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Voir aussi la
Chronique portant sur Dracula de
T. Browning
En partenariat
avec l'Institut Lumière, l'Auditorium de Lyon propose cette
saison 6 " ciné-concerts ", 6 grands classiques du 7e art
mis en musique par différents ensembles (l'Orchestre national
de Lyon et bien d'autres). Le samedi 28 octobre, l'ensemble électroacoustique
français, Art Zoyd, inaugurait la série et mettait
en musique le chef-d'œuvre de Murnau, Nosferatu. Un spectacle créé
en 1988 au Festival des Inattendus de Maubeuge. Le programme était
pour le moins alléchant : un film sublime et un groupe novateur
et talentueux. Mais le choc tant attendu s'est avéré
finalement relativement décevant…
Il n'est pas question, ici, d'écrire une critique du film
de Murnau (sur lequel tout, ou presque, a déjà été
dit), ni de la musique d'Art Zoyd (que l'on suit depuis 10 ans avec
admiration), mais d'analyser une rencontre et un dispositif hétérogène,
ayant pour but de créer un univers nouveau, une œuvre en
soi, au-delà de la simple addition d'un film et d'une création
musicale. Dans l'espace immense de l'Auditorium, le dispositif mis
en place peut être décrit succinctement : un écran
géant dressé sur la scène, quatre musiciens
scindés en deux groupes sur chaque côté de l'écran
et éclairés par une lumière diffuse. Instruments
classiques (cordes, cuivres et percussions) voisinent avec des synthétiseurs,
des échantillonneurs et autres bandes sonores. D'emblée
une question se pose : celle du volume imposant de ce lieu prévu
pour des ensembles symphoniques. La projection et la formation de
quatre musiciens seulement ont des difficultés à occuper
cette immensité où les images et les sons se perdent
peu à peu.
Puis une autre : que regarder ? Le film ? Les musiciens mis en avant
et en lumière ? L'œil du spectateur zappe de l'un aux autres,
éperdu, sans pouvoir se fixer. Etait-il, en effet, nécessaire
qu'Art Zoyd se mette en scène, même si les lumières
restent tamisées et les mouvements des musiciens, discrets ?
Cette mise en avant du groupe finit par " parasiter " le film.
En ce qui concerne la rencontre alchimique entre la matière
celluloïd et les ondes sonores, là aussi le résultat
n'est pas convaincant. Rappelons que Nosferatu est le film phare
de l'expressionnisme cinématographique. Les affects qui traversent
les personnages sont soulignés avec génie : la peur,
l'étrangeté, la surprise ou le désarroi sont
donnés à voir par des jeux de lumière (clair-obscur),
des mouvements de caméra, des angles novateurs, des zooms
accompagnés d'un halo lumineux circulaire, etc.. Murnau use
et abuse de procédés filmiques nouveaux visant à
plonger le spectateur dans l'effroi et le trouble fantastique. Il
y avait donc avec ce film une difficulté : éviter
une illustration sonore qui serait redondante avec l'expressionnisme
outré de l'oeuvre. Il s'agissait d'ajouter un trouble nouveau
et d'inventer des lignes mélodiques décalées
par rapport à la rhétorique des images, se suffisant
à elle-même. Or, Art Zoyd achoppe sur cet écueil
et, trop souvent, tombe dans le piège d'une musique qui ne
fait que répéter en écho les messages du montage
et du cadrage. Le suspense est surligné, les scènes
clefs sont jouées avec une amplitude édifiante et
force percussions…
Il est d'ailleurs symptomatique que l'un des plus beaux passages
de ce " ciné-concert " soit celui de l'annonce de la peste
par un tambourinaire dans les rues de Brême. Pendant cette
séquence la musique s'efface, à peine présente,
et soudain une beauté émerge de cette rencontre entre
un son esquissé et un plan sur une fillette penchée
à la fenêtre. Lorsqu'elle revient à des chemins
minimalistes, la formation s'avère capable des plus grands
effets ! La musique et les images, alors, s'élèvent
vers une puissance nouvelle légitimant l'entreprise d'Art
Zoyd.
Des moments trop rares cependant, noyés parmi les nombreuses
séquences où la musique du groupe " vampirise " les
images de Murnau et les étouffe par sa redondance ou ses
effets trop appuyés.
Jean-Emmanuel
Denave

Une page
très détaillée
http://www.france2.fr/dracula/dracul4.htm#nosferatu
Dracula et
Bram Stoker
http://personal.inet.fi/surf/dracula/dmain.htm
un article
du Monde
consacré à Dracula
http://www.lemonde.fr/article/0,2320,dos-2828-18759-QUO-1-2031-,00.html
Une page
complète
http://www3.sympatico.ca/philippe.lemieux2/nosferat.htm
Art Zoyd
http://www.cicv.fr/reseau/epidemic/geo/art/artzoyd/
Un film à
venir
http://bane.pacificnet.net/beta/index.html
Avec
Nosferatu
: Max Schreck
Renfield : Alexander Granach
Nina Harker : Greta Schroder-Matrey
Jonathan Harker : Gustav von Wangenheim
Westerna, ami de Harker : Karl Etlinger
Lucy Westerna : Ruth Landshoff
L'aubergiste : Guido Herzfeld
Le capitaine : Gustav Nemetz
Les docteurs : Gustav Botz, Hardy von François, John Gotthart...
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