Conte
moderne
Dans cet album
à la verve pantagruélique, les mots sont des mets
exquis que Christian Poslaniec nous fait partager avec un humour
non-savoureux, en nous souhaitant un «bon non- appétit
» ! ; l'’auteur s’est réjoui à
l’idée de recréer un conte à l’ancienne,
qui « renoue avec l’interdit social et qui touche
autant les adultes que les enfants ».
Adélaïde, jeune ogrionne de quarante-huit ans, a perdu
l’appétit. Violette et Hugo, ses parents, ont tout
essayé, du «bouquets de doigts à l’estragon
à la fricassée de gones à la lyonnaise…».
Mais au pays des ogres, cela pose un vrai souci, car ils sont tous
de fins gourmets et ils ne mangent que les enfants...
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Le
problème d’Adélaïde débute
sur la confusion du verbe "aimer". Une grande coïncidence
veut que son père avoue l’aimer en même
temps que son amoureux, Lionel. Le premier pour son carnet
de notes brillant, mais veut- il «l’embrasser
ou la manger?» ; le deuxième avec un amour
transi depuis sept ans. Le chaos règne dans l’esprit
de la jeune femme. Les parents convoquent alors les médecins,
qui invoquent une « crise d’anorexie
».
Adélaïde, consciente qu’il lui faudra s’en
sortir par tous les moyens autre que « l’électrochoc
», propose à Lionel quatre épreuves
en lui avouant : « si tu les réussis, je
serai guérie ». Des preuves d’amour
aussi communes que « ferrer la licorne, amidonner
la chemise de la sorcière, maîtriser le dragon
déglingué… ».En vainqueur glorieux,
Lionel rendra l’appétit à sa bien- aimée,
qui lui donne en échange le « premier baiser
». |
Ce conte moderne
répond au drame familial et individuel de l’anorexie,
en y posant un regard ironique. Tous les ingrédients sont
présents, de la magie, un héros, des obstacles, et
une fin heureuse. Les notes de bas de pages participent au jeu du
texte, permettant à l’auteur de s’amuser entre
la fiction et le réel. Les dessins de Pef, animés
des couleurs de la coloriste Geneviève Ferrier, sont des
pastels gras « comme les ogres », dont l’effet
papier donne aux personnages vivacité et singularité.
C.
Genin
(janvier 2005)
Cendrine
Genin,
après des études de philosophie et de lettres, a suivi
une formation de libraire ; une passion totale pour la littérature
jeunesse ainsi que pour la danse l’ont incitée à
collaborer à Sitartmag, depuis 2000 ; l'écriture est
son autre domaine de prédilection et elle compte pouvoir
prochainement faire partager son univers à de jeunes lecteurs.

Voir
aussi, de Christian Poslaniec
Donner le goût de lire Le Sorbier
2004
Mystérieux Délits L'Ecole des
loisirs, 2003
http://editionricochet.free.fr
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