Orchestre National de Jazz
Admirabelamour

(Label Bleu 2003)

 

Médéric Collignon, Geoffroy Tamisier (trompette), Pascal Benech, Sébastien Llado, Jean-Louis Pommier (trombone), Philippe Lemoine, Vincent Mascart (saxophones), Vincent Limousin (vibraphone, marimba, gamelan), Didier Ithursarry (accordéon), Alexis Théran (guitares), Nicolas Mahieux (contrebasse) Olivier Lété (basse électrique), Jean-Luc Landsweerdt (batterie), Claude Barthélémy (guitare, oud, arrangements et direction).

Et voilà le nouvel ONJ, et revoilà Barthé pour un deuxième mandat, onze ans après…
On se doutait bien qu’il y allait avoir du changement par rapport à la dernière (malheureuse) mouture, eh bien, on est servi… D’abord par la distribution des rôles : treize performeurs, (outre lui-même compositeur de neuf titres sur onze, bien présent aux guitares et à l’oud) issus de la toute nouvelle génération de musiciens français (moyenne d’âge : trente ans) à la technique déjà irréprochable et à l’aise pour servir les conceptions affirmées de leur bouillonnant directeur… Résultat, cela saute du coq à l’âme, cela virevolte et vrombit, pète et pétarade, caracole et carambole, la horde hard (deux trompettistes, trois trombones, deux saxophonistes, un vibraphoniste, un accordéoniste, deux bassistes, un batteur — seul musicien pas très convaincant —, et le patron) passant allègrement d’un style ou genre à l’autre, du néo-new orleans Wild Cat Blues de Clarence Williams au Boléro Frizzante de Gérard Pansanel… bref, une sorte de folklore urbain avec, dixit Claude Barthélémy, un outil majeur pour l’exposition de notre musique auprès d’un public large et curieux.

Certes, d’aucuns ne manqueront pas d’épiloguer sur certains titres parfois incongrus (Nu NuNu Blu) ou sur le manifeste de présentation ésotérico–pontifiant faisant référence à l’espace euclidien et à Kant (Kant dira-t-on ?), petite manie barthélémienne… mais peu importe, la musique est là swingante et réjouissante, où tout se mêle, subtil patchwork, dans le raffinement d’une écriture contemporaine (le jeu des références), belle idée d’un jazz festif résolument d’aujourd’hui.

Jacques Chesnel
(avril 2003)

Jacques Chesnel est membre de l'Académie du Jazz. Auteur de "Le Jazz en quarantaine" (Isoète), "Les Grands Créateurs de Jazz" avec Gérald Arnaud (Bordas) ; auteur et consultant "jazz" pour l'Encyclopédie Encarta sur CD-Rom. Peintre, il travaille depuis plus de trente ans sur les rapports entre jazz et peinture.
(www.jazz-chesnel.com).

http://www.label-bleu.com/artist.php?artist_id=4&c=b

http://www.centraljazz.com/interviews_barthelemy.php4