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Au bonheur de
vivre libre
François
David, auteur jeunesse, fondateur des Editions Motus, s’allie
généralement à des illustrateurs de talent
pour concocter de beaux albums auxquels les enfants s’attachent
vite. Ainsi, après Est-elle
Estelle ?, une histoire poétique illustrée
par Alain Gauthier, il nous propose un album grand format qui raconte
l’histoire de Camille, une petite fille de dix ans, et son
affection pour un oiseau en cage. Camille vit dans un pays en guerre,
on ne sait lequel, mais on pourrait tout aussi bien être en
Tchétchénie, à Sarajevo ou en Iran, et les
illustrations de Laurent Corvaisier, entre esquisse et collage,
évoquent à merveille la désolation du lieu
et l’atmosphère d’une ville bombardée
: aplats de couleurs sombres, squelettes d’arbres ou de maisons,
personnages aux traits tirés et aux regards mornes.
Les parents de Camille sont absents – sa mère a fui,
son père est en prison - et elle vit avec une marraine au
visage cruel et anguleux, aux traits remplis d’une colère
sourde qui ne demande qu’à jaillir : tout le contraire
de la marraine des contes de fées, le personnage tendant
plutôt vers la marâtre… Celle-ci offre pourtant
à Camille un petit oiseau pour son anniversaire : un oiseau
noir, triste et fatigué – comme la petite fille –
que la marraine s’empresse de mettre en cage. Mais de même
que Camille ne chante plus, l’oiseau emprisonné refuse
de faire entendre son chant, provoquant ainsi la rage de la marraine
qui menace de l’étrangler (« pas de cuicui,
plus de kiki ! ») Camille n’a plus qu’une
solution pour sauver l’oiseau d’une mort certaine, lui
rendre sa liberté, tandis qu’elle demeure enfermée.
Tout se termine bien cependant et les couleurs surgissent quand
Camille retrouve ses parents, annonçant un renouveau tant
espéré.
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Ce beau
récit réaliste s’achève sur une
note d’espérance, incarnée par l’oiseau
– lui aussi a retrouvé ses couleurs. Le texte,
suffisamment simple, est parfaitement adapté aux jeunes
lecteurs, dès cinq ou six ans, et leur permet de comprendre
tous les enjeux de sujets difficiles la guerre et la séparation,
abordés à la fois avec sobriété
et fantaisie, par le biais de multiples symboles : l’oiseau
incarnant la liberté et bien sûr, la paix, la
marraine la guerre, l’enfermement et la méchanceté
des humains, et la petite fille la révolte et l’espoir.
Blandine
Longre
(octobre 2003)
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du
même auteur
Chat qui vole (Ed. du Jasmin, 2003)
Est-elle Estelle ? (Motus, 2002)
http://www.francoisdavid.com/accueil.html
http://www.albin-michel.fr/
http://www.editions-motus.com
http://www.ricochet-jeunes.org/illus.asp?name=Corvaisier&surname=Laurent
http://www.ricochet-jeunes.org/auteur.asp?name=David&surname=Fran%E7ois
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