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Femme avec
chapeau, reproduction objets art populaire
(origine Mexique, Bali, Iles Baléares),
impression numérique sur toile, marouflé sur bois
avec
ajouts en relief de ciment coloré, 200x200 cm.
courtesy de l'artiste
«
Offrandes », ma petite expo en sucre.
Un filon de sucre dans l’art contemporain, tracé
en rayures sur des photos d’offrandes ou de statuettes exotiques.
Le dernier volume des œuvres de Dorothée Selz, au service
du Eat Art depuis quarante ans.
« Ces
objets m’inspirent et je veux qu’ils soient vus.
» Avec simplicité et détermination, Dorothée
Selz présente ses nouveaux travaux dans le catalogue
de l’exposition « Offrandes » (vernissage le 4
décembre dernier).
Il en faut
de l’aplomb à cette créatrice fidèle
depuis les années 60 à un même concept d’art
comestible pour élever des sculptures éphémères
de trois ou quatre mètres de haut, à voir dans un
passionnant diaporama projeté au fond de la galerie
Fraich’attitude (espace de fruits, de légumes
et d’art depuis l’ouverture en avril 2001). Les images
projetées permettent de retracer l’évolution
de Dorothée Selz, de ses premiers jeux avec des denrées
alimentaires (coloration outrancière mais soignée
de pâtes, puis de pain) aux gigantesques travaux montrés
en décors de grandes soirées, jusqu’à
l’explosion de son Eat Art au musée. A ce chapitre,
en 1991, elle a composé une longue fresque à croquer,
étendue sur quelque 25 m, pour l’inauguration de la
galerie nationale du Jeu de Paume.
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1987,
table en bois et pâte de sucre, sur support grillage,
bande de tissu plâtrée, 100x60x140 cm, Collections
du Fonds National d’Art Contemporain, courtesy de l'artiste.
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Regarder
ces dix minutes de diapos, en plus de lire la documentation
en libre accès à l’entrée de la galerie
(soit le catalogue de l’expo et une thèse sur Selz
bien fournie en photos d’œuvres) aident à
mettre en contexte une artiste aux coloris chatoyants (telles
les montagnes pâteuses sur la « Table »
de 1987) et au goût de plus en plus prononcé pour
le sucre collé sur des photos.
Dans sa main, il convient d’imaginer la bombe de pâtissier,
en lieu et place de l’habituel pinceau. Dorothée
Selz trace en parallèle des lignes unicolores, parfois
vertes, rouges, roses… bonbon en tout cas ! Ces rayures
si originales, bien propres à l’auteur, équivalent
à une signature apposée par-dessus des photos
ou des dessins symboliques. |
«
Art populaire »
Ainsi, la série
« Art populaire » (2002-2003, dernières
oeuvres en date) applique ces bandes sucrées, semblables
à de longues coulées de dentifrice, sur d’immenses
photos d’objets à caractère sacré. Les
offrandes balinaises (esprits plus vivants que nature), mexicaines
(têtes aux expressions en folie) et espagnoles sont de superbes
trouvailles, bien présentées, au naturel, dans deux
autres diaporamas de 4 minutes chacun.
Que ces objets
d’art populaire inspirent Dorothée Selz, tant mieux
pour elle. Mais le traitement artistique risque de laisser indifférent…
Le sens original des offrandes n’est ni détourné,
ni respecté. Sa photo plaquée au mur, striée
de glucose, l’objet ne prouve plus le dévouement, la
reconnaissance et l’amour des croyants envers des entités
supérieures. Le don aux dieux ou aux anciens devient une
enveloppe vide, grossie par un agrandissement plutôt laid.
Si la démarche
derrière cette récente série semble floue,
la galerie montre, dans une salle rouge vif, des travaux plus anciens,
plus clairs, et rigolos pour certains ! Le « Croque Jésus
» de 1967, dispose une petite friandise de Noël,
un Jésus rosâtre pur sucre, dans un moule de mâchoires.
Plus loin, jeu d’inversion avec un frigo grand ouvert (le
même qu’à la maison mais planté au coin
d’une galerie — voyez l’effet d’art contemporain!…)
et garni de jouets, de figurines et de bouquins.
Avec «
Offrandes », la curiosité
est donc bien nourrie. Au printemps, l’appétit culturel
pourrait même redoubler dans l’étonnante galerie
Fraich’attitude avec l’exposition « L’art
du fruit en Extrême-Orient » (en particulier
au Japon et en Thaïlande), du 27 avril au 15 mai.
François
Cavaillès
(février 2004)
jusqu’au
21 février 2004, du mardi au samedi, de midi à
19 h
galerie Fraîch’attitude
60, rue du Faubourg-Poissonnière, Paris Xe.
François
Cavaillès
est journaliste et critique d'art à Paris. Ancien reporter
en radio, puis en presse, dans la région d'Ottawa (Canada),
il s'intéresse aujourd'hui aux cultures de l'Asie du Sud-Est
et étudie le thaï à l'Institut National des Langues
et Civilisations Orientales de Paris.

http://www.fraichattitude.com
http://www.fraichattitude.com/DorotheeSelz.htm
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