Titi et Jean Luc Parant exposent à la galerie José Martinez, Lyon
jusqu’au 11 juin 2004

à l’Espace culturel Mitterrand, Beauvais
jusqu’au 11 juillet 2004
à la galerie Lara Vincy à Paris
jusqu’au 29 mai 2004
à l’Abbatiale de Saint-Philibert de Grand-Lieu de mai à septembre 2004

 

PARANT BOULEVERSANT

A Lyon, Jean-Luc Parant est exposé au Musée d’art contemporain et, avec sa femme Titi, à la galerie José Martinez. Deux approches complémentaires d’une oeuvre grandiose.

« Je suis né dans une cave, à côté d’une fabrique de confitures de figues aux environs de Tunis le 10 avril 1944, un lundi de Pâques... J’ai fait des boules pour, avec elles, être quelque part et exister. J’ai fait des boules pour les lancer devant moi et briser les murs qui m’entourent. J’ai écrit des textes sur les yeux pour creuser des ouvertures partout autour de moi» (J-L.P.). Des Boules et des yeux, matières et signes, art et écriture : deux lents chemins parallèles qui vont se croiser à l’infini aux confins de la poésie. Depuis plus de quarante ans, inlassablement, Parant (l’artiste) fabrique des boules.

Des boules en terre cuite, en papier ou en cire, des boules massives ou frêles, lisses ou grenues, joyeuses ou mélancoliques. Elles prolifèrent en agencements géométriques ou en amas chaotiques, peuplant les musées de leur puissante et mystérieuse présence. Cette œuvre « présocratique » s’est établie d’emblée à la lisière des formes et du temps, là où l’être tremble et balbutie encore, où les choses et les signes subsistent amoureusement entrelacés, où les forces de vie et de mort sourdent et s’apprêtent à éclore en noces de lumières et en obscurités furieuses.

Oeuvre-monde
A l’occasion de la première Biennale d’art contemporain de Lyon en 1991, Parant présentait Eboulement, oeuvre composée de 360 boules noires (de 25 à 90 cm de diamètre) et de 180 portraits de boules réalisés à la mine de plomb. Depuis, Eboulement a été augmentée d’ombres et d’empreintes en cire, ainsi que de trois répliques miniatures de l’œuvre matrice. Le Musée d’art contemporain de Lyon présente la totalité de cette oeuvre-monde où les boules côtoient leurs propres images, leurs doubles, leurs « signes » et leurs traces. On peut rester longtemps dans la grande salle ténébreuse et volcanique, les yeux perdus parmi cette profusion de soleils noirs, tout en écoutant la voix atypique de l’artiste égrenant ses textes sur quelques notes de piano. Et, peu à peu, se sentir transporté hors du temps, hors de soi...

Je t’aime
Dans une autre salle du musée, une boule énorme se craquèle, comme fendue d’un sexe féminin et d’une promesse de sphères nouvelles... « Ma véritable naissance ce n’est pas le jour où je suis sorti du sexe de ma mère, heureusement pour moi, c’est le jour où j’ai croisé les yeux de ma femme, c’est le jour où tout m’est apparu par ses yeux » écrit Parant.

Déclaration d’une beauté cruelle s’adressant à Titi, épouse et complice, qui l’accompagne dans une exposition à quatre mains à la Galerie Martinez.De Jean-Luc, on y découvrira des oeuvres de jeunesse (des yeux dessinés), deux bas relief magnifiques et plusieurs boules. De Titi, des golems en terre cuite qui s’accouplent, nombre de dessins et les si bien nommées Horloges d’amour. Oeuvres intimistes et intimité mise en oeuvres, glissant à nos oreilles qu’en art comme en amour tout est affaire de don. A celui sphérique et bouleversant de Jean-Luc répondent en écho les mots inlassablement offerts et griffonnés par Titi : « je t’aime, je t’aime, je t’aime... »

Jean-Emmanuel Denave
(mai 2004)

Jean-Emanuel Denave, né en 1970, est critique et journaliste (collaborations avec Sitartmag, l'Express, L'Art Aujourd'hui, Le Petit-Bulletin Lyon). Amitiés d'écriture avec les arts plastiques, la photographie et la danse contemporaine. Contact

 

Jean-Luc Parant est exposé :
au Musée d’art contemporain de Lyon (Eboulement 2) jusqu’au 16 mai 2004.
à l’auditorium Rostropovitch à l’Espace culturel Mitterrand de Beauvais jusqu’au 11 juillet 2004.
à la galerie Lara Vincy à Paris jusqu’au 24 mai 2004.
à l’Abbatiale de Saint-Philibert de Grand-Lieu (près de Nantes) de mai à septembre 2004.

Titi et Jean Luc Parant exposent à la galerie José Martinez 28, rue Burdeau Lyon 1er (De boule en couple) jusqu’au 11 juin 2004.


Parutions récentes :
Le Petit Parant illustré, textes et dessins de J-L. Parant, Editions Fage
Eboulement deux, Editions du Musée d’Art Contemporain de Lyon

 

http://jeanlucparant.free.fr/

www.galeriejmartinez.com

http://www.jose-corti.fr/auteursfrancais/parant.html

http://www.atol.fr/lldemars2/lestextes/parantparo.htm

http://www.moca-lyon.org/

http://www.lara-vincy.com/