L’acte inconnu
Texte, mise en scène et peintures de Valère Novarina

Villeurbanne, TNP, du 16 au 19 octobre 2007

 

 

Du 22 au 26/01/2008 - Villeneuve d'Ascq - La Rose des Vents
le 13/11/2007 Forbach - Le Carreau
Du 30/10/2007 au 07/11/2007 Comédie de Genève


Ontotologie catastrophiste


À l’heure d’une reconnaissance vaste qui pourrait commencer à le desservir (à l’instar de la médiocre retransmission télévisée depuis Avignon 2007), Valère Novarina persiste et signe, et continue à à dessiner son grand œuvre boule de neige, dont il intitule la nouvelle forme L’acte inconnu. Une funèbre gravité fondamentale, des éboulis catastrophiques de burlesque – Novarina tient les deux bouts de la corde, et multiplie les sauts de génie dans ce nouveau spectacle foisonnant, encore et toujours centré sur cette petite chose ridicule qu’est l’Humanité.

C’est une véritable somme de l’être que propose le théâtre de Novarina : la matière et le langage, l’animal et l’humain, le social, le politique, l’artistique, le scientifique, le psychologique, tout y passe, par une débauche de jeux de mots qui trouvent dans le mode de la liste l’ultime métastase de leur absurdité. La structure est confuse comme l’être est atemporel, mais la musique, les sketches, et toutes les fureurs et angoisses minscules d’un quotidien bien senti viennent alléger le propos mouvementé de ces « machines à faire l’homme». Le monde est un théâtre, le théâtre n’est qu’un théâtre, mais au sein de ce théâtre dans le théâtre dans le théâtre se niche la réalité la plus crue : l’homme et sa planche, l’homme et son crâne, l’homme et son credo, l’homme et son voisin, l’homme et son futurisme vieillot.

Accompagné d’une troupe exceptionnelle, excellemment disposée par la scénographie cour-jardin de Philippe Marioge, Novarina poursuit ses révélations de polichinelle sur la vie, sur la mort, sur la mangeaille (à défaut de la sexualité, thématique métaphysique ici peu explorée, selon la décence du cosmique), et il intitule ce nouvel état L’acte inconnu, bien qu’il y reprenne bon nombre d’éléments de ses spectacles antérieurs, comme pour dire, non sans ironie, que l’inconnu est une chose du passé, comme pour dire aussi, non sans grande pertinence, qu’il n’y a pas de répétition à l’identique, même quand tout va uniformément à vau-l’eau.

Nicolas Cavaillès
(octobre 2007)

http://www.theatre-contemporain.net/Accueil-distribution,2473