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au
Théâtre
des Jeunes Années, Lyon 9°
renseignements
et location : 04 72 53 15 15
Avec
Antonio DA SILVA (Portugal), Franck NDAKOUZOU (Centrafrique), Afonsina
NGAU-DOMINGAS (Angola), Modeste NZAPASSARA (Centrafrique), Mariana
RAMOS (Cap vert)
La
grande forêt de Gbacko est le théâtre
de nombreux mystères... Là vivent une sorcière
(incarnant la forêt elle-même) et des esprits
chargés de protéger les arbres, source de
vie, et d'éloigner ceux qui voudraient les détruire.
Comme par exemple ces deux bossus, qui abandonnent pour
un temps dossiers et bureaux afin de porter un message aux
villageois qui vivent de l'autre côté de la
forêt : il a en effet été décidé
que les arbres seraient coupés. La sorcière
et les esprits ont vent de ce qui amène les deux
bureaucrates et s'empressent de les effrayer. Les deux bossus
se séparent et se perdent, la nuit tombe et les esprits
s'agitent ; la lune se lève et l'un des bossus, terrorisé
par son ombre, se retrouve soudain face à la sorcière.
Il s'en sort pourtant indemne et allégé d'un
poids insupportable : sa bosse.
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Librement
inspiré d'un conte portugais (Les deux bossus) le
récit de Richard Demarcy est une suite de scènes drôles
et poétiques, une mise en théâtre fantastique
et grand-guignolesque avec, dans le rôle des bouffons, deux
malheureux bossus, condamnés à être rejetés
par les autres hommes et à subir leur moquerie (on les traite
régulièrement de chameau ou de dromadaire, selon qu'ils
vont seuls ou à deux !) ; obsédés par leur
paperasse, affairés à brasser du vent, ils devraient
être les "méchants", mais on les retrouve
rapidement du côté de la forêt et de ses immenses
arbres. La sorcière et ses deux compagnons, occupés
à chanter, danser et à invoquer la lune (à
l'origine la bosse d'un bossu...), sont en permanence à l'arrière-plan,
prêts à intervenir et défendre leur territoire
sacré.
Les
comédiens, originaire du Centrafrique, du Portugal et du
Cap Vert (la chanteuse Mariana Ramos), sont en totale symbiose avec
leur rôle, grimaçants à souhait, usant à
la perfection de l'expressivité de leurs regards, et ils
investissent l'espace scénique tout entier avec grâce
et fluidité. Mais c'est d'abord l'alternance constante de
chants, de danses et de pittoresques dialogues qui garantit l'adhésion
du jeune public, et permet de déployer un large éventail
de tonalités (poétique, grotesque, spirituelle, magique...).
Cette création originale témoigne d'une heureuse volonté
de mêler les cultures et les histoires (les dialogues successivement
en français et en portugais ajoutent à la couleur
locale) ; un joyeux métissage narratif et culturel et une
fable écologique plutôt optimiste qui ravit les enfants.
B.
Longre
(octobre 2002)

http://www.afrik.com/journal/decouverte/?dec-455-4.htm
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