|
L’étoile,
la mer, la terre, les hommes
Carrefour entre les continents, entre les mers, entre les pays,
entre les langues, Tanger est sans doute la ville la plus apte à
donner le jour à une revue littéraire à vocation
pluraliste telle que Nejma, « bonne étoile »
née au bord du détroit de Gibraltar.
Il y a d’abord
la pluralité des genres et des formes : poésie, prose
narrative, prose poétique, et aussi dessins, aquarelles,
photographies. De la création, rien que de la création
! Aucun discours superflu, tout est laissé à la libre
disposition du lecteur, de sa réflexion, de son imagination.
Il y a ensuite la pluralité des lieux : autour du centre
tangérois (et, pourrait-on dire, autour de ce cœur culturel
et historique que représente la Librairie des Colonnes, où
a germé l’idée de Nejma),
rayonnant en rose des vents, le regard se dirige vers Tétouan,
Casablanca, Larache, Asilah, et au-delà vers la mer, l’Europe,
l’océan, le monde… Il y a enfin la pluralité
des langues : le français, l’anglais, l’arabe,
l’amazigh (ou langue berbère), l’allemand –
qu’on se rassure, tout est traduit en français, dans
une présentation bilingue fort bienvenue. Vecteur de la diversité
des approches, le multilinguisme contribue à l’existence
d’une « littérature-monde», au dialogue
culturel, à l’expression polyphonique de l’humanité.
Car ce
sont bien les humains qui, sur des tons différents, dans
ces textes de grande qualité, sont au cœur des préoccupations
littéraires. L’amitié, la violence, les joies
et les angoisses de la naissance, l’ivresse physique et mentale,
la mort, la pauvreté matérielle, les richesses spirituelles,
la solitude, la solidarité, les vertus et les hontes, les
réalités et les illusions des êtres et de la
société se croisent et se côtoient, «
aux noces du ciel et de la mer ».
| 
|
Pour
ne rien gâcher, chaque exemplaire est un véritable
objet artistique : la qualité de la mise en page,
le soin mis à la fabrication artisanale, le choix
judicieux des textes et des illustrations, tout contribue
à faire de Nejma « une Babel de chants
aux accents différents, de cris parfois, qui se mêlent
et se lient ici en bonne harmonie », conformément
aux intentions de Simon-Pierre Hamelin, le maître
d’œuvre.
Jean-Pierre
Longre
(mai 2007)
|
Jean-Pierre
Longre enseigne la littérature contemporaine
à l’Université Jean Moulin Lyon 3. Auteur d’études
sur divers écrivains du XXe siècle, collaborateur
de revues, il a participé à la publication des romans
de Queneau dans la Bibliothèque
de la Pléiade, s’intéresse à la comparaison
des arts (littérature, musique,
peinture) et effectue des recherches sur les littératures
francophones (Roumanie et Belgique
en particulier). Derniers ouvrages parus : Raymond Queneau
en scènes (Presses Universitaires de Limoges,
2005) et Jean
Prévost aux avant-postes (Collectif,
avec William Marx, Les Impressions Nouvelles, 2006).

Contact
: nejmalarevue@hotmail.com
A Lyon, en vente à la librairie Terre des Livres, 86, rue
de Marseille.
|