Du 1er au 5 février 2000
au Théâtre de la Croix Rousse, Lyon 4°
renseignements et location : 04 72 07 49 50

Texte - François Bon
Mise en espace et voix - Ghislaine Drahy
Violoncelle - Marc Lauras

durée : 1h10

 

du même auteur
Quatre avec le mort (Verdier, 2002)

 

"C'est l'histoire la plus ordinaire : un homme a vécu avec une fille et l'a laissée avec deux enfants. Après quelques errances, il devient gardien d'un parking, la nuit. C'est là qu'apparaît une femme qui vient lui rappeler cet abandon.
Parking, forme théâtrale où la musique dialogue intimement avec les mots.
"

Dans le studio du théâtre de la Croix-Rousse, seuls les frottements, au sens propre du terme, de l'archet d'un violoncelliste transpercent le silence. Dans l'obscurité, le spectateur attend. D'abord curieux, puis mal à l'aise, puis passablement énervé. Ce sont là différentes phases que l'on retrouvera tout au long de la pièce.
Le sujet en est simple : une femme retrouve l'homme qui a vécu avec sa fille -Gilles- pour l'abandonner ensuite avec deux enfants afin de vivre sur les routes. Il est maintenant gardien de nuit et Gilles s'est suicidée. La mère de cette dernière vient parler à cet homme qui se croyait sans doute à l'abri, lui dire sa détresse et prendre conscience aussi de la détresse de celui qui est parti.
Parking est une vision pessimiste de l'humanité que l'on retrouve souvent dans l'oeuvre de François Bon. Au sujet de Prison (paru chez Verdier en janvier 98), il disait : "Comme si l'intensité reçue dans la vie, au pire du négatif, trouvait un équivalent dans l'arrangement même des mots." C'est ce que Ghislaine Drahy a essayé de transmettre dans Parking. Dans ce long monologue, elle est criante de vérité et semble tant souffrir, que parfois, on n'ose la regarder, nous tournant alors vers le violoncelliste. Il ne dira jamais rien, tout à son jeu étrange, sans notes, un jeu de glissements comme des soupirs ou de bruissements sourds comme ceux de la ville.
La performance n'est pas facile à réaliser ; tenir un public sans tension pour le faire réfléchir aux souffrances humaines, âpres, dures, réelles, est une gageure en soi. Mais la démonstration est parfois trop sèche pour toucher.
On pourra cependant apprécier cette approche de François Bon par le théâtre narration dans un deuxième volet de ce diptyque, Impatience, joué au Centre Culturel Charlie Chaplin (du 6 au 8 avril 2000).

Barbara Marmonier
(février 2000)

http://www.tierslivre.net/

du même auteur :
Daewoo (Fayard, 2004)
Quatre avec le mort Verdier, 2002


Marc Lauras : En allant vers la plage

L'auteur
http://www.remue.net/

Le théâtre de la Croix-Rousse
http://www.croix-rousse.com/