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| Valère
Novarina a réalisé pour la scène deux
adaptations du Discours aux animaux (publié
chez P.O.L. en 1987) : L'Animal du temps
en 1986 et l'Inquiétude en 1993, textes
qui ont été créés par André
Marcon.
Le
diptyque (en alternance un soir sur deux) : 1. L'animal du
temps, 2. L'Inquiétude. L'intégrale du Discours
aux animaux sera présentée dimanche 18 décembre
2005.
La Compagnie Persona :
Renaud Lescuyer - metteur en scène
Serge Pillot - comédien
Claire Davy - scénographe
Ludovic Bouaud - éclairagiste |
"Un
homme parle à des animaux, c'est à dire des
êtres sans réponse - des yeux muets - et ainsi
il leur parle des choses dont on ne parle pas : de ce que
nous vivons par exemple, quand nous sommes portés à
nos extrêmes, écartelés, dans la plus
grande obscurité et pas loin d'une lumière,
sans mots et proches d'un dénouement. Séparé
par la parole, il avance en sortant, toujours plus loin jusqu'à
briser le personnage par tous côtés comme un
condamné à interpréter l'homme et qui
voudrait s'en défaire".
Théâtre
des Marronniers
Renseignements et réservations :
04.78.37.98.17.
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Novarina,
artisan du verbe
«
Animal, aniâmla, j’ai aimé l’animau, j’ai
quitté la peau d’aniamnimal, j’ai quitté.
Ce jour j’ai vu en vrai la scène de la renaissance
d’un mort sans fond dont j’étais le fils espérin.
»
Valère
Novarina est un auteur dramatique qui occupe, sur la scène
théâtrale et poétique contemporaine, une place
insolite. L’originalité de son œuvre se manifeste
dans la forme de la langue qu’il choisit pour traduire l’essentiel
de l’être humain. Auteur de « La Scène
», de « La chair de l’homme »,
de « L’Origine rouge », de «
Le drame de la vie », Valère Novarina n’a
pas cessé de s’étonner devant le phénomène
du langage humain et d’explorer le vide de l’espace
troué par la Voix. L’homme pour Novarina est aussi
troué que l’espace, il souffle pour parler, prononce
pour vivre et mourir, se meurt dans la vie pour ne pas mourir. Le
souffle qui prend la forme de la voix troue et sort par le trou-bouche.
Le théâtre de Valère Novarina est un théâtre
de la Parole, de devant et de dedans la parole. Dans ce théâtre,
la parole est une sorte d’osmose orthophonique, dans son immensité
elle contient le son, l’espace, l’action et le temps.
Pendant que le théâtre reste une (re)création,
la parole, le Verbe du monde est un enchantement, une incantation,
une matière subtile, presque palpable mais volatile, réelle
et imaginaire, muable et pertinente.
«
Les mots à la longue font les hommes - dit Valère
Novarina. – Je pensais à une matière qui
pourrait changer de couleur par elle-même, une matière
qui pourrait produire quelque chose sans que l’idée
d’une intervention s’impose. Comme si c’était
la peinture qui peignait, c’était le bleu, le rouge,
c’était le couleur qui peignait comme le sont les mots
qui font apparaître l’homme ».
La langue – le langage humain, exprime l’homme. Elle
s’exprime elle-même et se réjouit de sa propre
beauté sonore qu’elle soit dépendante ou autonome.
Puisque parler c’est « entrer et sortir de la caverne
du corps humain à chaque respiration », parler
c’est aussi s’échapper à son état
corporel et se multiplier dans son état d’esprit.
L’homme – l’animal du temps, la bête, La
Machine à Dire dont la parole peut être fatidique,
l’homme qui affirme et qui nie, porte cette parole au-delà
des limites de son propre être. L’acteur qui n(h)omme
et appelle est le maître des « verbigérations
muettes et des hurlements tus ». L’homme pour Valère
Novarina est un acteur qui surgit sur le plateau du théâtre
pour s’autodétruire et pour renaître aussitôt
dans le même contexte dramatique. Il abandonne sa matière
pour s’abandonner à la matière du Verbe. Le
souffle et la voix deviennent le geste de l’acteur.
Valère Novarina, après Armand Gatti, devient un artisan
du verbe, un fanatique du son et de l’expérience sonore.
Aujourd’hui le poète passe à côté
de l’image car c’est la parole qui crée et qui
transforme peut-être le monde. Nommer qui signifie aussi traverser,
créer (et non pas observer) est en effet une action première
de l’homme. Le poète passe à côté
de l’image car il trouve son inspiration dans les mots résonnants.
La sonorité qui se manifeste dans la voix parolique/parabolique
est une éruption, un jaillissement des intonations vibrantes.
Le théâtre
de Novarina voudra aussi combattre les mots, faire fi de la vielle
logique grammaticale, expérimenter, arracher les mots à
la pesanteur, Dire la Parole Errante.…
Agata
Mozolewska
(novembre 2005)
Fragment de l'Inquiétude :
"A Bossey, auprès de mon cerisier
soudain de sept ans, je commençais déjà à
perdre le goût de l'homme.
Sur ce, on me plaça huit ans en saison tout l'hiver. C'était
à Orchin, à six kilomètres deux de Horchine-Ouest
où j'obtins un Grand second Premier prix en Aberrance Terrestre.
J'écrivais mes pensées numérotées au
stylo-bille sur les cuisses des voisins. Puis les relevais sur un
petit carnet vert tenu secret."
"Puis
il rentra sans moi, puis se retira dans mon intérieur de
moi d'où je sortis qu'une fois par an, pour pousser ut aux
animaux. Il ne créa pas, il repoussa hors des mondes sa limite.
Enfant, si Dieu s'est retiré d'ici, c'est rien que pour nous
laisser parler tout seuls à son image. Alors j'ai répondu
à mon corps : Reste avec moi garçon, car je suis comme
un homme qui danserait pour se débarrasser d'un sac."

http://ciepersona.free.fr/
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