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Les
Subsistances
Laboratoire
de création artistique
8 bis quai Saint-Vincent
69001 Lyon
Billeterie
+33 (0)4 78 39 10 02
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Un projet de la Compagnie IRAKLI
Mise en scène : Pierre Baux
En collaboration avec Célie Pauthe, Violaine
Schwartz, Sébastien Michaud
Musique : Dominique Pifarély
Lumière : Sébastien Michaud
Son : Thierry Balasse
Avec / texte : Pierre Baux, Violaine Schwartz
Violon : Dominique Pifarély
Alto : Claire Merlet
Contrebasse : Hélène Labarrière
Dramaturgie : Brigitte Bercoff
Traducteur : Patrick Quillier
Co-production et résidence Les Subsistances / 2004
/ Lyon.
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Tout grince en moi
Parmi les milliers
de feuilles trouvées pêle-mêle à la mort
de Fernando Pessoa, Pierre Baux ressuscite Le
passage des heures, Ode sensationniste, texte fleuve
qui procède d’un déluge vertigineux de souvenirs,
de visions, de phénomènes de toutes sortes - bref,
de sensations. Cinq personnes sur scène, en imperméables
beiges : deux comédiens - Pierre Baux et Violaine Schwartz,
qui se partagent la voix de Pessoa pour mieux la casser, la malmener,
la pousser à bout - et trois musiciens - le violoniste jazz
Dominique Pifarély, Claire Merlet à l’alto et
Hélène Labarrière à la contrebasse -
pour un spectacle épuré, dans le décor noir
et blanc d’un hangar aux parois invisibles et aux horizons
infinis. Le temps d’une soirée, tout, absolument tout
va se passer.
Pierre Baux, par son interprétation, rapproche d’Artaud
la voix insurgée de Pessoa, tandis que Violaine Schwartz
travaille le mystère et la détresse du sensationniste
portugais. Pessoa (tout au moins sous le nom d’Alvaro de Campos)
n’aime rien ni personne, est distant de tout, ne s’intéresse
à rien : seules comptent, seules demeurent ses sensations.
Il s’agit alors de projeter hors de soi toutes ces sensations
: tout aimer, tout haïr, et plusieurs fois, car les heures
passent et repassent, la mémoire faisant le jeu de l’Éternel
Retour.
La chevauchée des sensations est tour à tour douce
et véhémente, comme sur des vagues tantôt vaguelettes,
tantôt rouleaux ; suivie de près, voire harcelée
dans ses instants de rupture par les cordes aux grincements improvisés,
la double voix se taille son chemin dans la surabondance de l’existence,
jusqu’à, fatalement, hurler son impossibilité
de vivre... Voyage intérieur que ce spectacle porté
par l’intensité de Pierre Baux et par la subtilité
de Violaine Schwartz ; débauche d’images et de cris
qui ne manque pas d’interpeller en chaque spectateur sa “folle
du logis”, son imagination gavée de réel.
Nicolas
Cavaillès
(octobre 2004)
Nicolas
Cavaillès, spécialiste de l'œuvre
de Cioran, lié à la Roumanie et à sa littérature,
poursuit, après des études de lettres et de philosophie,
des recherches autour de l'écriture, des manuscrits et de
la création artistique (critique génétique).

du
même auteur :
Les poèmes d'Alvaro de Campos (C.
Bourgois, 2001)
Le Gardeur de troupeaux (Théâtre)
http://www.les-subs.com/
http://dpifarely.free.fr/accueil.html
http://www.compagnie-irakli.com/
Fernando
Pessoa
http://www.christianbourgois-editeur.fr/ficheauteur.asp?num=49
http://www.theatre-contemporain.net/spectacles/gardeur_de_troupeaux/
http://www.fernando-pessoa.com/
http://www.pum.umontreal.ca/theses/pilote/oddo/these.html
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