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"C'est
un marchand d'histoires qui nous entraîne dans un terrain
vague où il a installé un cabaret de fortune, juste
à l'arrière de la fête foraine ... Nous écoutons
le singulier personnage nous raconter une terrible histoire de chair
et de sang, une histoire d'ogre dévoreur d'enfants."
L'Ogre
de barbarie ou l'art d'André Loncin
L'Ogre de barbarie, écrit par Anne-Marie Collin, mis
en scène et joué par André Loncin est un théâtre
de la surprise. En effet, avec cette pièce le théâtre
traditionnel est aboli. Quelques instants après leur arrivée,
les spectateurs qui attendaient devant une porte aux lumières
clignotantes multicolores sont détournés par une espèce
de Gavroche claudicant au ton gouailleur vers un terrain vague entouré
de palissades. L'espace théâtral du TJA : les gradins,
les fauteuils de velours rouge et la scène ont disparu. L'opposition
scène-salle n'existe plus. Les spectateurs étonnés
gagnent alors des bancs de bois inconfortables placés en
demi cercle. Face à eux, des objets de bois poussiéreux
gisent sur le sol. Un orgue de barbarie déposé sur
un antique landau les domine. Le tout est vaguement éclairé
par quelques lampes rudimentaires. Derrière la palissade,
des voix off, de la musique révèlent la présence
d'une fête foraine.
C'est
une scène d'extérieur et les spectateurs font partie
intégrante de cette scène. Le ton est donné
d'emblée. Il s'agit d'un spectacle populaire animé
par un saltimbanque pauvre, aux vêtements usés, au
langage familier. Abel Portegnard, troubadour du XXIe siècle
circule au milieu des spectateurs, les interpelle, dialogue avec
eux. La déclamation ressemble à de l'improvisation.
Musique égrenée par le vieil orgue fatigué,
danses, chants se succèdent. Le metteur en scène a
fait de ce théâtre une réalité à
laquelle le spectateur adhère pleinement. Ce dernier vit
la fiction. Il assiste, de nuit, à la campagne, à
un spectacle ambulant.
Par son intense présence, le comédien devient Abel Portegnard.
Il interprète de telle sorte son personnage qu'on peut croire
que la claudication d'Abel est la sienne. Le jeu, l'image deviennent
réalité. L'ogre dévoreur d'enfants va surgir
parmi nous.
Annie
Forest-Abou Mansour
Quelques
réflexions d'enfants de 9-12 ans à la sortie du spectacle
La
mise en scène leur a paru plutôt originale et les lumières
placées dans des boîtes de conserves donnaient un côté
chaleureux et dépouillé, créant ainsi une ambiance
particulière.
Ils ont néanmoins regretté le fait qu'il n'y ait qu'un
seul personnage et peu d'action et auraient voulu que le public
puisse participer davantage. De même, le conte leur a paru
trop musical et la poésie, difficile à aborder.
Mais le thème excellent de "l'ogre méchant au
grand coeur" les a intrigués et ils ont beaucoup apprécié
la relation qui existait entre le personnage et son instrument,
"sa machine à musique".
propos
recueillis par Marie-Laure Saget

autre création de Anne-Marie Collin
et
André Loncin
Le
Jardin
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