de Giuseppe Verdi

du 22 février au 9 mars 2003

Opéra national de Lyon

Nouvelle production

Direction musicale Iván Fischer
Mise en scène Michel Raskine

 

Drame lyrique en quatre actes, 1887
Livret d'Arrigo Boito, d'après la tragédie éponyme de Shakespeare
En italien, surtitré en français

Décors et costumes : Pierre-Alain Weitz

Après Falstaff, dernier opéra de Verdi donné à Lyon en 1999, voici l'avant-dernier, Otello. Un chef-d'œuvre où Verdi et Boito, son librettiste, mêlent leur génie à celui de Shakespeare, et le dépassent peut-être. La création en 1887 est un triomphe immédiat - Verdi est acclamé dans les rues de Milan - qui ne s'est jamais démenti.

Opéra national de Lyon
place de la comédie
69001 Lyon
location
04 72 00 45 45

Interprètes
Andrei Lantsov, Olga Guryakova, Sergei Leiferkus, Yann Beuron, Carlo Cigni, Hélène Jossoud, Bruno Comparetti, Marcin Habela, Paolo Stupenengo

Orchestre, chœur et maîtrise de l'Opéra

La tempête qui ouvre le spectacle a les accents prometteurs du drame lyrique et shakespearien : une belle fougue orchestrale, un chœur puissant et flexible, astucieusement disposé dans les voûtes sombres d’une architecture de palais.
Hélas la lumière qui monte révèle un palais aux platitudes de tôles d’acier et l’action va se dérouler dans une suite de décors sans unité et souvent sans beauté, du palais d’acier à une cour d’usine, en passant par la chambre vénitienne de Desdémone.
Les costumes, également hétéroclites, oscillent entre le rappel historique, le bizarre et la modernité. Au final ne subsistent pour le plaisir des yeux que de belles scènes de foule ou de groupe, quand l’espace ne s’habille plus que du motif formé par le chœur, en toute harmonie vestimentaire.

Dans ce cadre plutôt difficile à habiter, Iago-Serguei Leiferkus et Desdémone-Olga Guryakova assurent une belle présence vocale et scénique. Andrei Lantsov ne parvient pas à maintenir le rôle titre aux niveaux d’intensité attendus du héros shakespearien. Manque de forme vocale ou volonté excessive « d’intimiser » le drame, c’est aux moments de plus grande violence que s’affaiblit un jeu qui retrouvera mieux son personnage dans la décomposition finale d’Otello.
L’orchestre de l’Opéra de Lyon assure une partition très équilibrée dans l’accompagnement vocal, peut être un peu discrète dans la mise en valeur instrumentale.

«Otello, drame d’amour et de jalousie — œuvre funèbre dans un palais glacial» annonçait la mise en scène. Peut-être un peu froide pour beaucoup, même ouverts à la rupture des traditions de représentation du drame lyrique.

Michel Bernard
(février 2003)


l'Opéra de Lyon
http://www.opera-lyon.org

http://www.geocities.com/angela_violett/otello.htm

http://www.giuseppeverdi.it/ing/verdi/opere-41.htm