Cette belle
revue, qui veut «redonner au Sud son statut de sujet
de la pensée et d’acteur de sa propre histoire»,
se situe dans les domaines du document, de l’art et des
idées. «Ouvrir un lieu de parole et de débat,
de réflexion et de controverse», en cultivant
«l’indépendance de la pensée et
l’exigence de l’écriture, le souci du monde
et le goût pour la création» et en s’opposant
«au populisme et à l’intégrisme,
aux retraits et aux replis, à la haine et à la peur»,
tels sont en substance les objectifs définis par Thierry
Fabre, le rédacteur en chef. Dans chacun des dix
numéros parus depuis le printemps 2000, la partie principale
est un dossier suscitant une réflexion à la fois
ouverte et approfondie sur des sujets variés : la politique,
la littérature, une ville (Palerme, Alger), la guerre,
l’histoire et la mémoire... La seconde partie est
un ensemble de rubriques proposant des sujets de débat,
des nouvelles artistiques et musicales, des images, des analyses
de livres, des inédits...
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Jugeons
sur pièce. Le numéro 10 (été
2003) comporte un dossier d’environ 125 pages intitulé
« Eclats de frontières
». « Faire frontière, c’est
inventer de l’altérité. Or, et c’est
tout le débat, [...] ouverte au Nord et à
l’Est, l’Europe tend à faire frontière
avec la Méditerranée et avec le monde musulman
». A partir de cette problématique, des
entretiens, des articles abordent ce thème des frontières
: les rapports avec les pays qui bordent l’Europe
au Sud (le Maghreb, la Turquie), l’immigration, la
clandestinité, l’emploi et l’asile, le
commerce, les relations intra-européennes (France
- Italie) etc. Un choix de photos particulièrement
expressives (portraits collectifs et individuels, paysages
naturels et urbains) accompagne l’ensemble, qui s’appuie
opportunément sur quelques grandes pages d’écrivains
: Claudio Magris (pour qui la littérature a pour
but de nous faire comprendre que « chacun est
l’Autre »), Ivo Andric, François
Maspéro, Julien Gracq et
son Rivage des Syrtes, tout trouvé pour
illustrer magnifiquement l’humaine attirance vers
l’autre bord...
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Comme prévu,
les rubriques qui complètent le numéro suivent un
cheminement éclectique mais séduisant (des textes
de et sur Bernard Noël, un bel éloge de l’olivier,
des pages de critique littéraire, des reproductions d’œuvres
du peintre Bernard Pagès, un essai sur l’Internet,
des inédits d’Anna Maria Ortese...).
Souhaitons
à La pensée de midi, qui le mérite
bien, de continuer le plus longtemps possible à nous ouvrir
les yeux sur les clartés du Sud et, d’une manière
générale, à aider les hommes à repousser
ce qu’il y a d’inhumain en eux, et à leur parler
de ce qu’ils ont d’humain.
Jean-Pierre
Longre
(novembre 2003)
Jean-Pierre
Longre, maître de conférences en littérature
du XXème siècle à l'Université Jean
Moulin Lyon 3, est l'auteur d'une thèse sur Raymond
Queneau, de divers ouvrages ou articles sur des écrivains
contemporains et sur la comparaison des langages littéraire
et musical. Il a participé à l'édition des
romans de Queneau dans la " Pléiade ", et effectue des recherches
sur les littératures francophones (Roumanie, Belgique, Québec).

numéro
13 (été 2004) : La
cuisine, un gai savoir
numéro 11 (Automne 2004) :
Athènes
La
pensée de midi
160 pages, 15 euros le numéro
en vente dans les librairies, Fnac, grands magasins.
142, la Canebière
13001 Marseille
04 96 12 43 19
http://www.lapenseedemidi.org
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