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Sur
les traces du père…
La très
pulpeuse Pandora, dix-huit ans, prend congé de son psychanalyste,
qui l’estime guérie des crises qui la métamorphosaient
en bête sauvage quelques années plus tôt ; mais
sa mère, qui n’a jamais pu s’ôter de la
mémoire le visage grimaçant de sa fille (hérité
d’un homme qu’elle a en horreur), reste inquiète.
Elle aura bientôt des raisons plus sérieuses de s’inquiéter…
Quand Pandora est enlevée, droguée et embarquée
à bord d’un avion qui s’envole pour la Turquie.
Selon ses ravisseurs, son père veut la rencontrer –
non pas l’homme resté en Italie, qui ne se déplace
qu’en chaise roulante, mais son père biologique, dont
elle ignorait l’existence. Un dénommé Castex,
un homme « important », qui vivrait à Ankara,
dans le secret.
Vincenzo Cerami, l’auteur de ce polar qui n’en finit
pas de rebondir, est un écrivain renommé en Italie
– ancien élève de Pasolini, scénariste
de La Vie est belle avec Roberto Benigni, dramaturge, journaliste…Il
s’est ici associé à un dessinateur que les lecteurs
français connaissent bien, entre autres pour la série
Giuseppe Bergman, pour ses sulfureuses mises en images
(dont le célèbre Déclic) ou encore
pour ses relectures de récits classiques (La métamorphose
de Lucius, d’après Apulée, Gulliveriana,
d’après Swift). Les Yeux de Pandora
ne s’apparente pourtant pas à un conte érotique
et même si l’héroïne éponyme échappe
parfois de peu à quelques personnages concupiscents, l’album
se lit d’abord comme un thriller, entre espionnage et roman
noir. Le scénariste souhaitait justement mener Manara sur
cette voie, «écrire une histoire qui lui évite
de tomber dans la facilité. Une histoire qui le mette en
difficulté».

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Autant
dire que le dessinateur s’en sort très bien et
a parfaitement intégré à ses images la
noirceur du récit et les conflits intérieurs
qui agitent la jeune fille. Le personnage de Castex, ambivalent
à souhait (incarnant à la fois le mal et le
père aimant), est particulièrement troublant,
de même que l'héroïne, en apparence candide,
mais dont les crises de sauvagerie refont surface au contact
du danger. Une belle aventure qui s’achève partiellement
– sur des adieux que l’on espère temporaires.
B.
Longre
(avril 2007)
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