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Drame
lyrique en cinq actes, 1902
Livret du compositeur d’après la pièce
de Maurice Maeterlinck
En français
Opéra
national de Lyon
place de la comédie
69001 Lyon
location 04 72 00 45 45
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Mise
en scène Peter Stein
Décors Karl-Ernst Herrmann
Réalisation des décors Ferdinand Wögerbauer
Costumes Moidele Bickel
Eclairages Yves Bernard
Chef des Choeurs Alan Woodbridge
Orchestre et Choeurs de l’Opéra de Lyon
avec
Tracey Welborn
Patricia Petibon
Paul Gay
Frode Olsen
Nadine Denize
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La
grâce et le doute
Le secret, le
doute, sont au cœur de cet opéra. D’où
vient Mélisande ? Nul ne sait. Comment la rencontre entre
cette jeune fille éplorée, qui répète
« ne me touchez pas », et le chasseur Golaud,
égaré dans la forêt , mène-t-elle à
ce mariage secret ? Quand, des mois plus tard, Golaud revient au
château avec sa jeune épouse, « il n’en
sait pas plus qu’au jour de leur rencontre ». Mais
l’amour qui naît entre son jeune frère, Pelléas,
et Mélisande le rend jaloux, espion, violent, au point qu’il
le tue, ‘sans raison’ dit-il, ‘malgré
moi’.
La mise en scène
de Peter Stein, qui est une reprise d’une
production plus ancienne, joue sur le noir et le blanc, le gris
et l’argenté. Elle fait aujourd’hui figure de
grand classique, avec ses suggestions géométriques
: obliques de fond de scène, de l’escalier barrant
l’espace, où est accueillie Mélisande à
son arrivée au château, verticales du bois où
s’est perdu Golaud, rondeurs des puits où elle perd
son anneau, et Yniold sa balle d’or.
Les costumes s’accordent au décor et à ceux
qui les portent. Chez Golaud, c’est une évocation tout
en noir du guerrier médiéval, le vieil Arkel est en
blanc, poudré par les ans. Pelléas a des tenues plus
modernes, sans ostentation, qui soulignent sa jeunesse, sombres
pour ses apparitions de jeune romantique, claire dans sa promenade
de jeune homme qui s’éprend de Mélisande. Celle-ci
porte des robes longues, intemporelles, blanches, bien sûr,
ou doucement colorées.
Paul Gay (Golaud) domine la distribution, par sa
prestance, sa présence scénique. Il rend toute la
complexité du personnage, sa fascination pour Mélisande,
mais aussi sa jalousie brutale, et ce désir morbide de savoir
s’il s’est passé quelque chose entre elle et
Pelléas. Une belle ligne de chant, alliée à
une parfaite diction, en font le personnage central de l’opéra.
Patricia Petitbon (Mélisande) a la fraîcheur
vocale et la fort jolie voix qui conviennent. Ce n’est pas
une Mélisande éthérée, mais plutôt
instable, marquée par l’effroi, souvent naïve,
parfois un peu perverse. Tracey Welborn est un
Pelléas jeune, innocent, un peu trop sans doute, au chant
agréable, mais un peu pâle par rapport à Golaud.
Arkel (Frode Olsen), malgré un beau timbre de basse, pèche
par quelques faiblesses vocales dans les graves.
On peut regretter quelques maladresses : décor qui grince
ou bruits de chute en coulisses, chevelure de Mélisande qui
se déploie de façon un peu ridicule. Cependant on
apprécie ce spectacle avec sa cohérence et sa fluidité.
L.
Tourniaire
(mars 2004)

l'Opéra
de Lyon
http://www.opera-lyon.org
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