Vieux Garçons respectables, membres du Club des Messieurs de la rue Grise, près de Picadilly. Ils sont devenus juge de paix, médecin, employé de banque ou clarinettiste. Ils sont pour la plupart mariés et pères de famille. Ils sont désormais des gens Sérieux. Sauf Michaël, qui est mort à la guerre.


lire aussi
La Maison à cinq étages
Rageot romans 2006

Pourtant, depuis quelque temps, ces gens sérieux rêvent ! De sirènes, de pirates et de Lagon. Puis retrouvent des preuves tangibles de leurs perturbations nocturnes dans leurs lits : un sabre, un bandeau noir ou une robe d’Indienne, ou des peintures de guerre sur leurs visages au réveil. Ils rêvent et ne veulent plus dormir !
Comme toujours en cas de crise, ils s’adressent à Madame Wendy. Elle est catégorique : si les rêves arrivent si fort, c’est qu’il y a péril dans le Pays Imaginaire, c’est que Peter Pan est en danger. Il faut donc, toutes affaires futiles cessantes, se mettre en quête de poudre de fée dans les jardins de Kensington pour réapprendre à voler et partir. C’est ainsi qu’un beau soir de juin, les Londoniens qui auraient levé le nez au ciel, auraient pu apercevoir une petite troupe hétéroclite d’adultes respectables engoncés dans des habits d’enfants trop petits !
Quand ils parviennent au Pays Imaginaire après un vol sans histoires, ils trouvent un monde à l’abandon, désert, muet. Peter est seul et ne les reconnaît pas. Puis on refait connaissance, chacun retrouve son âme et son corps d’enfant et le jeu reprend : on serait des aventuriers, on voyagerait et on combattrait le dragon…

Soudain surgit un curieux personnage, Monsieur Effilo, directeur de cirque : « une silhouette au contour onduleux… un costume extraordinaire aux manches trop longues qui cachaient les mains de l’homme, et dont l’ourlet lui tombait sur les talons. Des milliers de brins de laine frisottés rendaient floue la frontière entre l’individu et la pénombre […] il ressemblait plus à une vieille dépouille de mouton suspendue à un fil barbelé qu’à un homme. »
Cet homme mystérieux, obséquieux avec Peter, à la personnalité complexe, entraîne Peter, Wendy et les autres dans un épopée au cours de laquelle ils naviguerons à bord du vieux Joyeux Corsaire, ils croiseront des îlots flottants, aborderont au Labyrinthe des Sorcières balisé par les carcasses de milliers de landaus, où errent toutes les gouvernantes qui ont jadis égaré un enfant. Ils se lanceront aussi dans une périlleuse chasse au trésor au dénouement inattendu, affronteront des hordes de fées et des Rugisseurs, se battront avec leurs propres démons, leurs ombres et leurs désirs les plus secrets.
Ecrire la suite d’un tel monument de la littérature de fantaisie, voilà qui n’était guère évident. Pourtant Géraldine McCaughrean s’en tire plutôt bien. Elle construit un récit qui est à la fois un conte, un bon roman d’aventures très inventif, et un parcours initiatique. Elle réussit de très jolis moments, à la fois poétiques et nostalgiques, comme le Labyrinthe des Sorcières. Son récit est pimenté d’un humour très anglais et l’on y retrouve la même tonalité un peu mélancolique que dans le Peter Pan de Barrie. Le personnage de Peter est plus complexe aussi, oscillant entre plusieurs âges à cause du fameux habit rouge qu’Effilo le fait porter, mais il est toujours aussi seul et isolé dans sa farouche volonté de rester à jamais un enfant.

 

Retour en arrière…

Pour beaucoup, petits et grands, Peter Pan, c’est un petit garçon tout vert qui vole dans un film pour les enfants. Un film d’animation de Walt Disney bien sûr, tout comme Blanche Neige, Aladdin ou Le Bossu de Notre-Dame. Les références sont avant tout cinématographiques et ceux-là tombent des nues quand on leur explique que ces héros appartiennent avant tout à la littérature : contes ou romans nés de la plume habile de grands auteurs ! Or, lorsque l’on s’intéresse à ce garçon qui ne voulait pas grandir, dans le Pays de Nulle Part, et que l’on retourne au texte de James Matthew Barrie, on découvre un récit d’une grande richesse - que l’on peut lire et qui a été lu à plusieurs niveaux y compris par des psychanalystes - et un écrivain à l’imagination féconde, hanté par des fêlures d’enfance.
Peter Pan, ce fut tout d’abord une pièce de théâtre qui remporta un énorme succès lors de sa création à Londres en 1904. Peter Pan, c’est aussi une part importante du patrimoine littéraire britannique. Peter Pan, c’est enfin un homme, James Matthew Barrie, qui n’a peut-être jamais souhaité grandir lui non plus ! Retrouvons-nous dans la capitale du glorieux empire britannique, à la fin du XIXème siècle en pleine époque victorienne, et plongeons dans le monde de l’enfance …

Un jardin extraordinaire
Dans la partie ouest de Londres se trouve le très respectable et très chic quartier de Kensington, qui se développa, dès la fin du XVIIe siècle, autour de Kensington Square. C’est dans ce quartier fort prisé que la famille royale d’Angleterre tint sa résidence principale avant de s’installer à Buckingham Palace. C’est là aussi que naquit la reine Victoria.
Aujourd’hui encore, Kensington est un quartier riche et fort cher, composé de jolies rues résidentielles.
Au nord de cet îlot bon teint typiquement british, se trouvent les Kensington Gardens, les fameux jardins que James Matthiew Barrie a immortalisés dans son œuvre.
Comme à l’époque où Barrie s’y promenait avec les enfants de ses amis, ce parc est toujours le domaine de prédilection des enfants de la bourgeoisie londonienne, un lieu très chic où l’on organise tout l’été des spectacles de marionnettes et où les bateaux voguent à l’aventure sur le Boating Pond (l’étang des petits bateaux).

« Les Jardins sont une contrée immense et redoutable, avec des milliers et des milliers d'arbres ; d'abord vous arrivez aux Figues, mais vous ne daignez pas vous y arrêter, car les Figues sont l'apanage des petits personnages, qui s'interdisent tout commerce avec le commun des mortels. Ce nom de Figues vient, selon la légende, de ce qu'on y a planté des Figuiers. Ces raffinés sont eux-mêmes appelés dédaigneusement Figues par David et d'autres héros, et vous serez au fait des us et coutumes de ce clan Dandy des Jardins, quand je vous aurai dit que le cricket est appelé par eux Crickets. Il arrive quelquefois qu'une Figue rebelle passe par dessus la haie et pénètre dans le monde, comme Miss Mabel Grey dont je vous parlerai quand nous serons à la porte de Miss Mabel Grey. Elle fut la seule Figue qui fût réellement célèbre. »
Peter Pan dans les jardins de Kensington, 1904

C’est dans ce grand parc que l’on trouve la statue de Peter Pan. Cette œuvre en bronze signée George Frampton a été inaugurée en grande pompe au printemps 1912. C’est Barrie lui même qui en a contrôlé la réalisation et le sculpteur a travaillé d’après des photographies que le dramaturge avait prises quelques mois auparavant de Michaël Llewelyn-Davies, le dernier fils de sa chère amie Sylvia. Pourtant le résultat n’a pas vraiment satisfait Barrie qui disait ne pas retrouver dans ce petit faune de bronze le démon qui hantait Peter. Quoi qu’il en soit, Peter Pan, véritable héros national, veille à jamais sur les jardins où il a passé toute son enfance et que son créateur a arpentés une bonne partie de sa vie.

James Matthew Barrie

Il naît le 9 mai 1860 à Kirriemuir, un petit village écossais du comté d’Angus. Il est le neuvième enfant de David Barrie, un modeste tisserand, et de Margaret Ogilvy, une femme fantasque qui voue un amour exclusif à l’un de ses autre fils, David, né en 1853, délaissant donc les autres.
James est un garçon plutôt fluet dont la tête paraît très grosse par rapport au corps. Il a pourtant des traits fins, des cheveux noirs et des yeux clairs très enfoncés dans leurs orbites.
Margaret est une lectrice passionnée et, chaque soir, elle lit des histoires à ses enfants et à son mari, surtout des romans d’aventures dont elle raffole. C’est ainsi que James rêve, voyage en imagination et emmagasine de la matière qu’il réutilisera par la suite dans son œuvre littéraire.

Son enfance est marquée à jamais par un drame : en janvier 1866, son frère David meurt d’une chute sur la glace. Margaret, ayant perdu son fils préféré, se retranche alors dans sa douleur, hors du monde et elle a bien du mal à s’occuper des autres, dont James qui, lui, est bien vivant. Le garçon se réfugie alors dans le rêve et le monde de la fantaisie.
A la fin de ses études en 1882, James décide de se consacrer entièrement à l’écriture. Il devient tout d’abord journaliste à Edimbourg, puis à Nottingham où il travaille au Nottingham Journal. A cette époque il entreprend un roman en trois volumes très largement autobiographique qu’il publie d’abord en feuilleton dans son journal. Parallèlement, il place quelques articles dans des journaux londoniens.

Il s’installe à Londres en 1885 et poursuit son activité journalistique. Il publie une chronique sur la vie de la communauté religieuse de son village natal, Communaute Auld Licht. Cette chronique très humoristique qui démontre d’une réelle faculté d’observation, remporte un vif succès auprès d’un public anglais avide d’exotisme. Il publie ensuite des romans : Better Dead, en 1877, A Windows in thrums, en 1878, Auld Licht iddylls, en 1888, et The Little minister, en 1891. Ce dernier roman connaît le succès, tant chez le public londonien que dans la critique, ce qui permet désormais à Barrie de vivre très confortablement de sa plume ; il s’installe alors dans un appartement cossu de Kensington. Il continue néanmoins à écrire, se lançant dans le théâtre.
C’est à l’occasion de la création de sa pièce Walker London, le 25 février 1892 qu’il tombe amoureux de son interprète féminine, Mary Ansell, à laquelle il va faire une cour assidue et qu’il finira par épouser en 1894.
La pièce suivante, A professor’s love story est également un grand succès et le jeune couple peut s’installer dans une grande maison de Kensington que Mary entreprend de redécorer entièrement et où elle reçoit beaucoup. Les deux époux s’éloignent l’un de l’autre, conscients que leur mariage est un échec. Barrie se réfugie dans le travail, termine un autre roman, Sentimental Tommy, fait de longues promenades mélancoliques avec son chien Porthos dans les beaux Jardins de Kensington où l’homme et le chien sont connus de tous les enfants.

« Vous verrez par vous-mêmes qu'il vous sera difficile de suivre les aventures de Peter Pan si vous n'êtes pas familiers avec les Jardins de Kensington. Ils sont à Londres,où vit le Roi, et j'avais l'habitude d'y mener David presque chaque jour, à moins qu'il ne fut vraiment trop mal disposé. Aucun enfant n'a jamais fait le tour des Jardins, parce qu'on est obligé de rentrer trop tôt, c'est que, si vous êtes petit comme David, vous dormez de midi à une heure. Si votre mère n'était pas aussi sûre que vous dormez de midi à une heure, vous pourriez plus probablement faire le tour complet des Jardins »
Peter Pan dans les jardins de Kensington, 1904

Barrie commence ensuite un récit autobiographique, Margaret Ogilvy par son fils. En septembre 1896 meurent à cinq jours d’intervalle la sœur et la mère de l’écrivain. En 1898, James M. Barrie est un auteur très connu et estimé en Angleterre. C’est à cette époque de notoriété qu’il fait la connaissance de la famille Llewelyn-Davies. Arthur, le père, est un jeune avocat au brillant avenir ; Sylvia, la mère, est une très belle femme avec laquelle Barrie restera très lié jusqu’à la fin de sa vie. Sylvia est la fille de Georges Du Maurier, l’écrivain anglais d’origine française, auteur de Peter Ibbetson et de Trilby. Le couple a trois garçons, Georges, Jack et Peter. Barrie tombe rapidement sous le charme de Sylvia et de ses garçons, auxquels il rend visite presque tous les jours et pour lesquels il invente toutes sortes d’histoires. C’est pour eux qu’il écrit le conte Le Petit oiseau blanc, centré sur l’idée poétique et mélancolique qu’à leur naissance, les enfants sont d’abord des oiseaux et qu’ils perdent ensuite leurs ailes. On trouve déjà dans ce texte toute la matière de Peter Pan.Deux autres garçons naissent un peu plus tard : Michaël et Nicholas.

La pièce Peter Pan est créée le 27 décembre 1904, au Duke of York. Il s’agit d’une féérie en cinq actes : La Nursery – Le Pays imaginaire – Le Lagon aux sirènes – La maison souterraine – Le bateau pirate. Elle comporte un dispositif scénique très compliqué et une distribution impressionnante : la famille Darling, Peter, la fée Clochette, les Enfants perdus, les pirates et le capitaine Crochet, deux Peaux-Rouges, des Belles-mamans, un crocodile, une autruche, une meute de loups ! La pièce est un véritable triomphe, aussi bien en Angleterre qu’aux Etats-Unis où elle sera créée plusieurs mois plus tard. Pendant de longues années, la pièce est reprise à Londres, toujours avec le même succès.
En 1909, Mary Barrie demande le divorce en argumentant sur la non consommation de son mariage. James quitte alors la maison de Kensington et s’installe dans un appartement en plein cœur du West End. Sa fortune est désormais considérable et il est fait baronnet de Sa Majesté le roi George V en 1913. Entre temps, il a perdu sa chère amie Sylvia en août 1910, qui n’a pas résisté à la mort de son mari quelques mois auparavant. James M. Barrie devient alors officiellement le tuteur et le père des cinq garçons Llewelyn-Davies, ce qu’il souhaitait depuis longtemps.
En mars 1915, Georges, l’aîné des garçons, meurt à la guerre. En 1921, Michaël se suicide par noyade avec son ami ; les journaux londoniens titrent à cette occasion sur la disparition tragique de « l’un des garçons ayant inspiré à Sir James Barrie son Peter Pan ».
Très affaibli et désespéré par ces drames et par des bronchites chroniques dues à l’abus de tabac, sa « Lady Nicotine » comme il l’a appelée tout au long de sa vie, Barrie meurt en 1936.
Pour en savoir plus sur ce personnage singulier à plus d’un titre, on peut lire la biographie que François Rivière, grand spécialiste de la littérature britannique et de l’Angleterre victorienne, lui consacra en 1991 : J.M. Barrie, l’enfant qui ne voulait pas grandir, publiée chez Calmann-Lévy.

… Et Peter Pan ?

Voici ce qu’écrivait Barrie lui-même pour le programme de Peter Pan lors de sa représentation à Paris en 1908 : « Peter Pan ou le garçon qui ne voulait pas grandir est une pièce pour enfants et pour ceux qui autrefois l’ont été, écrite par un auteur qui entend rester un enfant. Tout au long de notre enfance, nous prétendons tous les jours être des pirates ou des Peaux-Rouges ou des mamans et toutes les nuits nous rêvons encore de ces mêmes rôles. Mais il y a surtout une étrange et magique demi-heure, entre le jour et la nuit, entre la veille et le sommeil, quand l’enfant, les yeux grands ouverts dans son lit, voit le jeu et le rêve se fondre en un, un monde de l’imagination devenir réalité. C’est cette demi-heure que la pièce tente de recréer. »

« Tous les enfants, sauf un grandissent. »
Ainsi commence le texte de la novélisation que Barrie a écrite lui-même quelques années après la création de la pièce. Le début de l’action se déroule à Londres, au début du XXe siècle. Nous pénétrons dans la confortable maison des Darling à Bloomsbury Square, tout près du British Museum. Dans la famille Darling, il y a George Darling, un homme très entier et excessif dans ses réactions qui n’hésite pas à vivre quelque temps dans la niche du chien pour se punir de l’avoir enfermée un soir, ce qui provoqua l’envol de ses trois enfants ; madame Darling, une jolie femme douce et aimante qui rêve parfois de Peter Pan –sans doute parce qu’elle l’a connu dans son enfance comme toutes les femmes de sa famille, et leurs trois enfants, Michaël, Wendy et John.

« Ce rêve en lui-même, était jusque-là sans conséquence mais, tandis qu’elle rêvait, la fenêtre de la nursery s’ouvrit à la volée et un petit garçon atterrit sur le sol. Une lumière bizarre, pas plus grosse que le poing, l’escortait, palpitant de toutes parts à travers la pièce comme une créature vivante, et sans doute est-ce cette lumière qui réveilla Mme Darling. Elle se dressa sur son séant en poussant un cri, vit le petit garçon et comprit aussitôt que c’était Peter Pan. […] C’était un gracieux enfant, vêtu de feuilles sèches jointes avec la sève suintant des arbres, mais l’essentiel de son charme tenait à ses dents de lait qu’il avait au grand complet. Lorsqu’il vit qu’il avait affaire à une grande personne, le nouveau venu la gratifia d’un grincement de toutes ses petites perles laiteuses. »
Peter Pan, traduction de Henri Robillot, Gallimard jeunesse, Folio junior, 1988

Ce soir-là, les Darling doivent aller dîner chez des amis, un peu plus loin dans la rue, laissant les enfants à la bonne garde de la chienne Nana qui fait aussi office de nurse. C’est alors qu’arrive Peter Pan, accompagné de Tinker Bell, le fée Clochette. Peter est déjà venu chez les Darling mais la dernière fois, Nana en bonne gardienne dont l’instinct a dû lui dire que cet enfant-là était une menace, lui a arraché son ombre. Peter vient donc chercher son ombre que Wendy, en petite maman attentive, lui recoud point à point. Peter ayant recouvré son ombre confie à Wendy qu’il a peu connu ses parents et qu’il s’est enfui de chez lui très jeune.

« C’est parce que j’ai entendu mon père et ma mère, expliqua-t-il à voix basse ,parler de ce que je ferais quand je serais devenu un homme.
Il était tout à coup en proie à une vive agitation.
- Je ne veux pas devenir un homme … jamais, dit-il avec passion. Je veux rester pour toujours un petit garçon et m’amuser. Alors, je me suis sauvé à Kensington Gardens et j’ai vécu longtemps avec les fées.
»
Peter Pan, traduction de Henri Robillot, Gallimard jeunesse, Folio junior, 1988

Dès qu’elles sont en présence l’une de l’autre, Wendy et Clochette se détestent franchement. Pourtant Peter invite Wendy et ses frères à voler jusqu’au Pays Imaginaire qu’ils atteignent au matin. « Ils volaient au-dessus de l’île redoutée, si bas que, parfois, la cime d’un arbre leur effleurait le visage. Nul danger n’était visible dans les airs et, pourtant, ils n’avançaient plus qu’avec peine comme s’ils avaient à lutter contre de mystérieuses forces hostiles. »
Ils font connaissance avec leur nouvel environnement, rencontrent les Enfants Perdus, dont Wendy va prendre soin comme une mère : Laflûte, Lebec, Flocon, Frison et Les Jumeaux ; ils vont affronter les Pirates : Cecco, Le Noir, Bill l’Escarpe, Flint, La Teigne, Cookson, Black Murphy, Lucarneau, Le Plouc, Bob la Gamberge, All Mason, Smee et bien sûr, le terrible Jack Crochet, à la voix implacable, qui veut la peau de Peter ; ils font aussi la connaissance des Peaux-Rouges, les Indiens de la tribu des Negritos, Big Little Panther et Lys tigré.
Lorsque Wendy et ses frères rentrent chez eux à Londres après des aventures riches en émotions et en expériences toutes nouvelles, ils emmènent avec eux les Garçons que Wendy veut absolument faire adopter par ses parents. Wendy, de tout son cœur, souhaiterait par-dessus tout que Peter reste chez elle aussi ; sa mère accepte mais Peter est réticent :

« - Et vous m’enverrez à l’école ? demanda-t-il d’un ton méfiant.
- Oui.
- Et ensuite dans un bureau ?
- Je suppose, oui.
- Et bientôt,je deviendrai un homme ?
- Bientôt, c’est vrai.
- Je ne veux pas aller à l’école et apprendre des choses sérieuses, dit-il d’un ton passionné. Je ne veux pas être un homme. Oh !mère de Wendy, si j’allais me réveiller et sentir que la barbe pousse à mon réveil ! »

Wendy et Peter se revoient de temps en temps. Mais Wendy vieillit, se marie, a des enfants à son tour, une fille qui va elle aussi apprendre à voler pour entreprendre son voyage initiatique au Pays de Nulle part. Wendy n’oublie jamais Peter, celui qu’elle a aimé et qui restera à jamais figé dans le temps de l’enfance.

 

 

Peter Pan, dans les livres

Il existe quantité d’adaptations, de relectures de Peter Pan, plus ou moins fidèles, dans des éditions variées, allant de l’album cartonné illustré pour les petits jusqu’aux lectures et interprétations psychanalitiques savantes pour les adultes.


Le petit oiseau Blanc (Ed.terre de Brume, 2006)
roman inédit en France. Un fragment de ce récit, les chapitres centraux consacrés à Peter Pan, a été publié sous le titre Peter Pan dans les Jardins de Kensington.

Peter Pan dans les jardins de Kensington. – Larousse, 1988 (Classiques junior)

Le conte est écrit à la première personne. Le narrateur s’adresse à un jeune garçon, David. Le premier chapitre est entièrement consacré à la description des jardins de Kensington. Ils sont tellement grands selon le narrateur qu’il est quasiment impossible aux enfants d’en faire le tour. On y trouve toutes sortes de lieux extraordinaires, merveilleux et exotiques qui appartiennent aux enfants le jour et qu’investissent la nuit les habitantes permanentes des jardins : les fées.

A son arrivée dans les jardins après qu’il a quitté ses parents, Peter, né avec le don de voler, n’est pas très bien reçu : il effraie les fées qui se méfient à juste titre des humains. Il rencontre alors le corbeau Salomon Cow qui lui fait comprendre qu’il est bien un garçon humain et non un oiseau. Lorsqu’il entend cela, Peter perd confiance en lui et ne sait plus voler. Il devient alors un petit Entre-les-Deux. Plus tard, lorsqu’il aura gagner leur confiance, les fées permettront à nouveau à Peter de voler pour retourner chez lui car Peter désire retrouver sa mère.

Peter Pan. – Flammarion, 1999 (Castor Poche) 5,50 euros

 

Peter Pan - traduction de Henri Robillot ; illustrations de Jan Ormerod. – Gallimard jeunesse, 1997 (Folio junior) 6 euros
Henri Robillot a également écrit une version française théâtrale en 2000 pour le théâtre Am Stram Gram à Genève. La pièce s'est jouée en octobre 2000, puis a été reprise en 2005, dans une mise en scène de Jean Liermier.

 

Peter Pan / trad. de Yvette Métral. – Flammarion, 2003 (Librio) 2 euros
Le texte intégral du roman.

Peter Pan : Ou le garçon qui ne voulait pas grandir
trad. de franck Thibault. – Terre de brume, 2004 17 euros

Une très belle édition du roman que l’éditeur breton présente ainsi : " Peter Pan a 100 ans et pas une ride... Après une première apparition en 1902 dans Le Petit Oiseau blanc, c’est grâce à la pièce de théâtre Peter Pan, dont la première eut lieu en décembre 1904, que le héros de l’Écossais James Matthew Barrie va connaître une renommée durable et internationale. L’adaptation romanesque, Peter and Wendy, de 1911, puis le dessin animé de Walt Disney, ne viendront que couronner un succès théâtral sans précédent.
Ce texte demeure donc une œuvre incontournable de notre imaginaire moderne (l’on parle aujourd’hui de «complexe de Peter Pan »), mais qui ne doit pas être considérée uniquement comme enfantine. En effet, l’ironie permanente de l’auteur, l’ambiguïté des personnages et le travail d’écriture théâtrale assez complexe, font que cette pièce est tout autant destinée aux adultes qu’aux enfants.

C’est d’ailleurs ce que remarquait George Bernard Shaw lui-même dans l’une de ses lettres à August Strindberg: « Voici quelques années, l’un de nos auteurs les plus fameux, J. M. Barrie, a composé une pièce pour les enfants, Peter Pan, qui a connu un énorme succès et qui est jouée chaque année pour Noël, comme un divertissement pour le petit monde, mais qui est à mon sens un authentique spectacle pour adultes. » "

 


Les albums illustrés

Peter Pan : Au Pays Imaginaire / trad. de Frédérique Fraisse, illustration de Namrata Tripathi. – Albin Michel, 2004
Adaptation de quelques moments de l’histoire de Peter Pan, illustrée de séquences tirées de l'adaptation cinématographique du classique de J.M. Barrie.

Peter Pan : L'Album du film / adaptation de Namrata Tripathi ; trad. de Frédérique Fraisse. – Albin Michel, 2004
Un album tiré de l’adaptation cinématographique de P.J. Hogan en 2004, avec Jeremy Sumpter, Jason Isaacs et Ludivine Sagnier, abondamment illustré de photos du film. Même concept que le précédent, pour des lecteurs un peu plus âgés que le titre précédent.

Peter Pan / illustrations de Susanne Janssen. – Etre, 2005
Ce gros et beau livre, qui donne le texte intégral de Barrie, dans la traduction de Henri Robillot, est illustré par l’artiste allemande Susanne Janssen, qui vit à Aix La Chapelle et dont l’œuvre a été maintes fois saluée et récompensée. Son univers graphique très particulier fait ressortir tout ce que le conte recèle d’inquiétant, de fantastique et de désespéré.

Peter Pan / trad. de Yvette Métral ; ill. de Stéphane Girel, Flammarion jeunesse, 2004
Traduction de la version intégrale du conte de James Barrie, illustrée par Stéphane Girel. L’album se lit et se regarde avec plaisir. Les aventures de Peter Pan, cet éternel enfant, sont pleines de leçons : la vanité est un vilain défaut, l'orgueil ne paye pas, l'amour maternel est indispensable aux enfants, l'entraide et l'amitié triomphent toujours. Pour de bons lecteurs car le texte est dense et la langue riche.

 

Les romans inspirés de Peter Pan

Hook ou La Revanche du capitaine Crochet de Geary Gravel, Flammarion, 1999 (Castor poche)
Novélisation du film de Steven Spielberg, avec Dustin Hoffman, Robin William et Julia Roberts, sorti en 1992. Peter Pan a grandi et il est devenu un homme d’affaire. Une nuit ses enfants sont enlevés chez Wendy par le Capitaine Crochet. Peter doit retourner au Pays Imaginaire pour affronter une fois de plus son ennemi et délivrer ses enfants.

Les Ailes de Peter Pan, de François Rivière et Françoise Balibar / ill. de René Follet. – Seuil jeunesse, 1999

Le héros de cette histoire bien mystérieuse est James Matthew Barrie lui-même. Nous sommes en octobre 1912 à Londres. Barrie vit au dernier étage d’un immeuble et vient d’engager un nouveau maître d’hôtel. Ce dernier, Frank Riderick, a un rêve : renouer avec le projet d’Icare, voler grâce à des ailes artificielles. Parallèlement, l’un des amis de Barrie, Charles Purley Smith reçoit des menaces par téléphone et Barrie pense être victime d’un complot.

Au théâtre, le Duke of York, on répète dans la fièvre Peter Pan. Purley mène l’enquête. Le récit mêle habilement les éléments biographiques de la vie de Barrie et une intrigue policière bien ficelée. Un bel album, très joliment illustré de dessins en noir et blanc de Follet, dessinateur talentueux.

CyberPan, de Fabrice Colin. – Mango, 2003 (Autres mondes)

L’œuvre de Fabrice Colin a à voir avec celle de Barrie, elle est parcourue par un thème récurrent : la nostalgie de l’enfance qu’il faut pourtant se résoudre à quitter un jour pour grandir et devenir adulte.
Peter Pan est donc un texte qui devait forcément un jour l’inspirer. Fabrice Colin revisite encore différemment cette œuvre si riche, en choisissant d’écrire un roman de SF, dont le personnage principal est Wendy, 14 ans, la narratrice. La cité luxueuse, aseptisée et protégée par un mur d’enceinte, où résident Wendy et sa famille, se nomme Harmony. A l’extérieur survivent les pauvres et les exclus. Wendy rencontre Peter dans un centre pour enfants inadaptés, cassés, perdus, rejetés. Personne ne sait qui il est ni d’où il vient ; il est apparemment autiste, mais semble reconnaître Wendy et la supplie de l’emmener. Plus tard, échappé du centre, il rejoint Wendy et l’emmène sur une île perdue ne figurant nulle part. Le Paradis, cette île ? C’est ce que les apparences laisseraient croire. Mais Wendy se heurte rapidement à une volée de questions embarrassantes : pourquoi l’île est-t-elle truffée de caméras ? Pourquoi des enfants sont-ils enfermés dans un laboratoire secret ? Qui est en réalité le capitaine Crochet qui a jeté son dévolu sur elle ? Wendy apprend à se méfier des apparences et de ceux qu’elle croise en chemin. Peter, quant à lui, est insaisissable. Il n’a qu’une idée en tête : affronter Crochet.

Bien des thèmes se croisent et s’entremêlent dans ce beau roman, à la fois émouvant et insolite : une réflexion sur les lieux de vie que l’on se crée où, finalement l’on ne peut exister vraiment. La cité d’Harmony et le Pays de Nulle Part se seraient-ils pas deux facettes d’une même virtualité ? Colin y aborde aussi la place de l’être humain, mis en danger par les manipulations de toutes sortes auxquelles se livrent de pseudo scientifiques. Enfin, le roman est dominé par le personnages très fort de Wendy, cette gosse de riches qui pressent tout d’abord confusément que ce qu’on lui propose comme vie n’est pas celle qu’elle veut se choisir et qui, parfois douloureusement, fait l’expérience de l’amour et de la naissance du sentiment maternel.

 

Les ombres de Peter Pan : Vingt et un récits. – Mnémos, 2004
Anthologie de 21 nouvelles signées Richard Comballot, Jean-Pierre Andrevon, Ayerdhal, Jacques Barbéri …, qui proposent des visions très personnelles de Peter Pan et parfois, de recréations inattendues. Nouvelles ironiques, cyniques, douces-amères, parfois sombres, toutes résolument modernes.


Les Jardins de Kensington de Rodrigo Fresan. trad. de l’ang.– Seuil, 2004
Peter Hook est un auteur de livres pour enfants, qui aime particulièrement l’histoire de Peter Pan. Il raconte une nuit à son petit garçon l’histoire de James M. Barrie. Parallèlement il utilise sa propre vie pour raconter l’histoire de son personnage, Jim Yang, qui voyage dans le temps pour ne pas grandir.


La vieillesse de Peter Pan, de Clotilde Escalle. – Le Cherche midi, 2006
Ce roman très noir met en scène un inspecteur de police désabusé, revenu de toutes les misères humaines. Pourtant, son cynisme n’est qu’une armure pour se protéger. Aussi, quand il découvrira le journal intime de l’une des personnes assassinées par, sans doute, le même tueur, il se laissera aller à l’émotion et son enquête prendra une autre tournure, plus personnelle.

 

Les essais


Peter Pan, loin d’être un personnage mièvre et un enfant heureux, et Barrie, dont l’enfance et la vie n’ont pas été non plus très gaies, ont forcément attiré l’attention de psychologues qui en livrent des lectures intéressantes et éclairantes.

Le syndrome de Peter Pan, de Dan Kiley. – Odile Jacob, 2000
Psychologue célèbre aux Etats-Unis, l'auteur s'est penché sur ces hommes qui ont refusé de grandir pour découvrir les causes de leur blocage et les moyens de les en sortir. Il a d’ailleurs appelé cette maladie le SPP, ou syndrome de Peter Pan. Il livre ici les fruits de ses observations.

Peter Pan ou l'enfant triste, de Kathleen Kelley-Lainé. – Calmann-Lévy, 2005
Une nouvelle interprétation du mythe de Peter Pan : comme Peter Pan, l'enfant triste est en apparence un enfant léger, gai, innocent et sans cœur qui, à la suite d'une tragédie ou parce qu'il a été sommé de devenir trop brutalement adulte, s'accroche désespérément au pays de son enfance. Il lui est impossible de pleurer, alors il choisit de ne rien ressentir. Il s'envole et enterre sa tristesse dans ce lieu secret, inaccessible, le Jamais-Jamais de son enfance. Kathleen Kelley-Lainé suit de près les envols de Peter Pan, afin de découvrir l'enfant triste derrière les sourires aux dents de lait. Elle pénètre le cœur sombre de James Matthew Barrie, le créateur de Peter Pan.

 

Peter Pan en bande dessinée

Aujourd’hui il n’existe pas d’adaptation fidèle au conte de Barrie. La seule date de 1990 chez Alpen Publisher, maison d’édition aujourd’hui disparue. Peut-être peut-on encore trouver cet album chez les bouquinistes ou dans des bibliothèques. Il est signé François Rivière, Jean-Pierre Dannard et François Pierre et s’intitule Le Lagon aux sirènes. L’album reprend très précisément la trame du roman : la nursery des enfants Darling à Bloombury et la fidèle Nana endormie ; l’arrivée de Peter et de Clochette, puis la découverte du Pays Imaginaire, une copie des Jardins de Kensington, des Garçons Perdus, du Capitaine Crochet et de ses pirates, du crocodile, des Indiens et des Sirènes.

Deux grands auteurs ont utilisé le thème de Peter Pan dans des récits de facture différente, en y mêlant leurs propres préoccupations et leurs univers. Il s’agit de Régis Loisel et de Cosey.
Régis Loisel est l’auteur de la série Peter Pan, publiée chez Vents d’ouest à partir de 1990 et toujours disponible. Six albums composent cette série : Londres – Opikanoba – Tempête – Mains rouges – Crochet – Destins.

Il ancre le récit dans un XIXe siècle londonien très réaliste et fait renaître Peter sous les traits d’un garçon de Whitechapel, l’un des quartiers les plus pauvres et sordides de Londres. Peter n’a pas de père, sa mère est alcoolique et prostituée. Grâce à son imagination et à ses lectures, Peter survit et garde sa candeur et sa naïveté. Son ami, le docteur Kundall, l’aide, le nourrit tant au plan terrestre qu’intellectuel puisqu’il lui apprend à lire et lui donne ainsi la clé des livres. Peter aime aussi raconter des histoires à d’autres gosses aussi malheureux que lui et il s’invente une maman douce et aimante. Il rencontre un jour la jolie fée Clochette qui l’entraîne dans son sillage vers le Pays de Nulle Part.

Cosey a signé en 1993 un récit plus intimiste publié au Lombard en deux volumes dans la collection Signé : A la recherche de Peter Pan.
L’histoire, découpée en dix chapitres introduits par un court extrait du Peter Pan de Barrie, se déroule dans les Alpes valaisannes peu avant 1930. Il s’agit d’une quête : un jeune écrivain anglais, dont les deux premiers romans ont connu quelque succès, Melvin Z. Woodworth, arrive dans le petit village d’Ardolaz sur les traces de son demi-frère Dragan, qui avait quitté Londres quelques années auparavant pour se consacrer tout entier à la musique. Melvin retrouve la tombe de Dragan dans le cimetière du village. Il s’installe à Ardolaz et consacre ses soirées à relire Peter Pan, cadeau que son frère lui avait fait pour ses dix ans. Ce livre a influencé sa décision de devenir écrivain.
Melvin retrouve la trace de son frère, découvre qu’il se livrait à un trafic de fausses pièces en compagnie d’un vieux faux monnayeur, Baptistin. Celui-ci a une fille, Evoléna, que Malvin rencontre et qui va hanter ses rêves. Mais le glacier voisin bouge et le village doît être évacué. Le trio décide de gagner l’Italie. Baptistin meurt, Melvin et Evoléna arrivent en Italie où le jeune homme termine enfin son roman A la recherche de Peter Pan.
Cosey n’a pas son pareil pour dessiner la montagne et utilise ce cadre majestueux pour raconter une histoire de famille, construite en abyme. Le suspense est maintenu durant toute l’histoire et l’on apprend la véritable histoire de Dragan très progressivement. Intéressant tant sur le fond que sur la forme.

articles de Catherine Gentile
(octobre 2006)

Catherine Gentile est documentaliste, formatrice en littérature jeunesse, présidente de l'Association du Festival du Livre de jeunesse et de bande dessinée de la ville de Cherbourg-Octeville et auteur de Bulles en stock (Bibliographie sélective et commentée de bandes dessinées, ed. Cedis, 1999) ; elle a aussi chroniqué littérature de jeunesse et bande dessinée dans la revue Inter CDI pendant plus de quinze ans.

 

http://www.geraldine-mccaughrean.co.uk/

http://www.pocket.fr/

http://www.ricochet-jeunes.org/entretien.asp?id=120

Les livres de James Matthiew Barrie

Romans, chroniques et essais
Better Dead, roman, 1887
Auld Lichts Idylls, roman, 1888
When a man’single, roman, 1888
An Edinborth eleven, essai, 1888
A window in thrums, roman, 1889
My Lady Nicotine, chronique, 1890
The little minister, roman, 1891
Sentimental Tommy, roman, 1896
Margaret Ogilvy, souvenirs, 1896 (ouvrage traduit en français - Mercure de France en 1907)
Tommy and Grizel, roman, 1900
The little white bird, roman, 1902
Peter Pan in Kensington Garden, roman, 1906
Farewell, Miss Kuly Logan, nouvelle, 1931
The Greenwood hat, souvenirs, 1937
M’Connache and H.B.M., discours, 1938

Pièces de théâtre
The little minister, 1897
Quality street, 1902
The Admirable Crichton, 1902
Peter Pan, 1904
Alice-Sit-By-The-Fire, 1908
What every woman knows, 1916
A kiss for Cinderella, 1917
Dear Brutus, 1920
Mary Rose, 1920
The boy David, 1936