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© Jean-Jacques weil
Mise
en danse de tout, retour en arrière accéléré,
révélation du son caché dans les choses,
rattrapage années manquantes, cristal dici et
maintenant, belle histoire damour dété,
lisibilité brutale, paradis cloné, leçons
de sports inconnus, explosion du passé dans présent,
fossile en mouvement, accès à poussières,
nage à lenvers, transformations dobjets
en personne et inversement, création dun jumeau
à distance, animaux recoloriés, compressions
messages, trio infernal, remise en marche danciennes
machines encore neuves, persistance tableaux, accès
immédiat à x, mariage de la carpe et du lapin,
gris-gris pour en revenir à lhomme, avance rapide
dans paysage précédé de fuite ville,
belle au bois dormant par voie orale, techniques nouvelles
de camouflage, théâtre intérieur en volume,
happy ends garantis, traversée du végétal,
possibilité de chanson, amulettes futur.
Olivier
Cadiot
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Après
Le Colonel des Zouaves, cette pièce
poursuit la série des aventures de Robinson, mais cette
fois pas dîle, ni de caisses retrouvées
sur la plage, pas de château anglais ni daffaires
despionnage, juste un cerveau autodidacte qui essaie
de sen sortir au mieux avec pour seul bagage des idées
inadéquates et des livres mal compris. On y apprendra
des règles de sports inconnus, une technique dexplosion
du passé dans le présent et des méthodes
infaillibles de retour en amour.
avec
Valérie Dashwood, Philippe Duquesne, Laurent Poitrenaux.
production
compagnie
Ludovic Lagarde, Théâtre National de la Colline,
Théâtre de la Manufacture centre dramatique
national Nancy Lorraine, Théâtre National de
Bretagne - Rennes, La Comédie de Clermont-Ferrand
scène nationale, Ircam Centre Pompidou
Théâtre National de la
Colline
15 rue Malte-Brun, Paris 20e
01 44 62 52 52
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Lapin fluo
et têtes à claques
Héritier
de Valère Novarina, Olivier
Cadiot est un écrivain à la mode qui force néanmoins
le respect. En plus de dix ans d'une carrière jalonnée
de succès littéraires et de fructueuses collaborations
musicales avec Rodolphe Burger, Olivier Cadiot s'est fait un nom
qui revient ses temps-ci dans toutes les conversations. Adepte de
l'écriture performative, son dernier livre publié
chez P.O.L porte un titre bien énigmatique. Jeu de piste
sans trésor, prière sans destinataire, bref médecine
bon marché, Retour définitif et durable de l'être
aimé laisse un goût désagréable
dans la bouche. Conclusion : exercice de style certes brillant mais
sans grand intérêt. Le texte voit pourtant le jour
dans la grande salle du théâtre de la Colline où
trois comédiens jetés dans un cercle de toile noir
avec écran coloré pour arrière plan reniflent,
couinent, éructent la campagne, se cherchent, se trouvent,
s'ébrouent dans des danses ineptes, se moquent des nouvelles
générations des critiques bobos en passant par ces
nouveaux BCBG qui roulent en sport, mangent bio, souscrivent un
abonnement au Gymnasium au coin de la rue tout en méprisant
allègrement le monde dans lequel ils s'ébattent.
| La
mise en scène de Retour définitif et durable
de l'être aimé investit maladroitement
le champ cinématographique. Usant de micros HF à
foisons, de flickers bons marchés et d'effets sonores
gratuits (tout y passe de la réverbération en
passant par le pitch et le resampling) on assiste à un
parfait exemple des différents travers que peut causer
l'abus de la technique. |
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Sous prétexte
de pouvoir faire comme au cinéma, Ludovic Lagarde
patauge dans une mise en scène artificielle et obsolète
qui ne fonctionne que sur la surenchère des moyens employés
pour impressionner le spectateur, sur l'accumulation et l'emphase
dont usent les mauvais films d'action américains que le livre
égratigne joyeusement. Le septième art a actuellement
un retentissement concret sur les mises en scènes contemporaines,
les micros sont légions et l'emploi de la vidéo s'est
banalisé mais à l'heure actuelle les réussites
se comptent sur les doigts de la main. Combien de Retour définitif
et durable de l'être aimé pour un Les
Aveugles monté par Denis Marleau ?
D'une durée
avoisinant l'heure et demi, la pièce agace rapidement et
s'enlise dans les bons mots. Le mariage entre le théâtre
et la technique cinématographique enfante d'une souris avec
laquelle Ludovic Lagarde s'amuse, mais sans nous. Heureusement que
Valérie Dashwood, Philippe Duquesne et Laurent
Poitreneaux maintiennent la tête hors de l'eau à
ce retour définitif et durable de l'être aimé
que l'on aurait souhaité moins tape à l'il et
ostentatoire que ce show en sur-régime. Ils parviennent à
tenir le spectateur en haleine sans quoi le pauvre sombrerait dans
l'ennui mortel des pièces grossières et complaisantes.
A la sortie de cette mise en scène très contemporaine
(sic) on a qu'une envie, que le théâtre puise dans
l'essence même de son art, qu'il cesse de frayer, benêt
stérile, avec le septième art et ses supercheries
mais qu'il nous parle, nous raconte des histoires, nous fasse rêver,
qu'il soit aventureux et révolutionnaire comme il sait parfois
si bien le fairen, en témoigne le récent After
Sun de Rodrigo Garcia à la cité internationale,
qu'il nous revienne avec un langage simple, brut et authentique.
Philippe
Beer-Gabel
(24 Novembre 2002)

http://www.colline.fr/
http://www.pol-editeur.fr/catalogue/ficheauteur.asp?num=5743
http://www.theatre-contemporain.net/auteurs/cadiot/pdgoc.htm
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