adaptation Fiona Waters
illustrations Christopher Corr

Albin Michel jeunesse, 2004

 

Du bel ouvrage…

Ce savoureux recueil nous propose une version réactualisée de contes extraits des Mille et Une Nuits : des illustrations éclatantes, un brin naïves, aux couleurs lumineuses, servent un texte classique parsemé de petits mots remis au goût du jour, non sans humour, qui permettront à l’enfant de ne pas se retrouver en territoire hostile. Donc bienvenue au pays des djinns où les voleurs sont des princes, où les femmes voilées ont des pouvoirs certains.

Schéhérazade, pour sauver sa vie, va relater au roi perse Chahriyar mille et un contes, qui le captivent au point d’en oublier son tourment et de faire d’elle sa future épouse. Ces contes sont tout à la fois terribles, moralisateurs et envoûtants. Le monde musulman ouvre les portes d’or de ses palais où les femmes se languissent, où les hommes règnent avec puissance. En voici quelques exemples ; dans « Le demi-mensonge », un esclave est acheté à bas-prix par son maître, parce qu’il raconte un mensonge par an, mais énorme, et le maître de s’apercevoir que ce dernier sera en plus en deux parties ! ; « Le prince Agib » qui part en voyage « tout là-bas, là-bas » et voit mille et une merveilles dans un palais, où « les chats dansent…une pièce pleine de cartes du monde où les rivières coulaient véritablement… des livres qui se parlaient les uns aux autres… » ; des insultes insoupçonnées sont proférées à l’encontre d’un voleur dans l’histoire du « Fils imaginaire d’une souillon » : « vaurien à la queue de rat…puce suppurante d’une mule affamée… misérable chat de gouttière efflanqué ! ».

Le vocable des contes, réadapté par Fiona Waters est aussi extraordinaire que le conte lui-même, surprenant d’actualité. Les illustrations de Christopher Corr renouent véritablement avec l’univers indo-persan de cette civilisation lointaine. Dessins sans perspectives, fourmillant de détails, dans lesquels les femmes pleurent des torrents de larmes.
Alors, à la fin ces aventures, tout comme le roi Chariyar, nous voudrions les lire encore une fois, pour rêver avec Shéhérazade, qui dit à son prince : « Je vous ai fait rire, vibrer d’admiration et pleurer de tristesse devant la folie des hommes…fait voyager sur des tapis magiques de légende…je vous ai enveloppé de parfums d’épices.. ».

Cendrine Genin
(avril 2004)

Cendrine Genin, après des études de philosophie et de lettres, a suivi une formation de libraire ; une passion totale pour la littérature jeunesse ainsi que pour la danse l’ont incitée à collaborer à Sitartmag, depuis 2000 ; l'écriture est son autre domaine de prédilection et elle compte pouvoir prochainement faire partager son univers à de jeunes lecteurs.

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