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Drame
lyrique en quatre actes, 1887
Livret d'Arrigo Boito, d'après la tragédie
éponyme de Shakespeare
En italien, surtitré en français
Décors
et costumes : Pierre-Alain Weitz
Après
Falstaff, dernier opéra de Verdi donné
à Lyon en 1999, voici l'avant-dernier, Otello.
Un chef-d'uvre où Verdi et Boito, son librettiste,
mêlent leur génie à celui de Shakespeare,
et le dépassent peut-être. La création
en 1887 est un triomphe immédiat - Verdi est acclamé
dans les rues de Milan - qui ne s'est jamais démenti.
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Opéra
national de Lyon
place de la comédie
69001 Lyon
location
04 72 00 45 45
Interprètes
Andrei Lantsov, Olga Guryakova, Sergei Leiferkus,
Yann Beuron, Carlo Cigni, Hélène Jossoud,
Bruno Comparetti, Marcin Habela, Paolo Stupenengo
Orchestre,
chur et maîtrise de l'Opéra
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La tempête
qui ouvre le spectacle a les accents prometteurs du drame lyrique
et shakespearien : une belle fougue orchestrale, un chœur puissant
et flexible, astucieusement disposé dans les voûtes
sombres d’une architecture de palais.
Hélas
la lumière qui monte révèle un palais aux platitudes
de tôles d’acier et l’action va se dérouler
dans une suite de décors sans unité et souvent sans
beauté, du palais d’acier à une cour d’usine,
en passant par la chambre vénitienne de Desdémone.
Les costumes,
également hétéroclites, oscillent entre le
rappel historique, le bizarre et la modernité. Au final ne
subsistent pour le plaisir des yeux que de belles scènes
de foule ou de groupe, quand l’espace ne s’habille plus
que du motif formé par le chœur, en toute harmonie vestimentaire.
Dans ce cadre
plutôt difficile à habiter, Iago-Serguei Leiferkus
et Desdémone-Olga Guryakova assurent une belle présence
vocale et scénique. Andrei Lantsov ne parvient pas à
maintenir le rôle titre aux niveaux d’intensité
attendus du héros shakespearien. Manque de forme vocale ou
volonté excessive « d’intimiser » le drame,
c’est aux moments de plus grande violence que s’affaiblit
un jeu qui retrouvera mieux son personnage dans la décomposition
finale d’Otello.
L’orchestre
de l’Opéra de Lyon assure une partition très
équilibrée dans l’accompagnement vocal, peut
être un peu discrète dans la mise en valeur instrumentale.
«Otello,
drame d’amour et de jalousie — œuvre funèbre
dans un palais glacial» annonçait la mise en scène.
Peut-être un peu froide pour beaucoup, même ouverts
à la rupture des traditions de représentation du drame
lyrique.
Michel
Bernard
(février 2003)

l'Opéra
de Lyon
http://www.opera-lyon.org
http://www.geocities.com/angela_violett/otello.htm
http://www.giuseppeverdi.it/ing/verdi/opere-41.htm
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