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Un
premier roman qui en appelle d'autres.
Un jeune pianiste
à l'ambition modeste mais réelle participe, sur l'invitation
(ou l'injonction) du maître Ostreich, au fameux Concours Chopin
de Varsovie. Voilà donc le lecteur parti, sur les pas de
l'artiste, dans le petit monde grouillant des grands de la musique :
virtuoses débutants ou finissants, professeurs, critiques,
amateurs, admiratrices, inconditionnels, sceptiques… La plume vivace
et acérée d'Olivier Pourriol ne se prive pas d'évoquer
jusqu'à la caricature l'atmosphère de ce genre de
rencontre, où l'essentiel se joue à l'extérieur
de la salle de concert plutôt qu'à l'intérieur.
Des êtres étranges se côtoient, géniaux
ou déchus, jaloux ou destructeurs, intrigants ou naïfs,
des êtres que le narrateur va découvrir peu à
peu avec ce que cache leur étrangeté, dans le décor
en noir et blanc d'une Pologne en proie aux démons du passé
et aux balbutiements du présent.
Mephisto
valse, dont le titre évoque une pièce de Liszt
qui va faire sensation à l'issue de ces journées consacrées
à Chopin, est un roman musical : variations sur tous les
tons, de la douceur à la violence en passant par l'ironie
et le sarcasme, avec thèmes et motifs récurrents (Chopin
et le piano bien sûr, mais aussi l'amour et le désir,
les juifs et le nazisme, la jeunesse et la vieillesse, la souffrance
et la mort, d'autres encore) ; réflexions passagères
sur la musique et les deux manières de la sentir, esthétique
et pathologique ; mouvement final en forme de postlude, qui va plaquer
un accord sinistre mais non irrémédiable sur tout
ce qui précède.
Le récit
se lit avec plaisir et frissons, si l'on oublie certains artifices
appelés à être gommés dans l'avenir ;
l'aveu du narrateur est significatif (« je n'ai jamais pu résister
à un bon mot, et encore moins à un mauvais »),
et l'abus du zeugma, par exemple, vient à l'appui de cet
aveu (« ses petits yeux en lame de couteau se fichent dans les
miens et de moi », entre autres). Défaut de jeunesse,
que la pratique efface peu à peu chez les bons artistes.
Ce premier roman en appelle d'autres.
J.P.
Longre
Jean-Pierre
Longre, maître de conférences en littérature
du XXème siècle à l'Université Jean
Moulin Lyon 3, est l'auteur d'une thèse sur Raymond
Queneau, de divers ouvrages ou articles sur des écrivains
contemporains et sur la comparaison des langages littéraire
et musical.
Il participe actuellement à l'édition des romans de
Queneau dans la " Pléiade ", et effectue des recherches sur
les littératures francophones (Roumanie, Belgique, Québec).

http://www.edition-grasset.fr
premier
chapitre
http://www.edition-grasset.fr/SiteGrasset/chapitres/ch_pourriol.htm
Chopin
http://www.chopinfiles.com/
http://perso.respublica.fr/fchopin/
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