du 15 au 23 octobre 2002
au Théâtre des Jeunes Années

création
Naïf Théâtre
Texte, mise en scène et scénographie Richard Demarcy

pour tout public à partir de 6/7 ans
durée 1h

 

au Théâtre des Jeunes Années, Lyon 9°
renseignements et location : 04 72 53 15 15

Avec Antonio DA SILVA (Portugal), Franck NDAKOUZOU (Centrafrique), Afonsina NGAU-DOMINGAS (Angola), Modeste NZAPASSARA (Centrafrique), Mariana RAMOS (Cap vert)

La grande forêt de Gbacko est le théâtre de nombreux mystères... Là vivent une sorcière (incarnant la forêt elle-même) et des esprits chargés de protéger les arbres, source de vie, et d'éloigner ceux qui voudraient les détruire. Comme par exemple ces deux bossus, qui abandonnent pour un temps dossiers et bureaux afin de porter un message aux villageois qui vivent de l'autre côté de la forêt : il a en effet été décidé que les arbres seraient coupés. La sorcière et les esprits ont vent de ce qui amène les deux bureaucrates et s'empressent de les effrayer. Les deux bossus se séparent et se perdent, la nuit tombe et les esprits s'agitent ; la lune se lève et l'un des bossus, terrorisé par son ombre, se retrouve soudain face à la sorcière. Il s'en sort pourtant indemne et allégé d'un poids insupportable : sa bosse.

Librement inspiré d'un conte portugais (Les deux bossus) le récit de Richard Demarcy est une suite de scènes drôles et poétiques, une mise en théâtre fantastique et grand-guignolesque avec, dans le rôle des bouffons, deux malheureux bossus, condamnés à être rejetés par les autres hommes et à subir leur moquerie (on les traite régulièrement de chameau ou de dromadaire, selon qu'ils vont seuls ou à deux !) ; obsédés par leur paperasse, affairés à brasser du vent, ils devraient être les "méchants", mais on les retrouve rapidement du côté de la forêt et de ses immenses arbres. La sorcière et ses deux compagnons, occupés à chanter, danser et à invoquer la lune (à l'origine la bosse d'un bossu...), sont en permanence à l'arrière-plan, prêts à intervenir et défendre leur territoire sacré.

Les comédiens, originaire du Centrafrique, du Portugal et du Cap Vert (la chanteuse Mariana Ramos), sont en totale symbiose avec leur rôle, grimaçants à souhait, usant à la perfection de l'expressivité de leurs regards, et ils investissent l'espace scénique tout entier avec grâce et fluidité. Mais c'est d'abord l'alternance constante de chants, de danses et de pittoresques dialogues qui garantit l'adhésion du jeune public, et permet de déployer un large éventail de tonalités (poétique, grotesque, spirituelle, magique...).
Cette création originale témoigne d'une heureuse volonté de mêler les cultures et les histoires (les dialogues successivement en français et en portugais ajoutent à la couleur locale) ; un joyeux métissage narratif et culturel et une fable écologique plutôt optimiste qui ravit les enfants.

B. Longre
(octobre 2002)

http://www.afrik.com/journal/decouverte/?dec-455-4.htm