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Fuir,
mourir, résister… Vivre ?
Années 2010. La
France est occupée. Non par les Allemands, les Russes, les
Chinois, les Arabes, les Américains… mais par des Français
: ceux qui possèdent tout et qui ont le pouvoir, un pouvoir
maintenu par la force, l’exclusion, la terreur. Une société
de l’argent et de la violence, des apparences et de la langue
de bois, de la misère et de la révolte. Il suffit
d’observer ce qui se passe actuellement autour de nous et
d’appuyer le trait, légèrement – c’est
ce que fait l’auteur, en y ajoutant son écriture musicale,
le langage de ses personnages et la quête d’un bonheur
incertain.
Que faire dans
cette prison totalitaire ? Certes, il y a ceux qui ont la richesse
et (par la même occasion) le pouvoir : ils peuvent se goberger,
faire marcher la pompe à phynances, mais leurs femmes, leurs
enfants, leurs employés sont délaissés, méprisés,
naufragés. Il y a ceux qui les servent – bien obligés
– dans l’humilité ou la brutalité. Il
y a ceux qui n’en peuvent plus des dettes, des expulsions,
des fuites dans l’alcool, les bagarres, la clochardisation,
la folie, et qui parfois en meurent. Il y a ceux qui ont choisi
la révolte et la résistance (appelée «
terrorisme » par la classe régnante, tiens tiens…).
Parmi tous, certains vont pouvoir le trouver, ce bonheur incertain,
ailleurs, sur une île du Pacifique, dans un coin perdu d’Espagne,
dans les rythmes du jazz et l’amitié commune, dans
l’amour irrépressible.
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Régime
sec est un roman à plusieurs voix, enchaînant
chorus et variations ; c’est aussi une dénonciation
des tares de notre société poussées à
leur paroxysme : les nouvelles technologies au service de
l’espionnage de chaque individu, de sa santé,
de ses gestes, de sa pensée même ; les hypermarchés
de la consommation reine («J’achète
donc je suis ! ») ; la toute-puissance du travail
(« travailler plus… », tant pis
pour ceux qui n’en trouvent pas) ; le nettoyage systématique
de tout ce qui pourrait détonner dans le paysage urbain
(vagabonds, chômeurs, étrangers, clochards, handicapés)…
Pure fiction ? Réalisme ? Excès d’une
écriture débordante ? Laissons-nous aller, et
tout compte réglé suivons Alice et Art –
ce couple d’amoureux qui ouvre et ferme le roman –
vers les promesses de la vie.
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Jean-Pierre
Longre
(février 2008)
Jean-Pierre
Longre enseigne la littérature contemporaine
à l’Université Jean Moulin Lyon 3. Auteur d’études
sur divers écrivains du XXe siècle, collaborateur
de revues, il a participé à la publication des romans
de Queneau dans la Bibliothèque
de la Pléiade, s’intéresse à la comparaison
des arts (littérature, musique,
peinture) et effectue des recherches sur les littératures
francophones (Roumanie et Belgique
en particulier). Derniers ouvrages parus : Raymond Queneau
en scènes (Presses Universitaires de Limoges,
2005) et Jean
Prévost aux avant-postes (Collectif,
avec William Marx, Les Impressions Nouvelles).

lire
aussi
Géométrie variable d'Olivier
Bordaçarre - Fayard, 2006
http://www.fayard.fr |