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Nouvel
opus de la saga Olivier Py ; le prolifique jeune homme tour à
tour acteur, metteur en scène, écrivain, nous livre
encore une fois un texte de haut vol qui n'est pas sans rappeler
Le visage d'Orphée.
Figure mystérieuse que celle du père. L'infatigable
Olivier Py se joue à nouveau d'un complexe oedipien : Dédalle,
ancien ministre aux abois dénué de toute conscience,
se meurt. Décontenancé par la fureur et la foi d'une
progéniture révoltée, sa fin est proche. Son
fils Maxence se bat contre vents et marrés pour enfin voir
surgir le regret et la culpabilité d'un père aux multiples
crimes de guerres. Victime de l'atavisme, il tente de renier de
toutes ses forces son nom, sa filiation. Défier alors le
bras séculier du père s'avère la seule issue
possible. Quand Louise n'est pas vendue comme une simple marchandise
à l'homme qui rit, animal défiguré, c'est Mathieu,
le jeune vitrier corrompu par Dédalle, qui travesti les sentiments
des uns et des autres. Travestissement récurrent dans l'ensemble
de l'oeuvre du metteur en scène, et qui n'est pas sans apporter
une indéniable clé de lecture d'un univers bien ambigu.
L'éternel volte face de la jeunesse face aux pères
dans ce monde à l'indicible cruauté se fond dans la
tromperie, les monstruosités diverses, les transformations
physiques.
Inspiré,
le théâtre d'Olivier Py oscille constamment entre un
lyrisme hérité du théâtre classique et
l'horreur d'une société contemporaine littéralement
abjecte. L'actualité des diverses guerres dans des territoires
inconnus (on n'est pas prêt d'oublier la Cimérie de
L'apocalypse joyeuse) liée aux traditionnels conflits père/fils,
matérialise une société statique et sans avenir.
Le tour de force d'Olivier Py est alors sans doute d'éviter
les poncifs et lourdeur de tels sujets tout en ressassant pourtant
inexorablement les mêmes figures. C'est que l'homme n'est
pas dupe et ne tombe pas dans les pièges de la démagogie
ou de la frivolité. Loin des palinodies des politiques, Olivier
Py ressuscite symboles, images christiques, et spiritualité
alors revigorée. A sa fervente poésie, s'ajoute indubitablement
un véritable engagement politique, en tant qu'humaniste,
en tant qu'homme. Mathieu, Alice, Maxence, autant de personnages
sanguins qui portent en eux une jeunesse haineuse, contrainte de
porter le fardeau des pères, d'une génération
irresponsable.
La démission de cette jeunesse veule et sans âme agace
et révolte celui qui réhabilite l'histoire, sans jamais
oublier les événements auxquels la France a participé.
Passé au crible, soucieux de faire le jour à cette
histoire qui n'aurait jamais existé – et n'existera jamais
vraiment aux yeux de certains – Olivier Py incarne une utopique
et courageuse figure. Frondeur, il l'est sans conteste, promulguant
l'impatience et la jeunesse aux plus hautes vertus qui soient. Elégiaque,
lyrique, romantique, ce théâtre là naît
d'un désir inassouvi de vérité, de beauté
divine. Mais loin de rester dans de hautes sphères inaccessibles,
cette beauté côtoie allègrement le monstrueux,
la laideur, en y jouant un permanent numéro de passe-passe.
Le
monde d'Olivier Py demeure toujours aussi saisissant, généreux,
excitant, la guerre permanente en quelque sorte. Au fil des ans,
ces livres révèlent un talent brut sans équivoque
où triomphe la nuit. Ce combat mené contre le renoncement
séduit d'emblée toutes les âmes enfiévrées.
Py ressort vainqueur à force de joutes verbales lumineuses
et terroristes, convainquant l'assemblée de ses poses théâtrales.
Son écriture s'affirme bien comme une des plus délicieuses
vindictes contre l'oubli et l'acceptation de nos mascarades.
Mis en scène par Stéphane Braunschweig au théâtre
de la colline entre janvier et février 2002 , L'exaltation
du labyrinthe sera incontestablement un des événements
à suivre de l'année à venir.
Philippe
Beer-Gabel

Théâtre
de la Colline
http://www.colline.fr/site/exalt1.htm
Actes
Sud
http://www.actes-sud.fr
L'auteur
http://www.cdn-orleans.com/setPy.htm
http://www.theatre-contemporain.net/auteurs/py/pdgop.htm
La
pièce
http://www.cdn-orleans.com/setPy.htm
http://www.theatre-contemporain.net/spectacles/labyrinthe/default.htm
Interview
http://www.ecrannoir.fr/entrevues/intolpy.htm
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