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Aguerri par
ses périples aux USA et ses multiples contacts avec des bluesmen
de premier plan (Eddie C. Campbell,
Jimmy Johnson, Willie
Kent), ce jeune homme installé à Pau, chanteur
sobre à la voix vécue et sans artifice et puissant
harmoniciste aux diverses influences, se détache largement
du lot de ses rivaux hexagonaux voire Européens; en atteste
ce Blastering the blues enregistré entre Minneapolis
et la France, un excellent album de blues urbain où Nico
Toussaint et ses accompagnateurs ont saisi l'essence de cette musique
basique et prenante si elle est jouée avec conviction et
sincérité.
Un groupe au diapason, notamment le guitariste au son très
fifties, une section basse/batterie souple et discrète, un
pianiste (Mike Deutsch ou Julien Brutenaud selon les morceaux) à
l'écoute de son leader, aux solos d'harmonicas tantôt
percutant façon James Cotton/Little Walter, tantôt
jazzy avec l'instrumental Morning swing non sans rappeler
le regretté William Clarke. Le décor est planté
et si ses incursions dans la chanson française et le rock
blues sont loin d'être déplaisantes (en particulier
le swinguant No sweat que ne renierait point un Thomas Fersen,
et le sulfureux Late last night très ACDC dans l'esprit),
c'est sur le bon vieux Chicago blues que Nico Wayne Toussaint est
le plus à son affaire, un genre correspondant parfaitement
à sa personnalité musicale. Démonstration faite
sur l'ébouriffant boogie Cadillac babe et l'entraînant
Hot sometimes dans un style proche d'un James Cotton, sur
la reprise à ras de terre de Champagne & reefer ,
le lancinant Got love if you want it aux accents sudistes,
le Hookerien I'm in love,
sombre et introspectif, enfin sur le blues lent Little angel
child où plane l'ombre du grand Junior
Wells.
Ce jeune artiste de 26 ans n'a aujourd'hui plus rien à envier
à bon nombre de bluesmen d'outre-manche ; certains pourraient
même en prendre de la graine tant il fait preuve d'authenticité
et de spontanéité sur ce deuxième album, révélateur
d'un musicien français en devenir et symbole d'une internationalisation
bluesistique réussie.
Régis

Dixiefrog
http://www.bluesweb.com
http://fr.urban.netbeat.com/labels/dixiefrog_268.html
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