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Fariboles
bibliques
Ici Faribole, nouvelle maison d’éditions de Media
Participations, choisit de reprendre un grand classique, l’histoire
de Noé, ou plutôt (le titre est trompeur) celle de
l’arche de Noé (c’est vrai que la suite de
son histoire n’est guère présentable pour
de petits enfants… ivresse, et tout ce qui s’ensuit).
Dieu est en colère parce que les hommes ne s’entendent
pas. Noé s’entend avec tout le monde, donc il est
choisi. Voilà la question du bien et du mal simplifiée
à l’extrême (« la terre était
corrompue devant Dieu, et remplie d’iniquité »
dit la Genèse). Est-ce cela, adapter et mettre «
à la portée des enfants » ? C’est-à-dire
au niveau du monde étriqué qu’on leur suppose
? La quatrième de couverture dit que cette adaptation,
« interprétation fabuleuse », est
un conte « humaniste » : quel sens a ce mot
ici ? Comme le monde est rétréci ! Les éditeurs
ont-ils bien réfléchi avant de choisir le nom de
« fariboles » pour leur maison d’édition
?
Nulle part il n’est dit clairement que le déluge
a pour but d’exterminer tous les êtres vivants sauf
une famille de chaque espèce : le texte dit seulement que
Dieu veut « laver la terre de toute cette colère
». En fait, c’est l’album qui lave entièrement
la colère divine, la gomme totalement.
Tout cela fait un peu le grincheux, mais quand même : les
textes fondateurs ne sont pas Boucle d’or. On a
le droit de ne pas les aimer, de vouloir les oublier. On a aussi
le droit de broder à condition de proposer un titre qui
indique le décalage (façon Alain Serres et ses Etonnants
animaux que le fils de Noé a sauvés, album
merveilleux et fantaisiste). Mais choisir ces textes donne une
responsabilité.
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Cette
(petite) colère passée, disons que pour ceux
qui veulent des textes sans problèmes, des histoires
sans arrière-plan et pour qui la culture est un verni,
c’est parfait : les images d’Elena Odriozola
sont très jolies, mieux que jolies, mêmes,
gracieuses, dramatiques (un peu) et ouvrant de grandes perspectives,
délicieuses. C’est une illustratrice de grand
talent. Le texte est simple et disposé de façon
aérée dans la page. Le déluge est une
partie de plaisir (voila que je recommence…), enfin,
tout finit bien.
Anne-Marie
Mercier-Faivre
(janvier
2008)
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Anne-Marie
Mercier-Faivre
est
professeure des Universités. Elle enseigne à l'IUFM
de Lyon et à l'Université Lumière-Lyon 2.
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