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Les
éditions du Chemin de fer publient des ouvrages
à deux voix, issus d’une rencontre inédite entre
un auteur et un artiste. Leur objectif : laisser le champ libre
à toutes les expressions contemporaines de la représentation
et investir l'espace laissé vacant entre les mots et l'imaginaire
pour renouveler la tradition du livre illustré.
Un
livre petit, mignon, mais coriace.
C’est
à première vue un joli petit livre de poche à
rabat, un sympathique livre illustré qu’on peut feuilleter
au lit sans se fatiguer les bras, glisser dans son sac le temps
d’un voyage… ce n’est sans doute pas un hasard
s’il est publié par les éditions du chemin de
fer.
Mais les apparences sont trompeuses. Nathalie Quintane nous emmène
pour une visite guidée de V., ville de province archétypale,
avec ses lotissements et son philosophe célèbre du
nom duquel on a baptisé rue, place, lycée. V. n’échappe
pas à la mode des épithètes indispensables
à une bonne communication : « ville fleurie »,
« ville sportive », et surtout – c’est beaucoup
moins flatteur - « ville moyenne » dans tous les sens
du terme.
Tout y est un
peu étriqué, un peu étroit, à l’image
de la situation géographique de la ville, coincée
entre les montagnes. On identifie tour à tour telle ou telle
ville connue sans pouvoir jamais savoir de manière certaine
de laquelle il s’agit, car V. est à la fois une ville
et toutes les villes. On pense bien sûr à Balzac et
à ses descriptions de la « vie de province »,
mais aussi à Maurice Pialat racontant la « folie des
petitesses » de la vie en pavillon individuel dans son premier
film, L’amour existe.
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A
V. il n’y a finalement rien à voir, et pourtant
à aucun moment on ne s’ennuie pendant cette promenade
anti-touristique, grâce à la verve dont fait montre
un narrateur particulièrement pince sans rire, dont la
personnalité, bien qu’on ne sache rien de lui,
perce à chaque détour de rue. Doucement moqueur,
persifleur l’air de ne pas y toucher, il possède
l’art de l’effleurement, aime s’arrêter
à l’observation d’un détail en apparence
insignifiant comme le crépi des murs ou le nombre de
coiffeurs, parce que « le détail est révélateur
d’un tout ».
La
visite se révèle parsemée de peaux de bananes,
petits dérapages méticuleusement contrôlés
par le narrateur, qui prend un malin plaisir à nous égarer
dans un lieu connu, nous faire perdre la raison dans cette «
ville mathématique » de plus en plus énigmatique
dans sa banalité. |
Une oreille
de chien, c’est un peu le chat et la souris, le narrateur
joue avec nous, et même se joue de nous, de nos jugements
sur son texte, il anticipe nos réactions, nous caresse dans
le sens du poil pour mieux nous coller au pied du mur (crépi).
Quant aux images
de Nelly Maurel, elles ne se contentent pas d’illustrer, mais
dessinent presque une ville parallèle, ni vraiment réaliste
ni complètement délirante, en parfaite adéquation
avec le texte mi figue mi raisin de Nathalie Quintane.
Myriam
Gallot
(décembre 2007)
Myriam
Gallot, passionnée de littérature
et de cinéma documentaire de création, exerce actuellement
le métier de professeur de Lettres en lycée, mais
aspire à vivre de l'écriture.
http://lemeilleurdesmondes.blogs.courrierinternational.com/

www.chemindefer.org
Faut-il
à nouveau présenter les éditions du Chemin
de fer ?
dans
la même collection
La rivière - Annie Saumont,
illustrations Anne Laure Sacriste
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L'éditeur |
On
a marché sur la tête de
Marie Le Drian, vu par Raphaël Larre,
Editions du chemin de fer, 2006
Les
éditions du chemin de fer ont la particularité
de proposer des textes de fiction d’excellente qualité,
accompagnés d’illustrations ; des ouvrages format
poche qui mettent en vis à vis deux univers expressifs,
l’un langagier, l’autre visuel, parfois contrastés
ou d’autres fois en symbiose, comme ici avec les croquis
décalés de cimetières de Raphaël
Larre ; Albert-Léonard, un vieux célibataire,
a en effet décidé, de son vivant, d’organiser
ses funérailles. Il fait appel à une entreprise
de pompes funèbres moderne et organisée, qui
lui envoie une commerciale chargée de monter le contrat…
La narration est à la première personne mais
ce court récit enlevé, un long dialogue ponctué
de réflexions en aparté d’Albert-Léonard
pourrait tout aussi bien être adapté pour le
théâtre. La naïveté, la circonspection
et l’étonnement du futur décédé
face aux complexités inattendues de cet arrangement
amusent beaucoup et la froideur détachée (toute
professionnelle) de l’employée permet de mettre
en exergue l’acidité et l’ironie qui se
dégage de la démarche même du «
vieux gars ». Une nouvelle pour plaisanter d’un
sujet grave et rire des absurdités des vivants face
à la mort. B. Longre
(mars 2007) |
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L'auteur |
Là-haut,
nouvelle
de Pierre Autin-Grenier, mise en peinture par Ronan Barrot
,
Les éditions du Chemin de fer, novembre 2005.
Au
sommet de la colline, la « baraque bleue »,
où vient de mourir une vieille femme qui y demeurait
recluse depuis on ne sait quand, recèle des mystères
insoupçonnés. Les hommes robustes chargés
de la vider, à mesure de leur exploration, découvrent
des secrets à frémir : des boîtes aux
étranges contenus, un portrait qui nous fait remonter
à des origines familiales porteuses de malédiction
et de mort, et encore… laissons au texte le soin de
ses effets.
Les illustrations de Ronan Barrot, à grands traits
sombres suggestifs et énigmatiques, s’adaptent
précisément aux pages de cette nouvelle qui
nous plonge dans les profondeurs lugubres du temps.
J-P. L. (nov. 2005)
A
lire aussi : Un mariage en hiver d'Annie
Saumont et Vincent Bizien, Les histoires de frères
d'Arnaud Cathrine et Catherine Lopès-Curval, En
noir et blanc de Henry Bauchau et Lionel D. |
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