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Romancière
en solitaire
Things
we knew were true, premier roman en solo de Nicci
Gerrard, ne peut se ranger dans la catégorie des excellents
thrillers "Nicci French" que l'auteure
co-signe habituellement avec Sean French (dont The Red
Room - La Chambre écarlate - et Land
of the Living - Au pays des vivants) ; au contraire,
même s'il comporte quelques effets de suspense intéressants
et s'élabore autour d'une tragédie familiale peu commune,
ce roman appartient à un tout autre registre, plus sentimental,
intimiste, et il se déroule sur deux périodes bien
distinctes dans l'existence du personnage central, Eddie. Quand
débute l'histoire, Eddie est une jeune fille studieuse et
ordonnée, bien sous tout rapport, et son comportement conventionnel
convient au milieu petit-bourgeois dans lequel évolue.
Quand Eddie tombe amoureuse de Ricky, un garçon rencontré
lors d'une soirée entre adolescents, elle perd sa réserve
; ses parents et ses amis voient cette liaison d'un mauvais oeil
(Ricky ne fréquente plus l'école, vit dans un logement
social délabré et sa mère est au chômage...)
mais le romantisme et la sincérité d'Eddie n'en ont
cure. Son univers s'écroule cependant quand un événement
inattendu vient bouleverser l'ordre familial en apparence uni.
C'est vingt ans plus tard que nous retrouvons Eddie ; elle est devenue
médecin et vit heureuse auprès de ses enfants et de
son mari Alex. Sa mère meurt brutalement et elle rejoint
ses deux sœurs dans la maison de la défunte ; toutes
trois, durant ces journées qui précèdent l'enterrement,
tentent, plus ou moins volontairement, de revenir sur le passé
et de comprendre ce qui a pu, des années plus tôt,
détruire l'équilibre familial et les obliger à
quitter leur ville natale. Eddie, impulsivement, parvient à
retrouver la maison de son enfance et la trace de Ricky, son premier
amour, le garçon malingre et attachant qu'elle n'a pas pu
oublier.
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Exploration
de la mémoire défaillante, perdue puis retrouvée,
reconstruction de vérités que l'on croyait différentes,
d'événements déformés par la naïveté
de la jeunesse, Things we knew were true
(littéralement "les choses que l'on croyait
vraies") est un roman dérangeant tout au
long duquel le lecteur n'aura aucun mal à s'identifier
à Eddie, la jeune fille qu'elle fût, puis la
femme mature, écartelée entre son bonheur routinier
et l'attraction qu'exerce sur elle une vieille histoire inachevée.
L'auteure s'apesantit rarement sur les autres personnages,
esquissés seulement, dans la pénombre, et dont
on ne saura que ce qu'ils représentent pour Eddie.
Un récit touchant, réaliste, qui raconte la
vie et la mort, le passage du temps et des espérances
avec sérénité et conviction.
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B.
Longre
(septembre 2004)

voir aussi,
de Nicci French :
Land
of the Living (Penguin, 2003)
/ Au pays des vivants (Flammarion, 2004)
http://www.penguin.co.uk/
http://www.twbookmark.com/authors/96/1482/
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