Ode sensationniste
texte de Fernando Pessoa (Alvaro de Campos)

du 15 au 23 octobre 2004
Les Subsistances, Lyon

 

Les Subsistances
Laboratoire
de création artistique
8 bis quai Saint-Vincent
69001 Lyon

Billeterie
+33 (0)4 78 39 10 02

Un projet de la Compagnie IRAKLI
Mise en scène : Pierre Baux
En collaboration avec Célie Pauthe, Violaine Schwartz, Sébastien Michaud
Musique : Dominique Pifarély
Lumière : Sébastien Michaud
Son : Thierry Balasse
Avec / texte : Pierre Baux, Violaine Schwartz
Violon : Dominique Pifarély
Alto : Claire Merlet
Contrebasse : Hélène Labarrière
Dramaturgie : Brigitte Bercoff
Traducteur : Patrick Quillier
Co-production et résidence Les Subsistances / 2004 / Lyon.

 

Tout grince en moi

Parmi les milliers de feuilles trouvées pêle-mêle à la mort de Fernando Pessoa, Pierre Baux ressuscite Le passage des heures, Ode sensationniste, texte fleuve qui procède d’un déluge vertigineux de souvenirs, de visions, de phénomènes de toutes sortes - bref, de sensations. Cinq personnes sur scène, en imperméables beiges : deux comédiens - Pierre Baux et Violaine Schwartz, qui se partagent la voix de Pessoa pour mieux la casser, la malmener, la pousser à bout - et trois musiciens - le violoniste jazz Dominique Pifarély, Claire Merlet à l’alto et Hélène Labarrière à la contrebasse - pour un spectacle épuré, dans le décor noir et blanc d’un hangar aux parois invisibles et aux horizons infinis. Le temps d’une soirée, tout, absolument tout va se passer.

Pierre Baux, par son interprétation, rapproche d’Artaud la voix insurgée de Pessoa, tandis que Violaine Schwartz travaille le mystère et la détresse du sensationniste portugais. Pessoa (tout au moins sous le nom d’Alvaro de Campos) n’aime rien ni personne, est distant de tout, ne s’intéresse à rien : seules comptent, seules demeurent ses sensations. Il s’agit alors de projeter hors de soi toutes ces sensations : tout aimer, tout haïr, et plusieurs fois, car les heures passent et repassent, la mémoire faisant le jeu de l’Éternel Retour.

La chevauchée des sensations est tour à tour douce et véhémente, comme sur des vagues tantôt vaguelettes, tantôt rouleaux ; suivie de près, voire harcelée dans ses instants de rupture par les cordes aux grincements improvisés, la double voix se taille son chemin dans la surabondance de l’existence, jusqu’à, fatalement, hurler son impossibilité de vivre... Voyage intérieur que ce spectacle porté par l’intensité de Pierre Baux et par la subtilité de Violaine Schwartz ; débauche d’images et de cris qui ne manque pas d’interpeller en chaque spectateur sa “folle du logis”, son imagination gavée de réel.

Nicolas Cavaillès
(octobre 2004)

Nicolas Cavaillès, spécialiste de l'œuvre de Cioran, lié à la Roumanie et à sa littérature, poursuit, après des études de lettres et de philosophie, des recherches autour de l'écriture, des manuscrits et de la création artistique (critique génétique).

du même auteur :
Les poèmes d'Alvaro de Campos (C. Bourgois, 2001)
Le Gardeur de troupeaux (Théâtre)

http://www.les-subs.com/

http://dpifarely.free.fr/accueil.html

http://www.compagnie-irakli.com/

Fernando Pessoa
http://www.christianbourgois-editeur.fr/ficheauteur.asp?num=49

http://www.theatre-contemporain.net/spectacles/gardeur_de_troupeaux/

http://www.fernando-pessoa.com/

http://www.pum.umontreal.ca/theses/pilote/oddo/these.html