|
Le
Centenaire de Peter Pan
ou Peter Pan le retour…
Au début du XXe siècle, Peter Pan fait de James Matthew
Barrie l’un des auteurs les plus célèbres d’Angleterre.
En 1929, Barrie décide de céder les droits de Peter
Pan à un hôpital pour enfants de Londres, le Great
Ormond Street Hospital Children’s Charity.
En 2004, le même hôpital organise une compétition
mondiale pour écrire la suite du livre de Barrie. Geraldine
McCaughrean a relevé ce défi et convaincu le jury.
Elle a été secrétaire, enseignante, journaliste,
a travaillé pour une maison d’édition anglaise.
Aujourd’hui elle se consacre uniquement à l’écriture
et elle a signé une bonne centaine de livres, traduits dans
26 langues. L’Habit rouge de Peter Pan
sort ce mois en France et dans vingt-deux autres pays, à
l’occasion du centenaire de Peter Pan. Précisons que
les droits du livre seront directement reversés à
l’hôpital pour enfants Great Ormond Street à
Londres.
L’Habit rouge de Peter Pan.
Vingt ans auparavant,
Wendy, John, Michaël sont revenus du Pays Imaginaire avec les
Garçons Perdus que leurs parents ont accepté d’adopter.
Sur l’île où ils ont vécu mille aventures
et affronté le terrible Crochet, ils ont laissé Peter
Pan, leur ami, qui ne veut pas grandir et intégrer le monde
des adultes…
1926. Depuis, Wendy et ses frères ont grandi, eux, parfois
malgré eux. Ils sont devenus des adultes et ont –presque,
oublié leur voyage et leur ami.
Madame Wendy s’est mariée et a une petite fille, Jane.
Ses frères sont devenus des Vieux Garçons respectables,
membres du Club des Messieurs de la rue Grise, près de Picadilly.
Ils sont devenus juge de paix, médecin, employé de
banque ou clarinettiste. Ils sont pour la plupart mariés
et pères de famille. Ils sont désormais des gens Sérieux.
Sauf Michaël, qui est mort à la guerre.
|

lire
aussi
La
Maison à cinq étages
Rageot romans 2006
|
Pourtant,
depuis quelque temps, ces gens sérieux rêvent
! De sirènes, de pirates et de Lagon. Puis retrouvent
des preuves tangibles de leurs perturbations nocturnes dans
leurs lits : un sabre, un bandeau noir ou une robe d’Indienne,
ou des peintures de guerre sur leurs visages au réveil.
Ils rêvent et ne veulent plus dormir !
Comme
toujours en cas de crise, ils s’adressent à Madame
Wendy. Elle est catégorique : si les rêves arrivent
si fort, c’est qu’il y a péril dans le
Pays Imaginaire, c’est que Peter Pan est en danger.
Il faut donc, toutes affaires futiles cessantes, se mettre
en quête de poudre de fée dans les jardins de
Kensington pour réapprendre à voler et partir.
C’est ainsi qu’un beau soir de juin, les Londoniens
qui auraient levé le nez au ciel, auraient pu apercevoir
une petite troupe hétéroclite d’adultes
respectables engoncés dans des habits d’enfants
trop petits !
Quand
ils parviennent au Pays Imaginaire après un vol sans
histoires, ils trouvent un monde à l’abandon,
désert, muet. Peter est seul et ne les reconnaît
pas. Puis on refait connaissance, chacun retrouve son âme
et son corps d’enfant et le jeu reprend : on serait
des aventuriers, on voyagerait et on combattrait le dragon…
|
Soudain surgit
un curieux personnage, Monsieur Effilo, directeur de cirque : «
une silhouette au contour onduleux… un costume extraordinaire
aux manches trop longues qui cachaient les mains de l’homme,
et dont l’ourlet lui tombait sur les talons. Des milliers
de brins de laine frisottés rendaient floue la frontière
entre l’individu et la pénombre […] il ressemblait
plus à une vieille dépouille de mouton suspendue à
un fil barbelé qu’à un homme. »
Cet homme mystérieux, obséquieux avec Peter, à
la personnalité complexe, entraîne Peter, Wendy et
les autres dans un épopée au cours de laquelle ils
naviguerons à bord du vieux Joyeux Corsaire, ils croiseront
des îlots flottants, aborderont au Labyrinthe des Sorcières
balisé par les carcasses de milliers de landaus, où
errent toutes les gouvernantes qui ont jadis égaré
un enfant. Ils se lanceront aussi dans une périlleuse chasse
au trésor au dénouement inattendu, affronteront des
hordes de fées et des Rugisseurs, se battront avec leurs
propres démons, leurs ombres et leurs désirs les plus
secrets.
Ecrire la suite d’un tel monument de la littérature
de fantaisie, voilà qui n’était guère
évident. Pourtant Géraldine McCaughrean s’en
tire plutôt bien. Elle construit un récit qui est à
la fois un conte, un bon roman d’aventures très inventif,
et un parcours initiatique. Elle réussit de très jolis
moments, à la fois poétiques et nostalgiques, comme
le Labyrinthe des Sorcières. Son récit est pimenté
d’un humour très anglais et l’on y retrouve la
même tonalité un peu mélancolique que dans le
Peter Pan de Barrie. Le personnage de Peter est plus complexe aussi,
oscillant entre plusieurs âges à cause du fameux habit
rouge qu’Effilo le fait porter, mais il est toujours aussi
seul et isolé dans sa farouche volonté de rester à
jamais un enfant.
Retour
en arrière…
Pour beaucoup,
petits et grands, Peter Pan, c’est un petit garçon
tout vert qui vole dans un film pour les enfants. Un film d’animation
de Walt Disney bien sûr, tout comme Blanche Neige, Aladdin
ou Le Bossu de Notre-Dame. Les références sont avant
tout cinématographiques et ceux-là tombent des nues
quand on leur explique que ces héros appartiennent avant
tout à la littérature : contes ou romans nés
de la plume habile de grands auteurs ! Or, lorsque l’on s’intéresse
à ce garçon qui ne voulait pas grandir, dans le Pays
de Nulle Part, et que l’on retourne au texte de James
Matthew Barrie, on découvre un récit d’une
grande richesse - que l’on peut lire et qui a été
lu à plusieurs niveaux y compris par des psychanalystes -
et un écrivain à l’imagination féconde,
hanté par des fêlures d’enfance.
Peter Pan, ce fut tout d’abord une pièce de théâtre
qui remporta un énorme succès lors de sa création
à Londres en 1904. Peter Pan, c’est aussi une part
importante du patrimoine littéraire britannique. Peter Pan,
c’est enfin un homme, James Matthew Barrie, qui n’a
peut-être jamais souhaité grandir lui non plus ! Retrouvons-nous
dans la capitale du glorieux empire britannique, à la fin
du XIXème siècle en pleine époque victorienne,
et plongeons dans le monde de l’enfance …
Un jardin
extraordinaire
Dans la partie ouest de Londres se trouve le très respectable
et très chic quartier de Kensington, qui se développa,
dès la fin du XVIIe siècle, autour de Kensington Square.
C’est dans ce quartier fort prisé que la famille royale
d’Angleterre tint sa résidence principale avant de
s’installer à Buckingham Palace. C’est là
aussi que naquit la reine Victoria.
Aujourd’hui encore, Kensington est un quartier riche et fort
cher, composé de jolies rues résidentielles.
Au nord de cet îlot bon teint typiquement british, se trouvent
les Kensington Gardens, les fameux jardins que James Matthiew Barrie
a immortalisés dans son œuvre.
Comme à l’époque où Barrie s’y
promenait avec les enfants de ses amis, ce parc est toujours le
domaine de prédilection des enfants de la bourgeoisie londonienne,
un lieu très chic où l’on organise tout l’été
des spectacles de marionnettes et où les bateaux voguent
à l’aventure sur le Boating Pond (l’étang
des petits bateaux).
|
|
«
Les Jardins sont une contrée immense et redoutable,
avec des milliers et des milliers d'arbres ; d'abord vous
arrivez aux Figues, mais vous ne daignez pas vous y arrêter,
car les Figues sont l'apanage des petits personnages, qui
s'interdisent tout commerce avec le commun des mortels. Ce
nom de Figues vient, selon la légende, de ce qu'on
y a planté des Figuiers. Ces raffinés sont eux-mêmes
appelés dédaigneusement Figues par David et
d'autres héros, et vous serez au fait des us et coutumes
de ce clan Dandy des Jardins, quand je vous aurai dit que
le cricket est appelé par eux Crickets. Il arrive quelquefois
qu'une Figue rebelle passe par dessus la haie et pénètre
dans le monde, comme Miss Mabel Grey dont je vous parlerai
quand nous serons à la porte de Miss Mabel Grey. Elle
fut la seule Figue qui fût réellement célèbre.
»
Peter Pan dans les jardins de Kensington, 1904 |
C’est
dans ce grand parc que l’on trouve la statue de Peter Pan.
Cette œuvre en bronze signée George Frampton a été
inaugurée en grande pompe au printemps 1912. C’est
Barrie lui même qui en a contrôlé la réalisation
et le sculpteur a travaillé d’après des photographies
que le dramaturge avait prises quelques mois auparavant de Michaël
Llewelyn-Davies, le dernier fils de sa chère amie Sylvia.
Pourtant le résultat n’a pas vraiment satisfait Barrie
qui disait ne pas retrouver dans ce petit faune de bronze le démon
qui hantait Peter. Quoi qu’il en soit, Peter Pan, véritable
héros national, veille à jamais sur les jardins où
il a passé toute son enfance et que son créateur a
arpentés une bonne partie de sa vie.
James
Matthew Barrie
Il naît
le 9 mai 1860 à Kirriemuir, un petit village écossais
du comté d’Angus. Il est le neuvième enfant
de David Barrie, un modeste tisserand, et de Margaret Ogilvy, une
femme fantasque qui voue un amour exclusif à l’un de
ses autre fils, David, né en 1853, délaissant donc
les autres.
James est un garçon plutôt fluet dont la tête
paraît très grosse par rapport au corps. Il a pourtant
des traits fins, des cheveux noirs et des yeux clairs très
enfoncés dans leurs orbites.
Margaret est une lectrice passionnée et, chaque soir, elle
lit des histoires à ses enfants et à son mari, surtout
des romans d’aventures dont elle raffole. C’est ainsi
que James rêve, voyage en imagination et emmagasine de la
matière qu’il réutilisera par la suite dans
son œuvre littéraire.
Son enfance
est marquée à jamais par un drame : en janvier 1866,
son frère David meurt d’une chute sur la glace. Margaret,
ayant perdu son fils préféré, se retranche
alors dans sa douleur, hors du monde et elle a bien du mal à
s’occuper des autres, dont James qui, lui, est bien vivant.
Le garçon se réfugie alors dans le rêve et le
monde de la fantaisie.
A la fin de ses études en 1882, James décide de se
consacrer entièrement à l’écriture. Il
devient tout d’abord journaliste à Edimbourg, puis
à Nottingham où il travaille au Nottingham Journal.
A cette époque il entreprend un roman en trois volumes très
largement autobiographique qu’il publie d’abord en feuilleton
dans son journal. Parallèlement, il place quelques articles
dans des journaux londoniens.
Il s’installe
à Londres en 1885 et poursuit son activité journalistique.
Il publie une chronique sur la vie de la communauté religieuse
de son village natal, Communaute Auld Licht. Cette chronique très
humoristique qui démontre d’une réelle faculté
d’observation, remporte un vif succès auprès
d’un public anglais avide d’exotisme. Il publie ensuite
des romans : Better Dead, en 1877, A Windows in thrums,
en 1878, Auld Licht iddylls, en 1888, et The Little
minister, en 1891. Ce dernier roman connaît le succès,
tant chez le public londonien que dans la critique, ce qui permet
désormais à Barrie de vivre très confortablement
de sa plume ; il s’installe alors dans un appartement cossu
de Kensington. Il continue néanmoins à écrire,
se lançant dans le théâtre.
C’est à l’occasion de la création de sa
pièce Walker London, le 25 février 1892 qu’il
tombe amoureux de son interprète féminine, Mary Ansell,
à laquelle il va faire une cour assidue et qu’il finira
par épouser en 1894.
La pièce suivante, A professor’s love story
est également un grand succès et le jeune couple peut
s’installer dans une grande maison de Kensington que Mary
entreprend de redécorer entièrement et où elle
reçoit beaucoup. Les deux époux s’éloignent
l’un de l’autre, conscients que leur mariage est un
échec. Barrie se réfugie dans le travail, termine
un autre roman, Sentimental Tommy, fait de longues promenades
mélancoliques avec son chien Porthos dans les beaux Jardins
de Kensington où l’homme et le chien sont connus de
tous les enfants.
|
|
«
Vous verrez par vous-mêmes qu'il vous sera difficile
de suivre les aventures de Peter Pan si vous n'êtes
pas familiers avec les Jardins de Kensington. Ils sont à
Londres,où vit le Roi, et j'avais l'habitude d'y mener
David presque chaque jour, à moins qu'il ne fut vraiment
trop mal disposé. Aucun enfant n'a jamais fait le tour
des Jardins, parce qu'on est obligé de rentrer trop
tôt, c'est que, si vous êtes petit comme David,
vous dormez de midi à une heure. Si votre mère
n'était pas aussi sûre que vous dormez de midi
à une heure, vous pourriez plus probablement faire
le tour complet des Jardins »
Peter Pan dans les jardins de Kensington, 1904 |
Barrie commence
ensuite un récit autobiographique, Margaret Ogilvy par
son fils. En septembre 1896 meurent à cinq jours d’intervalle
la sœur et la mère de l’écrivain. En 1898,
James M. Barrie est un auteur très connu et estimé
en Angleterre. C’est à cette époque de notoriété
qu’il fait la connaissance de la famille Llewelyn-Davies.
Arthur, le père, est un jeune avocat au brillant avenir ;
Sylvia, la mère, est une très belle femme avec laquelle
Barrie restera très lié jusqu’à la fin
de sa vie. Sylvia est la fille de Georges Du Maurier, l’écrivain
anglais d’origine française, auteur de Peter Ibbetson
et de Trilby. Le couple a trois garçons, Georges,
Jack et Peter. Barrie tombe rapidement sous le charme de Sylvia
et de ses garçons, auxquels il rend visite presque tous les
jours et pour lesquels il invente toutes sortes d’histoires.
C’est pour eux qu’il écrit le conte Le Petit
oiseau blanc, centré sur l’idée poétique
et mélancolique qu’à leur naissance, les enfants
sont d’abord des oiseaux et qu’ils perdent ensuite leurs
ailes. On trouve déjà dans ce texte toute la matière
de Peter Pan.Deux autres garçons naissent un peu plus tard
: Michaël et Nicholas.
La pièce Peter Pan est créée
le 27 décembre 1904, au Duke of York. Il s’agit d’une
féérie en cinq actes : La Nursery – Le Pays
imaginaire – Le Lagon aux sirènes – La maison
souterraine – Le bateau pirate. Elle comporte un dispositif
scénique très compliqué et une distribution
impressionnante : la famille Darling, Peter, la fée Clochette,
les Enfants perdus, les pirates et le capitaine Crochet, deux Peaux-Rouges,
des Belles-mamans, un crocodile, une autruche, une meute de loups
! La pièce est un véritable triomphe, aussi bien en
Angleterre qu’aux Etats-Unis où elle sera créée
plusieurs mois plus tard. Pendant de longues années, la pièce
est reprise à Londres, toujours avec le même succès.
En 1909, Mary Barrie demande le divorce en argumentant sur la non
consommation de son mariage. James quitte alors la maison de Kensington
et s’installe dans un appartement en plein cœur du West
End. Sa fortune est désormais considérable et il est
fait baronnet de Sa Majesté le roi George V en 1913. Entre
temps, il a perdu sa chère amie Sylvia en août 1910,
qui n’a pas résisté à la mort de son
mari quelques mois auparavant. James M. Barrie devient alors officiellement
le tuteur et le père des cinq garçons Llewelyn-Davies,
ce qu’il souhaitait depuis longtemps.
En mars 1915, Georges, l’aîné des garçons,
meurt à la guerre. En 1921, Michaël se suicide par noyade
avec son ami ; les journaux londoniens titrent à cette occasion
sur la disparition tragique de « l’un des garçons
ayant inspiré à Sir James Barrie son Peter Pan ».
Très affaibli et désespéré par ces drames
et par des bronchites chroniques dues à l’abus de tabac,
sa « Lady Nicotine » comme il l’a appelée
tout au long de sa vie, Barrie meurt en 1936.
Pour en savoir plus sur ce personnage singulier à plus d’un
titre, on peut lire la biographie que François Rivière,
grand spécialiste de la littérature britannique et
de l’Angleterre victorienne, lui consacra en 1991 : J.M.
Barrie, l’enfant qui ne voulait pas grandir,
publiée chez Calmann-Lévy.
…
Et Peter Pan ?
Voici ce qu’écrivait
Barrie lui-même pour le programme de Peter Pan lors de sa
représentation à Paris en 1908 : « Peter
Pan ou le garçon qui ne voulait pas grandir est une pièce
pour enfants et pour ceux qui autrefois l’ont été,
écrite par un auteur qui entend rester un enfant. Tout au
long de notre enfance, nous prétendons tous les jours être
des pirates ou des Peaux-Rouges ou des mamans et toutes les nuits
nous rêvons encore de ces mêmes rôles. Mais il
y a surtout une étrange et magique demi-heure, entre le jour
et la nuit, entre la veille et le sommeil, quand l’enfant,
les yeux grands ouverts dans son lit, voit le jeu et le rêve
se fondre en un, un monde de l’imagination devenir réalité.
C’est cette demi-heure que la pièce tente de recréer.
»
«
Tous les enfants, sauf un grandissent. »
Ainsi commence le texte de la novélisation que Barrie a écrite
lui-même quelques années après la création
de la pièce. Le début de l’action se déroule
à Londres, au début du XXe siècle. Nous pénétrons
dans la confortable maison des Darling à Bloomsbury Square,
tout près du British Museum. Dans la famille Darling, il
y a George Darling, un homme très entier et excessif dans
ses réactions qui n’hésite pas à vivre
quelque temps dans la niche du chien pour se punir de l’avoir
enfermée un soir, ce qui provoqua l’envol de ses trois
enfants ; madame Darling, une jolie femme douce et aimante qui rêve
parfois de Peter Pan –sans doute parce qu’elle l’a
connu dans son enfance comme toutes les femmes de sa famille, et
leurs trois enfants, Michaël, Wendy et John.
|
|
«
Ce rêve en lui-même, était jusque-là
sans conséquence mais, tandis qu’elle rêvait,
la fenêtre de la nursery s’ouvrit à la
volée et un petit garçon atterrit sur le sol.
Une lumière bizarre, pas plus grosse que le poing,
l’escortait, palpitant de toutes parts à travers
la pièce comme une créature vivante, et sans
doute est-ce cette lumière qui réveilla Mme
Darling. Elle se dressa sur son séant en poussant un
cri, vit le petit garçon et comprit aussitôt
que c’était Peter Pan. […] C’était
un gracieux enfant, vêtu de feuilles sèches jointes
avec la sève suintant des arbres, mais l’essentiel
de son charme tenait à ses dents de lait qu’il
avait au grand complet. Lorsqu’il vit qu’il avait
affaire à une grande personne, le nouveau venu la gratifia
d’un grincement de toutes ses petites perles laiteuses.
»
Peter Pan, traduction de Henri Robillot, Gallimard
jeunesse, Folio junior, 1988 |
Ce soir-là,
les Darling doivent aller dîner chez des amis, un peu plus
loin dans la rue, laissant les enfants à la bonne garde de
la chienne Nana qui fait aussi office de nurse. C’est alors
qu’arrive Peter Pan, accompagné de Tinker Bell, le
fée Clochette. Peter est déjà venu chez les
Darling mais la dernière fois, Nana en bonne gardienne dont
l’instinct a dû lui dire que cet enfant-là était
une menace, lui a arraché son ombre. Peter vient donc chercher
son ombre que Wendy, en petite maman attentive, lui recoud point
à point. Peter ayant recouvré son ombre confie à
Wendy qu’il a peu connu ses parents et qu’il s’est
enfui de chez lui très jeune.
« C’est
parce que j’ai entendu mon père et ma mère,
expliqua-t-il à voix basse ,parler de ce que je ferais quand
je serais devenu un homme.
Il était tout à coup en proie à une vive agitation.
- Je ne veux pas devenir un homme … jamais, dit-il avec passion.
Je veux rester pour toujours un petit garçon et m’amuser.
Alors, je me suis sauvé à Kensington Gardens et j’ai
vécu longtemps avec les fées. »
Peter Pan, traduction de Henri Robillot, Gallimard jeunesse, Folio
junior, 1988
Dès qu’elles
sont en présence l’une de l’autre, Wendy et Clochette
se détestent franchement. Pourtant Peter invite Wendy et
ses frères à voler jusqu’au Pays Imaginaire
qu’ils atteignent au matin. « Ils volaient au-dessus
de l’île redoutée, si bas que, parfois, la cime
d’un arbre leur effleurait le visage. Nul danger n’était
visible dans les airs et, pourtant, ils n’avançaient
plus qu’avec peine comme s’ils avaient à lutter
contre de mystérieuses forces hostiles. »
Ils font connaissance avec leur nouvel environnement, rencontrent
les Enfants Perdus, dont Wendy va prendre soin comme une mère
: Laflûte, Lebec, Flocon, Frison et Les Jumeaux ; ils vont
affronter les Pirates : Cecco, Le Noir, Bill l’Escarpe, Flint,
La Teigne, Cookson, Black Murphy, Lucarneau, Le Plouc, Bob la Gamberge,
All Mason, Smee et bien sûr, le terrible Jack Crochet, à
la voix implacable, qui veut la peau de Peter ; ils font aussi la
connaissance des Peaux-Rouges, les Indiens de la tribu des Negritos,
Big Little Panther et Lys tigré.
Lorsque Wendy et ses frères rentrent chez eux à Londres
après des aventures riches en émotions et en expériences
toutes nouvelles, ils emmènent avec eux les Garçons
que Wendy veut absolument faire adopter par ses parents. Wendy,
de tout son cœur, souhaiterait par-dessus tout que Peter reste
chez elle aussi ; sa mère accepte mais Peter est réticent
:
« -
Et vous m’enverrez à l’école ? demanda-t-il
d’un ton méfiant.
- Oui.
- Et ensuite dans un bureau ?
- Je suppose, oui.
- Et bientôt,je deviendrai un homme ?
- Bientôt, c’est vrai.
- Je ne veux pas aller à l’école et apprendre
des choses sérieuses, dit-il d’un ton passionné.
Je ne veux pas être un homme. Oh !mère de Wendy, si
j’allais me réveiller et sentir que la barbe pousse
à mon réveil ! »
Wendy et Peter
se revoient de temps en temps. Mais Wendy vieillit, se marie, a
des enfants à son tour, une fille qui va elle aussi apprendre
à voler pour entreprendre son voyage initiatique au Pays
de Nulle part. Wendy n’oublie jamais Peter, celui qu’elle
a aimé et qui restera à jamais figé dans le
temps de l’enfance.
Peter
Pan, dans les livres
Il existe
quantité d’adaptations, de relectures de Peter Pan,
plus ou moins fidèles, dans des éditions variées,
allant de l’album cartonné illustré pour les
petits jusqu’aux lectures et interprétations psychanalitiques
savantes pour les adultes.
|

Le
petit oiseau Blanc (Ed.terre de Brume, 2006)
roman inédit en France. Un fragment de ce récit,
les chapitres centraux consacrés à Peter Pan,
a été publié sous le titre Peter
Pan dans les Jardins de Kensington.
|
Peter
Pan dans les jardins de Kensington. –
Larousse, 1988 (Classiques junior)
Le
conte est écrit à la première personne.
Le narrateur s’adresse à un jeune garçon,
David. Le premier chapitre est entièrement consacré
à la description des jardins de Kensington. Ils sont
tellement grands selon le narrateur qu’il est quasiment
impossible aux enfants d’en faire le tour. On y trouve
toutes sortes de lieux extraordinaires, merveilleux et exotiques
qui appartiennent aux enfants le jour et qu’investissent
la nuit les habitantes permanentes des jardins : les fées.
A son arrivée dans les jardins après qu’il
a quitté ses parents, Peter, né avec le don
de voler, n’est pas très bien reçu : il
effraie les fées qui se méfient à juste
titre des humains. Il rencontre alors le corbeau Salomon Cow
qui lui fait comprendre qu’il est bien un garçon
humain et non un oiseau. Lorsqu’il entend cela, Peter
perd confiance en lui et ne sait plus voler. Il devient alors
un petit Entre-les-Deux. Plus tard, lorsqu’il aura gagner
leur confiance, les fées permettront à nouveau
à Peter de voler pour retourner chez lui car Peter
désire retrouver sa mère. |
Peter
Pan. – Flammarion, 1999 (Castor Poche) 5,50
euros
Peter
Pan - traduction de Henri Robillot ; illustrations
de Jan Ormerod. – Gallimard jeunesse, 1997 (Folio junior)
6 euros
Henri Robillot a également écrit une version française
théâtrale en 2000 pour le
théâtre Am Stram Gram à Genève. La
pièce s'est jouée en octobre 2000, puis a été
reprise en 2005, dans une mise en scène de Jean Liermier.
Peter
Pan / trad. de Yvette Métral. – Flammarion,
2003 (Librio) 2 euros
Le texte intégral du roman.
| 
|
Peter
Pan : Ou le garçon qui ne voulait pas grandir
trad. de franck Thibault. – Terre de brume,
2004 17 euros
Une
très belle édition du roman que l’éditeur
breton présente ainsi : " Peter Pan a 100
ans et pas une ride... Après une première apparition
en 1902 dans Le Petit Oiseau blanc, c’est grâce
à la pièce de théâtre Peter Pan,
dont la première eut lieu en décembre 1904,
que le héros de l’Écossais James Matthew
Barrie va connaître une renommée durable et internationale.
L’adaptation romanesque, Peter and Wendy, de 1911, puis
le dessin animé de Walt Disney, ne viendront que couronner
un succès théâtral sans précédent.
Ce texte demeure donc une œuvre incontournable de notre
imaginaire moderne (l’on parle aujourd’hui de
«complexe de Peter Pan »), mais qui ne doit pas
être considérée uniquement comme enfantine.
En effet, l’ironie permanente de l’auteur, l’ambiguïté
des personnages et le travail d’écriture théâtrale
assez complexe, font que cette pièce est tout autant
destinée aux adultes qu’aux enfants.
|
C’est
d’ailleurs ce que remarquait George Bernard Shaw lui-même
dans l’une de ses lettres à August Strindberg: «
Voici quelques années, l’un de nos auteurs les
plus fameux, J. M. Barrie, a composé une pièce pour
les enfants, Peter Pan, qui a connu un énorme succès
et qui est jouée chaque année pour Noël, comme
un divertissement pour le petit monde, mais qui est à mon
sens un authentique spectacle pour adultes. » "
Les albums illustrés
| 
|
Peter
Pan : Au Pays Imaginaire / trad. de Frédérique
Fraisse, illustration de Namrata Tripathi. – Albin Michel,
2004
Adaptation de quelques moments de l’histoire de Peter
Pan, illustrée de séquences tirées de
l'adaptation cinématographique du classique de J.M.
Barrie.
Peter
Pan : L'Album du film / adaptation de Namrata Tripathi
; trad. de Frédérique Fraisse. – Albin
Michel, 2004
Un album tiré de l’adaptation cinématographique
de P.J. Hogan en 2004, avec Jeremy Sumpter, Jason Isaacs et
Ludivine Sagnier, abondamment illustré de photos du
film. Même concept que le précédent, pour
des lecteurs un peu plus âgés que le titre précédent. |
Peter
Pan / illustrations de Susanne Janssen. –
Etre, 2005
Ce gros et beau livre, qui donne le texte intégral de Barrie,
dans la traduction de Henri Robillot, est illustré par l’artiste
allemande Susanne Janssen, qui vit à Aix La Chapelle et dont
l’œuvre a été maintes fois saluée
et récompensée. Son univers graphique très
particulier fait ressortir tout ce que le conte recèle d’inquiétant,
de fantastique et de désespéré.
Peter
Pan / trad. de Yvette Métral ; ill. de Stéphane
Girel, Flammarion jeunesse, 2004
Traduction de la version intégrale du conte de James Barrie,
illustrée par Stéphane Girel. L’album se lit
et se regarde avec plaisir. Les aventures de Peter Pan, cet éternel
enfant, sont pleines de leçons : la vanité est un
vilain défaut, l'orgueil ne paye pas, l'amour maternel est
indispensable aux enfants, l'entraide et l'amitié triomphent
toujours. Pour de bons lecteurs car le texte est dense et la langue
riche.
Les
romans inspirés de Peter Pan
Hook
ou La Revanche du capitaine Crochet de Geary Gravel,
Flammarion, 1999 (Castor poche)
Novélisation du film de Steven Spielberg, avec Dustin Hoffman,
Robin William et Julia Roberts, sorti en 1992. Peter Pan a grandi
et il est devenu un homme d’affaire. Une nuit ses enfants
sont enlevés chez Wendy par le Capitaine Crochet. Peter doit
retourner au Pays Imaginaire pour affronter une fois de plus son
ennemi et délivrer ses enfants.
| 
|
Les
Ailes de Peter Pan, de François Rivière
et Françoise Balibar / ill. de René Follet.
– Seuil jeunesse, 1999
Le héros
de cette histoire bien mystérieuse est James Matthew
Barrie lui-même. Nous sommes en octobre 1912 à
Londres. Barrie vit au dernier étage d’un immeuble
et vient d’engager un nouveau maître d’hôtel.
Ce dernier, Frank Riderick, a un rêve : renouer avec
le projet d’Icare, voler grâce à des ailes
artificielles. Parallèlement, l’un des amis de
Barrie, Charles Purley Smith reçoit des menaces par
téléphone et Barrie pense être victime
d’un complot.
|
Au théâtre,
le Duke of York, on répète dans la fièvre Peter
Pan. Purley mène l’enquête. Le récit
mêle habilement les éléments biographiques de
la vie de Barrie et une intrigue policière bien ficelée.
Un bel album, très joliment illustré de dessins en
noir et blanc de Follet, dessinateur talentueux.
CyberPan,
de Fabrice Colin. – Mango, 2003 (Autres mondes)
L’œuvre
de Fabrice Colin a à
voir avec celle de Barrie, elle est parcourue par un thème
récurrent : la nostalgie de l’enfance qu’il faut
pourtant se résoudre à quitter un jour pour grandir
et devenir adulte.
Peter Pan est donc un texte qui devait forcément
un jour l’inspirer. Fabrice Colin revisite encore différemment
cette œuvre si riche, en choisissant d’écrire
un roman de SF, dont le personnage principal est Wendy, 14 ans,
la narratrice. La cité luxueuse, aseptisée et protégée
par un mur d’enceinte, où résident Wendy et
sa famille, se nomme Harmony. A l’extérieur survivent
les pauvres et les exclus. Wendy rencontre Peter dans un centre
pour enfants inadaptés, cassés, perdus, rejetés.
Personne ne sait qui il est ni d’où il vient ; il est
apparemment autiste, mais semble reconnaître Wendy et la supplie
de l’emmener. Plus tard, échappé du centre,
il rejoint Wendy et l’emmène sur une île perdue
ne figurant nulle part. Le Paradis, cette île ? C’est
ce que les apparences laisseraient croire. Mais Wendy se heurte
rapidement à une volée de questions embarrassantes
: pourquoi l’île est-t-elle truffée de caméras
? Pourquoi des enfants sont-ils enfermés dans un laboratoire
secret ? Qui est en réalité le capitaine Crochet qui
a jeté son dévolu sur elle ? Wendy apprend à
se méfier des apparences et de ceux qu’elle croise
en chemin. Peter, quant à lui, est insaisissable. Il n’a
qu’une idée en tête : affronter Crochet.
| 
|
Bien
des thèmes se croisent et s’entremêlent
dans ce beau roman, à la fois émouvant et insolite
: une réflexion sur les lieux de vie que l’on
se crée où, finalement l’on ne peut exister
vraiment. La cité d’Harmony et le Pays de Nulle
Part se seraient-ils pas deux facettes d’une même
virtualité ? Colin y aborde aussi la place de l’être
humain, mis en danger par les manipulations de toutes sortes
auxquelles se livrent de pseudo scientifiques. Enfin, le roman
est dominé par le personnages très fort de Wendy,
cette gosse de riches qui pressent tout d’abord confusément
que ce qu’on lui propose comme vie n’est pas celle
qu’elle veut se choisir et qui, parfois douloureusement,
fait l’expérience de l’amour et de la naissance
du sentiment maternel.
|
Les
ombres de Peter Pan : Vingt et un récits.
– Mnémos, 2004
Anthologie de 21 nouvelles signées Richard Comballot, Jean-Pierre
Andrevon, Ayerdhal, Jacques Barbéri …, qui proposent
des visions très personnelles de Peter Pan et parfois, de
recréations inattendues. Nouvelles ironiques, cyniques, douces-amères,
parfois sombres, toutes résolument modernes.
Les Jardins de Kensington
de Rodrigo Fresan. trad. de l’ang.– Seuil, 2004
Peter Hook est un auteur de livres pour enfants, qui aime particulièrement
l’histoire de Peter Pan. Il raconte une nuit à son
petit garçon l’histoire de James M. Barrie. Parallèlement
il utilise sa propre vie pour raconter l’histoire de son personnage,
Jim Yang, qui voyage dans le temps pour ne pas grandir.
La vieillesse de Peter Pan,
de Clotilde Escalle. – Le Cherche midi, 2006
Ce roman très noir met en scène un inspecteur de police
désabusé, revenu de toutes les misères humaines.
Pourtant, son cynisme n’est qu’une armure pour se protéger.
Aussi, quand il découvrira le journal intime de l’une
des personnes assassinées par, sans doute, le même
tueur, il se laissera aller à l’émotion et son
enquête prendra une autre tournure, plus personnelle.
Les
essais
Peter Pan, loin d’être un personnage mièvre et
un enfant heureux, et Barrie, dont l’enfance et la vie n’ont
pas été non plus très gaies, ont forcément
attiré l’attention de psychologues qui en livrent des
lectures intéressantes et éclairantes.
Le
syndrome de Peter Pan, de Dan Kiley. – Odile
Jacob, 2000
Psychologue célèbre aux Etats-Unis, l'auteur s'est
penché sur ces hommes qui ont refusé de grandir pour
découvrir les causes de leur blocage et les moyens de les
en sortir. Il a d’ailleurs appelé cette maladie le
SPP, ou syndrome de Peter Pan. Il livre ici les fruits de ses observations.
Peter
Pan ou l'enfant triste, de Kathleen Kelley-Lainé.
– Calmann-Lévy, 2005
Une nouvelle interprétation du mythe de Peter Pan : comme
Peter Pan, l'enfant triste est en apparence un enfant léger,
gai, innocent et sans cœur qui, à la suite d'une tragédie
ou parce qu'il a été sommé de devenir trop
brutalement adulte, s'accroche désespérément
au pays de son enfance. Il lui est impossible de pleurer, alors
il choisit de ne rien ressentir. Il s'envole et enterre sa tristesse
dans ce lieu secret, inaccessible, le Jamais-Jamais de son enfance.
Kathleen Kelley-Lainé suit de près les envols de Peter
Pan, afin de découvrir l'enfant triste derrière les
sourires aux dents de lait. Elle pénètre le cœur
sombre de James Matthew Barrie, le créateur de Peter Pan.
Peter
Pan en bande dessinée
Aujourd’hui
il n’existe pas d’adaptation fidèle au conte
de Barrie. La seule date de 1990 chez Alpen Publisher, maison d’édition
aujourd’hui disparue. Peut-être peut-on encore trouver
cet album chez les bouquinistes ou dans des bibliothèques.
Il est signé François Rivière, Jean-Pierre
Dannard et François Pierre et s’intitule Le
Lagon aux sirènes. L’album reprend très
précisément la trame du roman : la nursery des enfants
Darling à Bloombury et la fidèle Nana endormie ; l’arrivée
de Peter et de Clochette, puis la découverte du Pays Imaginaire,
une copie des Jardins de Kensington, des Garçons Perdus,
du Capitaine Crochet et de ses pirates, du crocodile, des Indiens
et des Sirènes.
Deux grands auteurs ont utilisé le thème de Peter
Pan dans des récits de facture différente, en y mêlant
leurs propres préoccupations et leurs univers. Il s’agit
de Régis Loisel et de Cosey.
Régis Loisel est l’auteur de la série Peter
Pan, publiée chez Vents d’ouest à
partir de 1990 et toujours disponible. Six albums composent cette
série : Londres – Opikanoba – Tempête
– Mains rouges – Crochet – Destins.
| 
|
Il
ancre le récit dans un XIXe siècle londonien
très réaliste et fait renaître Peter sous
les traits d’un garçon de Whitechapel, l’un
des quartiers les plus pauvres et sordides de Londres. Peter
n’a pas de père, sa mère est alcoolique
et prostituée. Grâce à son imagination
et à ses lectures, Peter survit et garde sa candeur
et sa naïveté. Son ami, le docteur Kundall, l’aide,
le nourrit tant au plan terrestre qu’intellectuel puisqu’il
lui apprend à lire et lui donne ainsi la clé
des livres. Peter aime aussi raconter des histoires à
d’autres gosses aussi malheureux que lui et il s’invente
une maman douce et aimante. Il rencontre un jour la jolie
fée Clochette qui l’entraîne dans son sillage
vers le Pays de Nulle Part. |
Cosey a signé
en 1993 un récit plus intimiste publié au Lombard
en deux volumes dans la collection Signé : A
la recherche de Peter Pan.
L’histoire, découpée en dix chapitres introduits
par un court extrait du Peter Pan de Barrie, se déroule
dans les Alpes valaisannes peu avant 1930. Il s’agit d’une
quête : un jeune écrivain anglais, dont les deux premiers
romans ont connu quelque succès, Melvin Z. Woodworth, arrive
dans le petit village d’Ardolaz sur les traces de son demi-frère
Dragan, qui avait quitté Londres quelques années auparavant
pour se consacrer tout entier à la musique. Melvin retrouve
la tombe de Dragan dans le cimetière du village. Il s’installe
à Ardolaz et consacre ses soirées à relire
Peter Pan, cadeau que son frère lui avait fait pour
ses dix ans. Ce livre a influencé sa décision de devenir
écrivain.
Melvin retrouve la trace de son frère, découvre qu’il
se livrait à un trafic de fausses pièces en compagnie
d’un vieux faux monnayeur, Baptistin. Celui-ci a une fille,
Evoléna, que Malvin rencontre et qui va hanter ses rêves.
Mais le glacier voisin bouge et le village doît être
évacué. Le trio décide de gagner l’Italie.
Baptistin meurt, Melvin et Evoléna arrivent en Italie où
le jeune homme termine enfin son roman A la recherche de Peter
Pan.
Cosey n’a pas son pareil pour dessiner la montagne et utilise
ce cadre majestueux pour raconter une histoire de famille, construite
en abyme. Le suspense est maintenu durant toute l’histoire
et l’on apprend la véritable histoire de Dragan très
progressivement. Intéressant tant sur le fond que sur la
forme.
articles
de Catherine Gentile
(octobre 2006)
Catherine
Gentile est documentaliste, formatrice en littérature
jeunesse, présidente de l'Association du Festival du Livre
de jeunesse et de bande dessinée de la ville de Cherbourg-Octeville
et auteur de Bulles en stock (Bibliographie
sélective et commentée de bandes dessinées,
ed. Cedis, 1999) ; elle a aussi chroniqué littérature
de jeunesse et bande dessinée dans la revue Inter CDI pendant
plus de quinze ans.

http://www.geraldine-mccaughrean.co.uk/
http://www.pocket.fr/
http://www.ricochet-jeunes.org/entretien.asp?id=120
Les
livres de James Matthiew Barrie
Romans,
chroniques et essais
Better Dead, roman, 1887
Auld Lichts Idylls, roman, 1888
When a man’single, roman, 1888
An Edinborth eleven, essai, 1888
A window in thrums, roman, 1889
My Lady Nicotine, chronique, 1890
The little minister, roman, 1891
Sentimental Tommy, roman, 1896
Margaret Ogilvy, souvenirs, 1896 (ouvrage traduit en français
- Mercure de France en 1907)
Tommy and Grizel, roman, 1900
The little white bird, roman, 1902
Peter Pan in Kensington Garden, roman, 1906
Farewell, Miss Kuly Logan, nouvelle, 1931
The Greenwood hat, souvenirs, 1937
M’Connache and H.B.M., discours, 1938
Pièces
de théâtre
The little minister, 1897
Quality street, 1902
The Admirable Crichton, 1902
Peter Pan, 1904
Alice-Sit-By-The-Fire, 1908
What every woman knows, 1916
A kiss for Cinderella, 1917
Dear Brutus, 1920
Mary Rose, 1920
The boy David, 1936
|