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Neela Govender
vit aujourd'hui en France mais elle est d'abord une Indienne d'Afrique
du Sud, née dans le Natal dans les années quarante.
A travers le personnage de la petite Leila, elle conte son enfance
et son adolescence sur ces terres arides où son père
louait une ferme et quelques arpents de terrain, cultivant des légumes
qu'il revendait au marché. Leur petite maison est située
dans un lieu désolé, loin de toute agglomération
et le seul élément du paysage qui rattache la famille
au reste du monde est la voie ferrée, non loin de la ferme.
L'enfance de Leila n'est pas misérable, mais frustre et dépourvue
de toute modernité ; grâce à la ténacité
de leur mère, tous pourront fréquenter l'école,
un établissement réservé aux enfants d'origine
indienne, mais si loin de la ferme que chaque matin, les enfants
parcourent plusieurs kilomètres à pied et en train
pour s'y rendre. L'enseignement qui y est offert n'a rien de très
pédagogique (ou du moins ne répond pas aux critères
actuels) et les enfants sont confrontés à des professeurs
sévères, qui parfois s'acharnent sur les enfants,
surtout les petites filles, de manière plutôt perverse...
Mais la vie à la ferme procure aussi une liberté bienvenue
qu'une existence citadine ne leur apporterait pas, même si
Leila, déchirée entre son obéissance à
ses parents et ce qu'on lui inculque à l'école, ne
sait pas toujours à quels repères se rattacher : faut-il
continuer à croire aux dieux de son enfance, même si
le Dieu chrétien peut considérer cela comme un péché
? De même, la culture britannique devient une "seconde
nature" qui éradique peu à peu le langage de
la maisonnée (le Tamil), et sa mère, depuis longtemps,
leur a appris à aimer et à vénérer les
livres. Mais à chaque rentrée, Leila est en sursis,
son sort entre les mains de cette mère qui se demande s'il
est bon d'autoriser cette fille fantasque et désobéissante,
qui commence à attirer les garçons, à retourner
à l'école... A force de persévérance,
Leila parvient pourtant à rejoindre le lycée.
Acacia
Thorn in my heart est une chronique familiale touchante,
celle d'une enfance rurale qui révèle les conditions
d'existence des Indiens d'Afrique du Sud, peut-être un peu
mieux traités que leurs compatriotes noirs, mais soumis eux
aussi à des lois ségrégationnistes. Ce roman
autobiographique possède un charme indéniable, surtout
lorsque l'on découvre les rituels et les traditions importées
d'un autre continent, l'Inde, terre mythique, irréelle et
idéalisée pour ces immigrants de la deuxième
ou de la troisième génération. L'existence
est difficile, soit, semée d'épines d'acacia (qui
jonchent le sol des champs), mais Leila y est "habituée"
et son optimisme prend souvent le dessus, apportant à l'ensemble
un sentiment d'apaisement, de plénitude et d'espérance.
Gaspard Nocturne
est un éditeur français mais publie ici un ouvrage
en anglais ; accueillons donc avec tout le mérite qui lui
est dû cette initiative éditoriale, un fait suffisamment
rare pour qu'il soit signalé et qui réjouira les anglicistes
ou autres amateurs de langues étrangères.
Blandine
Longre
(juin 2002)

Gaspard
Nocturne
http://etudesdromoises.free.fr/pages/pages_revue/resumes
Chez
Gaspard Nocturne
Les genêts sont en fleurs
de Idir Tas (collection i rouge, 2003)
Gaspard
Nocturne
Place puits du cheval
4, rue Pêcherie
26100 Romans
Tél. 04.75.72.21.36
gaspardnocturne@wanadoo.fr
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