de Jacques Offenbach

du 28 mars au 13 avril 2003
Opéra national de Lyon

 

Reprise à l'Opéra d'une réjouissante production créée au Sémaphore Théâtre d'Irigny en 2001.
Deux ouvrages d'Offenbach, peu connus mais irrésistibles : une opérette et une chinoiserie musicale, sous le signe de la fantaisie et de la loufoquerie.

Il signor Fagotto
Opérette en un acte, 1864
Livret de Charles Nuitter et Etienne Tréfeu
Ba-Ta-Clan
Chinoiserie musicale en un acte, 1855
Livret de Ludovic Halévy
En français

Opéra national de Lyon
place de la comédie 69001 Lyon
location 04 72 00 45 45

Direction musicale
Alexander Livenson
Mise en scène Caio Gaiarsa
Décors et costumes Roberto Mainieri
Eclairages Maurizio Montobbio


Orchestre et choeur de l'Opéra
Il signor Fagotto
Pierre-Yves Pruvot
François Piolino
Philippe Fourcade
Bruno Comparetti
Magali Léger
Gersende Florens

Ba-Ta-Clan
Magali Léger
François Piolino
Bruno Comparetti
Philippe Fourcade

 

Des opéras un peu légers

Deux oeuvrettes d’Offenbach sont proposées. Dans la première, le prétentieux et naïf Bertolucci, fou de joie et d’émotion, attend l’arrivée du célèbre compositeur Fagotto, avec lequel il entretient une abondante correspondance : les lettres autographes (décor graphique noir et blanc) sont partout aux murs... Sa fille Clorinda souhaite épouser son maître de musique, le père veut la marier à l’ennuyeux archéologue Caramello (excellent et drôle Philippe Fourcade), qui ne recherche que la dot susceptible de lui faire acquérir une fabuleuse collection de trombones antiques. Le valet Moschetto intrigue, et conte fleurette à la soubrette. Bien sûr, Bertolucci sera berné. Déguisement, déluge de parodies : Offenbach s’amusait, et amusait son public avec des citations musicales empruntées aux compositeurs en vogue, y compris lui-même, mêlant grand opéra, airs italiens ou voix de basse russe.


Il signor Fagotto

Il y aurait tous les ingrédients pour faire rire dans un acte endiablé : mais que c’est lent ! Une direction d’acteurs parfois de l’ordre du patronage — entrées sorties d’une parfaite platitude, temps morts dans les dialogues-tempi poussifs. Heureusement les chanteurs portent le spectacle ; on remarque, pour leurs qualités vocales et scéniques, Philippe Fourcade (excellent et drôle Caramello) et François Piolino, déchaîné en Moschetto/Fagotto.

La chinoiserie musicale Ba-Ta-Clan, en revanche, est une agréable surprise. L’argument est loufoque. Un méridional égaré en roi de Chine, s’aperçoit comme par hasard que ses deux mandarins de sa suite sont français. Ceux-ci, malins, notamment la piquante Fé-An-Nich-Ton, ex-artiste de… bataclan sans doute, lui proposent de s’évader ensemble, laissant le pouvoir à l’ambitieux chef des conjurés. Tout est bien qui finit bien, c’est Offenbach : rires, joyeux désordre, délires musicaux et patriotiques, clins d’œil à la nostalgie du pays natal (mais on ne sait pourquoi on est passé de la Brive-la-Gaillarde du livret à Marseille) et de la Vie parisienne. Les scènes pseudo-chinoises, où chacun articule avec conviction ses « moc » « crac » et autres « punugussussu » sont précises, enlevées.
Chœur et solistes sont tous satisfaisants. Bruno Comparetti est plus à l’aise ici qu’en compositeur transi dans Fagotto, Fourcade reste parfait en conjuré-rocker (rôle aux antipodes du Caramello précédent).


Bataclan

Quant au couple de mandarins-français, savoureux, Stéphanie Loris (Fé-An-Nich-Ton/Virginie ), superbe vocalement, a l’abattage d’une chanteuse de caf’con’, et un jeu qui ne manque pas de finesse, tandis que François Piolino (Ké-Ki-Ka-Ko) se montre peut-être plus convaincant en Vicomte désargenté qu’en valet trousseur de femmes. Dommage que cet entrain ne soit pas au rendez-vous dans Fagotto, car Ba-Ta-Clan prouve que l’on pouvait obtenir cette note pétillante.

Laurence Tourniaire
(31 mars 2003)

l'Opéra de Lyon
http://www.opera-lyon.org

http://www.comedie-francaise.fr/biographies/offenbach.htm

http://www.offenbach.org/